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4 août 2008 1 04 /08 /août /2008 11:06

"T'es de quelle origine"? Voici une question très française, une question très naturelle, à laquelle on n'échappe guère en France quand on est noire. C'est d'ailleurs la première réplique après "Bonjour" dans une conversation anodine; une question déconcertante qui rappelle aux noirs (baptisés blacks comme si être noir serait insultant) qu'ils ont "un  autre "chez eux"; une question parfois sérieuse d'un entretien d'embauche et, de ce fait, une question fatale pour un jeune né et grandi en France, qui ne connaît que la France comme pays. Le problème n'est pas d'avoir une origine ou pas. Le problème résulte des conséquences de cette question: elle dénote que la personne à qui l'on demande est avant tout "étranger" avant d'être fançais. De cette situation, il en découle que l'identité des individus est définie par la couleur de la peau. Plus on est blanc, plus on est français. Plus on est bronzé, plus on est étranger.

Que les français soient divers, c'est une évidence. Qu'il y ait encore des personnes qui ont du mal á accepter une France diverse, c'est un problème. De l'esclavage à la colonisaton, l'histoire de la France est riche pour enseigner à ses enfants comment elle est une et diverse. Mais la question qui se pose est de savoir à quand la fin de la stigamtisation: homme ou femme de couleur égal étranger?

Certes, du SOS racisme au MRAP en passant par la HALDE, les organisations se mobilisent pour lutter contre le fléau dont sont victimes les hommes et les femmes de couleur. Mais cela n'est pas suffisant. Nous pensons qu'il faut aller au bout de la logique et prendre des mesures concrètes pour non seulement rémedier la situation, mais aussi réparer les dégâts commis par les pratiques  discriminatoires dont ont été et sont encore victimes les "minorités visibles" mais inaudibles de la France. Comme la parité (chez les femmes), l'action affirmative, en dépit de ses lacunes, reste l'une des meilleures pistes à envisager. L'Etat ne surpasee-t-il pas la somme de ses éléments? C'est vrai vis-à-vis des lois, mais aussi dans les faits.

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4 août 2008 1 04 /08 /août /2008 10:33

 

Nous nous noyons dans l'information alors que nous avons besoin de connaissance. Quel est le problème? A qui revient le problème? Qui est concerné le problème? Il ne s'agit pas d'un problème personnel. C'est une question d'ethique, le problème de l'individu dans la société, la question de "bonne vie" de nous tous. Mais qu'est-ce que la "bonne vie" dans la France d'aujourd'hui?

Pour répondre à la question, l'on se doit d'éliminer toutes les fausses pistes. On dit souvent qu'il n'y a plus d'argent pour maintenir l'Etat providence, pour la solidarité publique. Cette idée traduit la perversion qui s'est recemment manifestée à travers le règne de "cahucun pour soi" quasi institutionnel qui met en péril les différentes solidarités déjà en place. L'idée, telle qu'elle est traduite, va au-delà de la théorie d'Adam Smith qui, comme le souligne dans Le traité sur les "sentimanets moraux", n'a jamais  admis cette conception politique en vogue. Si l'on réfléchit profondement à la raison invoquée - "sortir de l'immobilisme" - l'on s'aperçoit que l'intérêt des plus modetses est beaucoup mis à mal par la politique actuelle: comment justifier les franchises médicales, la crise hospitalière, transfert de responsabilité aux collectivités locales sans transfert des moyens, la chasse aux "sans papiers" et d'autres regressions sociales actuelles?

La notion de "bien vivre" consiste à cultiver la famille, la dignité et l'amour-propre de ses concitoyens. On pourrait sans blasphémer, les qualifier de valeurs spirituelles parce qu'elles donnent un sens à la vie et sont reconnus par la sagesse populaire depuis fort longtemps. C'est donc avant tout une relation entre les êtres humains, dans laquelle l'argent est peut-être un moyen, mais en aucun cas la seule mesure. Cela étant, la vie des hommes ce n'est pas le marché, mais un travail pour tous, un logement pour tous, une assurance-maladie pour tous, ... bref, une vie décente qui représente non pas de l'excellence, mais de la reconnaissance, de la dignité, de l'admiration et de l'amitié. La Déclaration Universelle des Droits de l'Homme ne dispose-t-elle pas que "toute personne, en tant que membre de la société, a droit à la sécurité sociale ... et à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé et son bien être"?

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25 mai 2008 7 25 /05 /mai /2008 01:19
Sur le détroit de Gibraltar,
Y'a un jeune noir qui pleure un rêve qui prendra vie, une fois passé Gibraltar.
Sur le détroit de Gibraltar,
Y'a un jeune noir qui se d'mande si l'histoire le retiendra comme celui qui portait le nom de cette montagne.
Sur le détroit de Gibraltar,
Y'a un jeune noir qui meurt sa vie bête de "gangsta rappeur" mais ...
Sur le détroit de Gibraltar,
Y'a un jeune homme qui va naître,
qui va être celui qu'les tours empêchaient d'être.

Sur le détroit de Gibraltar,
Y'a un jeune noir qui boit, dans ce bar où les espoirs se bousculent, une simple canette de Fanta.
Il cherche comme un chien sans collier le foyer qu'il n'a en fait jamais eu,
Et se dit que p't-être, bientôt, il ne cherchera plus.
Et ça rit autour de lui,
Et ça pleure au fond de lui.

Faut rien dire et tout est dit,
Et soudain ... soudain il s'fait derviche tourneur,
Il danse sur le bar, il danse, il n'a plus peur,
Enfin il hurle comme un fakir,
De la vie devient disciple.

Sur le détroit de Gibraltar y'a un jeune noir qui prend vie,
Qui chante, dit enfin « je t'aime » à cette vie.
Puis les autres le sentent, le suivent,
Ils veulent être or puisqu'ils sont cuivre.

Comme ce soleil qui danse, ils veulent se gorger d'étoiles,
Et déchirer à leur tour cette peur qui les voile.
Sur le détroit de Gibraltar, y'a un jeune noir qui n'est plus esclave,
Qui crie comme les braves, même la mort n'est plus entrave.

Il appelle au courage celles et ceux qui n'ont plus confiance,
Il dit : "ramons tous à la même cadence !!!".
Dans le bar, y'a un pianiste et le piano est sur les genoux,
Le jeune noir tape des mains, hurle comme un fou.

Fallait qu'elle sorte cette haine sourde qui le tenait en laisse,
Qui le démontait pièce par pièce.
Sur le détroit de Gibraltar,
Y'a un jeune noir qui enfin voit la lune le pointer du doigt et le soleil le prendre dans ses bras.

Maintenant il pleure de joie, souffle et se rassoit.
Désormais l'Amour seul, sur lui a des droits.
Sur le détroit de Gibraltar, un jeune noir prend ses valises,
Sort du piano bar et change ses quelques devises,
Encore gros d'émotion il regarde derrière lui et embarque sur le bateau.
Il n'est pas réellement tard, le soleil est encore haut.

Du détroit de Gibraltar, un jeune noir vogue,
Vogue vers le Maroc tout proche.
Vogue vers ce Maroc qui fera de lui un homme ...
Sur le détroit de Gibraltar … sur le détroit de Gibraltar …
Vogue, vogue vers le merveilleux royaume du Maroc,
Sur le détroit de Gibraltar, vogue, vogue vers le merveilleux royaume du Maroc …
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16 mai 2008 5 16 /05 /mai /2008 19:36
Vérifiant la pertinence de l’argumentation de John Mueller qui considère obsolète les guerres majeures (majors wars), Fortmann et Gomand constatent que les guerres restent dans les États périphériques et/ou les États nouvellement créés, l’Afrique en pôle position. Toutefois, les analyses de la conflictualité sont loin d’être exhaustives. Ne pouvant plus se faire exclusivement dans l’optique de la guerre froide, l'étude du phénomène belligène présente une chaîne causale qui, tout à la fois, pose la question de la formation de l’Etat-nation. Alors que la tradition réaliste préconise la lecture « étatiste » des relations internationales, l’analyse des conflits armés fait face à une multitude d’acteurs (armée régulière, factions rebelles ou dissidentes, milices armées, …) qui apparaissent, changent d’aspect, disparaissent et réapparaissent. Les belligérants prennent une orientation différente selon les codes de légitimité à telle enseigne que « la guerre est devenue, à l’époque moderne, un problème en soi ». En effet, étudier le phénomène des guerres contemporaines qui sévissent l’Afrique, exige une analyse historique, sociologique et politique fondée sur une approche multidisciplinaire et une culture géopolitique qui permettent, à la fois, l’examen exploratoire et le discernement des évolutions des formes des conflits.

Plus souvent, on invoque l’histoire pour analyser les conflits. Dans l’Esprit des lois, Montesquieu, cité par Raymond Aron, souligne la part de la culture et de l’héritage historique en ces termes : « Plusieurs choses gouvernent les hommes : le climat, la religion, les lois, les maximes du gouvernement, les exemples des choses passées, les mœurs, les manières ; d’où il se forme un esprit général qui en résulte ».  En effet, construire une réflexion approfondie des conflits armés dans le système international contemporain, en insistant sur plusieurs unités d’analyse et, surtout, la sociologie politique de différents acteurs (État, populations, institutions internationales, grandes puissances, anciennes puissances coloniales, …) permettrait de dépasser le sens commun et simplifié véhiculé par certains regards pour traduire la nature de certains types de conflits armés (guerres tribales, guerres interethniques, etc.).

En effet, pour éviter toute interprétation contraste et pour un même champ de raisonnement scientifique des conflits armés, il importe de réunir les concepts dans des nouveaux paradigmes et cadres d’analyse. Ainsi dit, les conflits armés, notamment africains, résultent de l’enchevêtrement de plusieurs facteurs ayant chacun leur propre temporalité (l’épopé pré-coloniale, coloniale et postcolonial) et mettent en jeu une pluralité d’acteurs, d’alliances et de mobiles que leur explication implique des approches pluridisciplinaires, notamment la théorie de la naissance de l’Etat.


Les crises qui touchent l'Afrique sont multidimensionnelles. D’Algérie à Zimbabwe, en passant par l’Angola, le Burundi, le Congo, la Côte d’Ivoire, l’Érythrée, l’Éthiopie, la Gambie, la Guinée, le Liberia, l’Ouganda, la RCA, la RDC, le Rwanda, le Sénégal, la Sierra Léone, la Somalie, le Soudan, le Tchad,… en évoquant l’Afrique, il est presque toujours question des guerres identitaires et conflits frontaliers. Et c’est pour des raisons qu’explique Raymond Aron : « chaque peuple se juge investi d’une mission unique et confond la grandeur de sa culture et la puissance de son État. Quand cet orgueil est celui d’une collectivité de grande envergure, il entraîne l’unité politique vers l’agressivité et l’aventure. Quand il prend pour objet une collectivité étroite, il provoque la désintégration des États et la multiplication d’unités trop petites ».

De la guerre d’Ogaden qui opposa la Somalie contre l’Éthiopie (1964 et 1977 - 1978) à l’incident frontalier de Badmé qui, de 1998 à 2000, mis aux prises les « deux frères ennemis de la Corne de l’Afrique » - l’Érythrée et l’Éthiopie, - et la guerre civile qui éclate l’Etat somalien depuis 1990, la Corne de l’Afrique suscite une curiosité particulière pour comprendre les contours et les détours des antagonismes liés à la construction de l’Etat en Afrique. Christopher Clapham souligne : « la relation entre guerre et formation de l’Etat est beaucoup plus étroite dans cette région qu’ailleurs, plus longue aussi, et où elle peut donc être analysée de manière plus significative que dans d’autres régions du continent. La République de Somalie offre l’exemple le plus net d’un effondrement de l’Etat sous la pression d’une guerre menée tout d’abord contre l’Éthiopie, puis entre différentes factions à l’intérieur du territoire national. Le micro-Etat de Djibouti doit encore largement sa survie au soutien de son ancienne métropole. Mais les deux pays très proches, l’Éthiopie et l’Érythrée, offrent à coup sûr d’excellents exemples du lien entre guerre et formation de l'Etat sur le continent africain.»

La dynamique actuelle et les nouveaux positionnements des différents groupes ethniques et politiques belligérants semblent attester la prééminence du sentiment national sur d’autres choix idéologiques ou politiques. Mais, il faut souligner que l’histoire politique de la Corne de l’Afrique est caractérisée par des guerres de conquête entre différents groupes. Le recours à la guerre était fréquent puisque chaque groupe ne pouvait que compter sur ses propres forces pour survivre et, généralement, les conflits reposaient sur les ambitions rivales des personnes ou des communautés. Ce n’étaient ni des guerres interétatiques ni des guerres civiles, deux caractéristiques principales de l’activité belliqueuse dans les sociétés en Etats ; mais une forme de ce que Hubert Deschamps appelle « anarchies équilibrées ». C’est-à-dire, les guerres de tribus, guerres de clans, guerres de seigneurs féodaux, guerres de croisade, etc. Ainsi dit, le phénomène belligène de la Corne de l'Afrique s'enracine dans un passé très ancien et ne peut être compris que par référence à ce passé.

Avec la colonisation, la configuration des relations entre les individus, les familles, les tribus, les clans, les ethnies, les nations et les États ont changé de nature et pris une autre ampleur. Les référents culturels ont été modifiés par la confrontation avec d’autres référents liés à la colonisation qui imposa d’autres systèmes de valeurs d’où est né un synchrétisme aussi bien sur le plan culturel et normatif que structurel. Ainsi dit, comme l’affirme Philippe Hugon, « les héritages coloniaux sont essentiels pour comprendre la géopolitique africaine actuelle. Le colonisateur a dessiné des frontières certes largement artificielles mais celles-ci sont apparues intangibles (…) ».

Les frontières issues de la colonisation ont donné aux identités africaines de significations nouvelles et entraîné une « redéfinition des structures de pouvoir, soit par l’émergence de nouvelles élites qui faisaient anciennement partie des groupes dominés, soit par les jeux d’alliance ». Et comme on peut le constater dans la répartition des populations et des cultures, la corne de l'Afrique est devenu un empire morcelé. Cette fragmentation a eu pour effet, d'un côté, de diviser des ensembles socioculturelles (ou groupes ethniques) qui présentent une certaine homogénéité – comme les Tigréens, les Issas, les Afars et les Somalis – et, de l'autre côté, regrouper dans un même espace territorial des populations qui ont des fortes différences entre elles au niveau de leur mode d'organisation, de leurs croyances et de leurs langues; des ethnies qui n'ont en commun que leur histoire coloniale. Ces regroupements et/ou divisions faites par les puissances coloniales n'ont pas été sans conséquences dans la Corne de l'Afrique: les colonisations française (Djibouti, 1884), britannique (Somaliland, 1884), éthiopienne (Ogaden, 1891), et italienne (Somalie, 1897; Erythrée, 1896 ) ont scindé les peuples Somali et Tigréen, Afar et Issas; favorisé la création d'Etats qui ne correspondent nullement aux réalités ethniques et/ou nationales et se sont appuyées sur des minorités ethniques et/ou nationales pour asseoir leur domination coloniale. Et, désormais, la citoyenneté ne peut s’exercer que dans les seules limites du territoire national. Or, celles-ci excluent certains membres de l’ethnie qui, pourtant, du même espace culturel, linguistique, historique, appartiennent à un autre Etat, lui-même, issu de ces frontières issues de la colonisation. Dans cette perspective, la tendance est de postuler que les guerres qui sévissent la Corne de l’Afrique aujourd’hui seraient des séquelles lointaines de l’impérialisme européen. Néanmoins, le maintien de ces frontières est apparu comme garantie pour la paix et la sécurité en Afrique. D'où la du principe d'intangibilité des frontières dans la Charte de l'OUA qui, dès son premier Sommet des Chefs d’Etat et des gouvernements (Caire, 1964), exprime son engagement à respecter les frontières exista au moment où ils ont accédé à l'indépendance; et dans l'Acte Constitutif de l'Union Africaine signé à Lomé le 12 juillet 2000 qui, à son article 4 mentionne «le respect des frontières existant au moment de l'accession à l'indépendance» parmi ses 16 principes. Aussi, faut-il admettre que, malgré cette domination coloniale, la nature des sociétés de la Corne de l’Afrique demeure plurinationale. Les nations précoloniales qui furent marqueurs identitaires de ces entités territoriales multinationales, survécurent malgré leur morcellement et leur éparpillement sur plusieurs Etats. D’où, la distinction entre la nation juridique « Etat » et la nation sociopolitique dite « ethnie ». Celle-ci procède à la fois d’une communauté de caractères (langues, lien de sang, religion, histoire commune) et d’une volonté de vivre ensemble attestée. Elle représente le soubassement de la nationalité d’origine, dont l’Etat postcolonial se limite à constater l’existence.

Avec l’effondrement de l’URSS et malgré les appareils d’Etat qui, pendant longtemps ont réprimé avec véhémence les revendications ethniques, - comme toutes les autres formes de contestation politique d’ailleurs -, et avec l’approfondissement de la crise économique, la problématique des nationalités brimées et des minorités insoumises refait surface comme un enjeu des confrontations politiques. Les mouvements identitaires (ethniques, religieux, …) et/ou nationalistes viennent combler le vide politique créé par ce que Zartman Ira William appelle la « désintégration d’Etats ». Charles Zorgbibe explique : « Par-delà leurs traits permanents, les guerres civiles semblaient avoir pris une signification nouvelle dans le contexte de la guerre froide. La guerre civile ''classique'' était un conflit essentiellement interne à incidences internationales limitées ; la guerre civile ''moderne'' devenait le reflet de conflits internationaux généraux. (..). Sans doute  cette utilisation du concept de guerre civile était-elle encore trop partielle. Dans l'enclos planétaire, au-delà de leur nature formelle, guerre civile ou internationale, la plupart des conflits sont, d'abord, des conflits de légitimité. Pourquoi ne pas qualifier de guerre civile transnationale tout état du système international caractérisé par l’entrecroisement des luttes civiles et des conflits inter-étatiques » ? C’est ce que nous appelons « transnationalisme ethnique ». C’est-à-dire, la dimension interne et internationale des conflits interétatiques qui, n’excluant pas le nationalisme territorial, est « utilisée pour montrer que l’artificialité de la frontière ne résiste pas à l'épreuve de force des identités ethniques dites primordiales ». La fragilité et l’instabilité conséquentes expliquent l’échec de la construction de l’Etat-nation et les conflits qui minent la Corne de l'Afrique, surtout à partir des années 1960, sous la bannière du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Ainsi dit, les conflits infra et interétatiques que connaît la Corne de l’Afrique aujourd'hui, à savoir: la guerre civile en Somalie, le conflit somalo-éthiopien et le conflit Ethio-érythréen s'inscrivent dans ce registre des guerres identitaires aux confrontations transnationales. Comme dans les années 1960 et contrairement « au discours sur la fin des conflits », la Corne de l’Afrique reste une région instable, un champ de bataille, un tourbillon de violences transnationales où se combinent les renversements d’alliances stratégiques et volte-face diplomatiques qui confirment la thèse de «  transformations de la guerre ».

La dénonciation de l’échec de la construction de l’Etat en Afrique à partir du modèle occidental de l’Etat-nation est attestée par Bernard Badie et Pierre Birnbaum. Soulignant le décalage entre le modèle importé et la réalité des sociétés africaines qui, probablement, nécessitaient un autre type d’organisation, Bertrand Badie réfute la thèse soutenue par Jean François Bayart d’appropriation de l’Etat colonial par les Africains, et attribue l’échec de la construction de l’Etat-nation en Afrique à ce qu’il appelle « l’occidentalisation forcée » du monde qui impose les règles universelles, extrapolation qui n’a pas su réconcilier l’Etat et l’ethnie. Rappelons que
c’est après les « invasions barbares » et avec la chute de l’empire Romain que l’Europe du Moyen Age, à la fois trop prisonnière d’elle-même et trop morcelée par la féodalité, a commencé à avoir des visions amples de l’espace. De Henri le Navigateur (1394 – 1460) à Napoléon III (1808 – 1873), en passant par Charles Quint (1500 – 1558) et la guerre de Sept Ans (1756 – 1763), le regard du « vieux continent » s’est tourné vers la Méditerranée et l’Atlantique, à la conquête des terres et des mers, provoquant d’affrontements entre puissances. De Gênes et Venise au Cap (en RSA), en passant par l’Amérique et l’Asie, cet élargissement de l’horizon humain tel que concrétisé par Christophe Colomb (Amérique), Vasco de Gama (Afrique et Inde), Fernand de Magellan et les autres, a rendu l’acquisition des territoires un enjeu politique majeure. C’est dans cet ordre d’idées que les expéditions colonialistes ont été soutenues par les rois vers la fin du 18ème siècle.

Au sein même des empires coloniaux, les subdivisions  administratives se sont transformées, lors des indépendances, en frontières étatiques ; celles-ci ayant été tracées arbitrairement et en fonction des circonstances pour délimiter les territoires conquis, comme lignes de partage entre empires. C’est finalement dans ce contexte que l’Etat en Afrique apparaît comme un phénomène récent imposé par les puissances coloniales pour permettre l’identification de l’espace terrestre. Cependant, il importe également de souligner que le maintien de ces frontières-lignes séparant souverainetés est apparu fondamental pour la paix et la sécurité# et, de ce fait, la configuration étatique européenne ou l’idéologie « étatique nationale » telle qu’extrapolée en Afrique s’est, en dépit de ses contradictions, imposée comme lieu de cristallisation de la conscience politique et des relations internationales.  D’où les études coloniales et postcoloniales.


Cependant, « s’il est légitime d’accréditer la thèse selon laquelle le modèle de l’Etat-nation est une création spécifique de l’Europe occidentale, il est logique de penser, dans le même esprit, que de vieilles civilisations situées hors du champ historique et culturel de l’Occident avaient inventé leur propre modèle d’Etat, différent de celui de l’Etat-nation » occidental, écrit Mwayila Tshiyembe qui précise en outre qu’ il a bel et bien existé un modèle plural de construction politique en Afrique, lequel modèle possède ses propres représentations d’une part, et peut constituer une alternative théorique et politique au modèle de l’Etat-nation, d’autre part. Face aux questions que soulèvent les évolutions de la science des relations internationales, il importe de repenser les connaissances produites sur la théorie de l’Etat en Afrique. Il s’agit d’arracher l’Afrique au présent ethnologique pour le soumettre aux exigences d’une analyse dynamique, laquelle analyse suppose l’émergence d’une sociologie politique de l’Afrique qui permettrait de mieux comprendre les similitudes et les différences entre les phénomènes politiques africains et ceux des autres régions du globe. D’autant plus que, comme l’écrit Guillaume Pambou Tchivounda, « l’absence d’homogénéité de la mentalité africaine reflète la diversité ethno-sociologique de ce continent, qui est notamment une caractéristique dominante des Etats au sud du Sahara. (…) Chaque Etat est une mosaïque d’ethnies, l’ambition de l’Etat postcolonial étant de les rassembler ». En effet, si l’avènement de l’Etat est sorti triomphant, il n’en reste pas moins important d’en disséquer les signes et/ou le code qui procède de l’Etat.

Compte tenu de l’articulation entre le national, l’international et le transnational ainsi que du lien entre les différents niveaux d’analyse, il s’avère impérieux de se fixer des repères pour penser les réalités internationales et éviter une interprétation contraste. Considérant les motifs immédiats de la guerre – Casus belli - tels que décrits par Gaston Bouthoul, il importe de se consacrer aux causes, à la nature, aux transformations et à la typologie des conflits armés de la Corne de l’Afrique. Il s'agit d'expliquer et penser le phénomène belligène de cette Afrique orientale, une démarche qui implique un regard rigoureux sur les réalités polémologiques tant au niveau micro des acteurs qu’au niveau macro des ensembles qu’ils composent, - « structures » et « systèmes » -, et de fixer les paradigmes et cadre d’analyses afin de comprendre comment les rapports de domination qui engendrent des groupes sociaux croyant reposer sur l’origine commune et qui font de cette croyance le fondement même de leur alliance et/ou leur divergence influent sur les "relations internationales africaines". Dès lors, il convient de procéder à la définition des aspects conceptuels et théoriques qui permettraient, non seulement de comprendre les postulats qui expliqueraient les conflits qui sévissent la Corne de l’Afrique, mais aussi les différentes orientations politico-stratégiques. La dialectique entre l’ethnicité et l’avènement de l’«Etat scientifique occidental », Etat-nation,  conduit à l'explication de la façon dont les acteurs composent et/ou modifient leurs identités et définissent leurs intérêts. La guerre ayant pour origine plusieurs antagonismes, il s’avère important, de remonter aux origines et aux prémices de la situation belliqueuse. L'étude de l'évolution des formes de la guerre montre que le nationalisme n'est pas inadapté dans les sociétés communautaires. Seulement, loin d'être un « nationalisme de combat anticolonialisme » comme l'affirment Bertrand Badie et Marie-Claude Smouts, le nationalisme africain, tel qu'il se manifeste dans les pays de la Corne de l'Afrique, est un nationalisme de gouvernement. C'est-à-dire, une mobilisation par les dirigeants pour obtenir le consentement de la population, pour légitimer leur action, assurer l'identification des populations à l'Etat, généralement défini comme « une forme de construction identitaire». C’est pourquoi d'ailleurs, Roger Caillois, lu par Armelle Le Bras-Chopard, lie étroitement l’apparition de l’Etat à celle de la guerre.







 










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29 février 2008 5 29 /02 /février /2008 15:41
L'intégration  régionale est un moyen nécessaire pour aboutir à la paix et sécurité internationales. C'est un stade intermédiaire entre entre "Etat-nation" et "Etat-mondial". La communauté régionale se fait dans l'esprit de coordination pour éviter des disparités dans les structures politiques et socio-économiques existant entre les Etats. Comme le démontre l'exemple européen, il ne s'agit pas de rendre tous les Etats égaux, mais de rendre la participation effective de tous les Etats dans la recherche de la concorde régionale et de la paix.

Cependant,  en ce qui concerne l'Afrique, l'intégration  régionale a connu plusieurs  revers à cause des conflits armés qui, non seulement mettent en prils les efforts pour la paix consentis aussi bien dans le cadre de la coopération régionale, notamment  avec la création de la CEPGL (Communauté  Econonmique  des Etats des Grands Lacs), CEEAC (Communauté Economique des Etats de l'Afrique Centrale), EAC (East African Community), SADC (Southern African developpment Community), la CEDEAO (Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest); mais aussi détruisent les liens sociaux qui existent entre les peuples de la région.

A l'instar d'autres organisations régionales africaines, la CEPGL a été calquée sur le modèle européen européen, lequel modèle a influencé toutes les tentatives de fédération régionale en Afrique. Fondée le 20/09/1976, rassemble au sein d'institutions communes la RDC, le Rwanda et le Burundi. Comme stipulé dans les Accords de création signé à Gisenyi (Rwanda), son but principal est l'intégration économique, la coopération transfrontalière, ainsi que la facilitation de mouvement des personnes et des biens. Parmi les secteurs favorables à cette intégration économique régionale figurent les infrastructures, le transport et communication, le secteur bancaire, l'énergie et l'agriculture. Ils constituent le moteur de relance de la CEPGL. D'où la création de la BDGL (Banque de développement des Etats de Grands lacs), de l'IRAZ (Institut de Recherche Agronomique et Zootechnique), de la SINELAC (Société Internationale d'Electricité des Pays des Grands Lacs) et de l'EGL (Energie pour les pays des Grands Lacs) comme institutions clefs de la CEPGL.

Chacune de ces institutions était organisée selon les méthodes qui lui étaient propres en distinguant bien les fonctions politiques aux fonctions techniques, confiées aux techniciens et/ou experts qui, aux compétences bien reconnues, étaient à la tête de  l'organisation fonctionnelle. Il faudra toutefois souligner que, bien que distinctes, les fonctions étaient interdépendantes et s'enrichissaient en expériences. Le point d'aboutissement de la pensée était l'élimination de possibilité de la guerre entre les nations.

Cependant, tel n'a pas été le cas. Cet aspect d'élimination de toute possibilité de guerre entre les nations s'est effondré avec le litige frontalier entre le Zaïre (actuellement RDC) et le Burundi, lequel litige portait sur la zone de Gatumba. A cela s'est ajoutéek la guerre rwando-rwandais (1990 à 1994) et la guerre civile au Burundi (1993 - à aujourd'hui) qui se sont étendues en RDC, provoquant la décomposition de l'Afrique centrale dans l'ensemble.  Cette situation de chaos a fait la joie des grandes puissances occidentales qui en ont fait un instrument de leur politique dans la région. C'est ainsi que, pour faire face au soutien que les anglo-saxons (les EUA et la Grande Bretagne) apportaient au mouvement rebelle rwandais FPR (soutenu par l'Ouganda), la France, - estimant ses intérêts dans la région menacés-, s'est livrée corps et âme aux côtés du régime dictatorial de Habyarimana. Aussi, faut-il admettre que les Etats de la région eux-mêmes ne sont pas restés neutres: alors que l'Ouganda et le Burundi se sont portés au secours de la rebellion du FPR, le Zaïre était derrière son prétendu «petit frère» Habyarimana.

Après le génocide et massacres des Hutu de l'opposition, la guerre s'est exportée au Zaïre impliquant tant les pays des Grands Lacs que ceux de la SADC, notamment l'Angola, le Zimbabwe, la Namibie.  D'autres pays de l'Afrique centrale, à l'exemple du Tchad, ne sont pas restés inactifs. De la chasse aux génocidaires, le Rwanda et l'Ouganda sont passés à une guerre de prédation. Ces ingérences ont eu des conséquences désastreuses pour la stabilité des Etats de la région. Elles ont créés des principautés  (des pouvoirs type médieval) fondées uniquement sur la force des armes et le jeu d'influence des puissances protectrices, favorisé une situation d'instabilité dans la région car tout changement d'intérêts ou de rapports de forces au sein de la coalition des Etats protecteurs déclenchait systématiquement des rébellions. Tel a été le cas en RDC où les anciens alliés de Laurent-Désiré Kabila s'affrontent.  Dans le même temps, par-delà l'émergence de tutelles africaines distinctes des tutelles coloniales, le droit d'ingérence a contribué à la violation du droit international. Contrairement aux exigences de la Charte de l'OUA, non seulement les réfugiés n'ont pas été éloignés de la frontière, mais aussi une partie d'entre eux a été réarmé. Il s'est ensuit que de reniement en reniement, l'ONU, le CICR et autres OING, les Etats ont abandonné les populations innocentes à leur funeste destin dans les forêts de l'est de la RDC où ils ont été massacrés en violation de la Convention de genève de 1951.

Faisant sentir ses effets bien au-delà des Grands lacs, le tourbillon rwandais s'est révélé être vecteur puissant de la recomposition géopolitique de la région. Il a brisé deux pôles de structuration de l'influence anglo-saxonne et francophone: le Kenya et la RDC.  Au premeir pôle correspond l'EAC qui regroupe le Kenya, l'Ouganda et la Tanzanie. Autour du second s'organisent deux cercles:  celui de la CEEAC associant la RDC, le Gabon, le Cameroun, le Tchad, la RCA, le Congo (Brazzaville) et la  CEPGL comprenant la RDC, le Rwanda et le Burundi; et celui de la SADC regroupant l'Angola, le Botswana, la RDC, le Lesotho, le Malawi, l'Île Maurice, le Mozambique, la Namibie, les Seychelles, la RSA, le Swaziland, la Tanzanie, la Zambie et le Zimbabwe. En effet, en lieu et place du Kenya et de la RDC, une coalition hétéroclite s'est constituée, en octobre-novembre 1997, allant de l'Ouganda à l'Angola en passant par le Zimbabwe, le Rwanda et le Burundi, avec le consentement indirect de l'Erythrée,  l'Ethiopie, la Tanzanie et le Kenya  contre le pouvoir de Mobutu d'une part, et l'expédition angolaise contre le Président Lissouba d'autre part. Cette configuration qui va de l'océan Indien (Mombasa, Dar-es-salam) à l'océan Atlantique (Luanda, Matadi, Libreville, Douala) redessine l'Afrique médiane, jadis appelé "Mettel Africa" par la géopolitique allemande du 19ème siècle, qui se situe à la jonction de l'Afrique pétrolière (de Luanda à lagos) et de l'Afrique agropastorale (de Dar-es-Salam à Massoua). Aujourd'hui, malgré une accalmie relative les pays du champ (l'Ouganda, le Rwanda, le Burundi, le Zimbabwe, l'Angola, la RDC et le Congo) autant que les pays hors champ (le Gabon, le Cameroun, le Tchad et le Soudan) ne sont pas encore sortis de la crise de l'Etat et de la société qui les ronge. Qui plus est, la crise économique, les potentialités naturelles inexploitées et la jeunesse abandonnée sur le bord du chemin par les tyrannies ont laissés en friche un espace vital pourtant vecteur d'intégration régionale.

La situation actuelle en Afrique est que une crise de légitimité affecte les gouvernements des pays du champ, qui sont soit des dictatures de droit (Angola, Ouganda, RDC, Rwanda, Burundi, Ertythrée), soit des dictatures de fait  (Congo, Zimbabwe, Ethiopie). A cela s'ajoute le règne d'une culture de la violence étatique comme moyen de gouvernement dans les pays dirigés par les anciens rebelles (Zimbabwe, Ouganda, Rwanda, Burundi, Ethiopie, Erythrée, RDC, Tchad, Congo). En troisième lieu, les milices victorieuses, incompétentes et à la solde d'un clan, voire d'un homme, paradent en lieu et place d'une armée républicaine; c'est-à-dire d'une force publique garante de la sécurité des personnes et des biens, des institutions et de l'intégrité territoriale. Et finalement, nombre de pays du champ et hors champ font face à des rébellions armées (Tchad, Ouganda, RDC, Burundi...). 

Aujourd'hui, il est prématuré de prédire qui dominera la région, eu égard aux vulnérabilités multiples dont souffrent les compétiteurs. L'Angola paraît être le seul pays de l'Afrique médiane qui, à terme, pourrait disposer des moyens de la puissance régionale. Pays pétrolier en passe de concurrencer les monarchies du Golfe persique à la suite de nouvelles découvertes de gisements "off shore", il est un Etat sémi-maritime, d'une superficie de 1.246.700 Km², disposant d'une population estimée à 11.000.000 d'habitants. Toutefois, le régime de Luanda souffre de trois handicaps: 
- la persistance de la culture de la violence étatique, 
- la discontinuité géographique de la côte angolaise qui rend périlleuse la sécurisation de l'enclave de Cabinda où sont exploités les gisements les plus importants, et 
- le prix à payer pour la reconstruction d'un pays ravagé par 24 ans de guerre.
Les revendications indépendatistes de l'enclave de Cabinda est un enjeu territorial important que Luanda est obligé à verrouiller son hinteland immédiat, en parrainant les régimes de Kinshasa et de Brazzaville. C'est ce qui explique son intervention en RDC et au Congo (Brazzaville).

Ni pétrolier ni minier et dépourvu de profondeur, l'Oganda reste un pays enclavé qui dépend de Kenya pour ses débouchés. Cependant, il doit son rayonnement au dynamisme de son Président Yoweri Kaguta Museveni et, surtout, à son statut d'Etat-pivot dans le dispositif américain visant à contenir l'islamisme soudanais. Tout bien considéré, en dépit du soutien financier que lui apportent les institutions de Bretton Woods (le FMI et la Banque Mondiale), il n'a pas les moyens d'une puissance régionale, même si la sécurité de la frontière avec la RDC est une obsession paratagée avec le Rwanda et le Burundi. Encore, faut-il soLa défaite subie à Kisangani lors de ses affrontements militaires avec le Rwanda a affaibli son influence régionale.

Enclavé, surpeuplé et dépourvu d'espace et des ressources minières et pétrolières, le Rwanda reste dans le rang des pays pauvres. Par conséquent, il ne peut pas devenir une puissance régionale. D'ailleurs, il risque d'être ravagé par la famine si les autorités demeure dans une logique de guerre. Cette n'épargne pas le Burndi voisin qui, jusquaujourd'hui fait face à une rébellion armée.


Champ des ruines et des pillages, la RDC est victime aussi bien de son espace que de ses potentialités minières. Ce pays a été reduit à l'impuissance pour longtemps par la faillite de l'Etat et la débâcle économique et sociale. Si les 32 ans de «Mobutisme» en sont la cause principale, la guerre d'invasion lui infligée par ses voisins du Rwanda, Burundi et Ouganda a, pour le moins que l'on puisse dire, étouffé toute espérance d'un avenir prospère. Le «kabilisme» qui s'est en effet révélé, à l'usage, un messianisme révolutionnaire s'est effondré dans le despotisme, l'irresponsabilité et la corruption. Reste à attendre les résultats de Kabila fils.

Au demeurant, la situation géopolitique de la région des Grands Lacs est plus qu'intéressante qu'elle interpelle une analyse géopolitique approfondie.


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28 février 2008 4 28 /02 /février /2008 11:44
Un  pouvoir qui ne connaît pas parfaitement les besoins et les craintes de la population n'a pas guère de raison d'être. La politique gouvernmentale, les lois et les  institutions ont d'énormes répercussions sur la vie des citoyens. Encore, faut-il que cette politique et textes de lois soient justes, c'est-à-dire répondent aux besoins de la population. Dans le cas contraire, ils entrainent d'injustices incommensurables. Tel est le cas de la politique en vigueur  aujourd'hui.

Mais qu'est-ce qu'un besoin pour un citoyen français? Selon Yves Bernard et Jean-Claude Colli (Dictionnaire économique et financier, Paris, seuil, 1996, p. 212), «un besoin c'est un manque ressenti par l'individu ou la collectivité». Exemple, manger, se vêtir, travailler, se loger, avoir la sécurité sociale, se soigner, assurer l'éducation de ses enfants, exercer une activité socio-culturelle, etc.  Ces besoins, ne sont pas créés par la société ni par l'homme politique. Ils existent déjà à l'état brut dans la nature que leur satisfaction constitue la finalité même de toute action politique. Comme chacun de nous le vit aujourd'hui, aucun de ces besoins n'est satisfait.  A l'heure actuelle, les Français sont décus, le moral est au plus bas de l'échelle. Les citoyens se demandent si le Président élu sur le thème de l'augmentation du pouvoir d'achat n'est pas ce commandant qui ignore l'importance des hommes de la troupe dans la bataille. En tout cas, la seule certitude est qu'il a perdu la confiance du peuple.


Très souvent, c'est sur l'organisation des moyens propres de satisfaire les besoins de la population que divergent les doctrines politico-économiques: la gauche et la droite.  Au conseil municipal comme au conseil général,  les positions et actions politiques sont efficaces selon que l'on est à gauche ou à  droite parce que la vision n'est pas la même.  Soucieux du mieux-vivre de la population dans nombreux domaines (protection de l'enfance, transport, enfance, personnes âgées, logement, action sociale de proximité et  de prévention, éducation, minima sociaux...) , les élus communistes sont encore les mieux placés pour porter sans concession l'exigence de répondre aux besoins des citoyens. Outre notre volonté politique, notre réussite dépend de notre expérience sur terrain, de rester plus proche de nos concitoyens: comme nos concitoyens, nous vivons le quartier; comme nos concitoyens, nous connaissons les difficultés de bas salaire, de chômage et de logement; comme nos concitoyens, nous vivons des fins du mois difficiles, etc.

Face à la droite sarkozienne déterminée à affaiblir les moyens au service de la population, notre tâche sera encore plus ardue au Conseil général. C'est la raison pour laquelle il faut davantage d'élus communistes aux cantonales pour qu'une voix de gauche puisse se faire entendre dans le département du Rhône et éviter, ainsi, que notre département soit le bastion où s'expérimente et s'applique la politique de remise  en cause des droits sociaux durement conquis.  C'est dans cette perspective que s'inscrit notre  candidature.

En ces temps où  les conditions de vie deviennent de plus  en plus difficiles, il est impérieux que le principe d'égalité effective dans les droits sociaux et économiques serve de fondement même de toute action politique. Aider les citoyens à régler leurs problèmes sicio-économiques requiert à l'élu la volonté de remplir avec considération, justice et équité la mission lui confiée par le peuple. C'est pourquoi nous défendons, sans relâche, le service publique; demandons que les deniers publics soient employés au service du pouvoir d'achat, de l'école, de la santé, de la protection de l'enfance, de l'allocation personnalisée d'autonomie des personnes âgées et/ou handicapées,de la culture... que dans la spéculation boursière.

L'élu communiste n'étant pas un patron politique mais un représentant populaire, nous  nous engageons, en tout état de cause,  de rester à l'écoute de la population.  C'est d'ailleurs notre approche de la démocratie.  Nous déplorons le fait que les citoyens disent «
ils ont décidé» à chaque fois qu'ils parlent de ceux qui sont censés les représenter. Ce «ils» non seulement souligne la distance qu'il y a entre les attentes des citoyens et les décisions de leurs «représentants», mais aussi traduit l'affliction et la déception des citoyens envers l'homme ou la femme politique. Ce décalage est beaucoup plus évident à l'égard des décisions que prend la droite actuelle, lesquelles décisisons qui émanent non des «élus», mais du gouvernement. C'est ainsi d'ailleurs que s'estompe, s'éclipse la confiance du peuple qui, vis-à-vis des décisisons politiques, sociales et économiques qui sont prises, ne se sent plus en situation de citoyens, mais de sujets.

Depuis 2001 l'activité des Conseiller(e)s municipaux (pales) communistes au sein de la majorité municipale, comme celle des conseiller(e)s généraux (rales) communistes dans l'actuelle Assemblée départementatle a été remarquable. En votant pour  nous, vous choisirez la gauche au Conseil général du département du Rhône.  Et comme vous le savez la gauche ne peut être réellement la gauche sans élus communistesAlors aux Urnes mes chers  concitoyens.

Rendez-vous le 9 et 16 mars 2008.
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18 février 2008 1 18 /02 /février /2008 02:46

La fin de la guerre froide a vu s'imposer, dans les grands débats politiques et scientifiques, la question ethnique et resurgir ainsi des conflits de toute sorte que le nombre des conflits armés a considérablement accru dans le mond, surtout dans les Etats périphériques et Etats nouvellement créés.

Parlant des conflits qui minent l'Afrique, l'ethnicité possède conjointement une dimension historico-politique et une facette fondamentale de stratégie et de choix. On peut augurer que la lutte incessante pour le pouvoir finit par créer un processus ethnogenèse des conflits armés. Mais on pourra également  constater que, outre la résurgence d'anciens clivages "politico-ethno-historiques", la mobilisation politique ethniciste  qui incite à l'action collective identitaire facilite la mobilisation à grande échelle sous la banière nationaliste.

En effet, l'autodétermination des nationalités ou le "régionalisme ethnique" est une politique motivée par plusieurs raisons qui tiennent à la fois à la trajectoire historique et à des raisons conjoncturelles et stratégiques. Depuis le mileiu des années 1960, pratiquement toutes les organisations politiques se sont construites comme tentatives de solution au problème des nationalités. L'affirmation des droits des nationalités, codés en termes de "droit des peuples à disposer d'eux-mêmes" ou "droit à l'autodétermination", avait comme ambition de marquer la fin d'un cycle historique de la contestation. Bien que les dynamiques actuelles et les nouiveaux positionnements  des différents groupes ethniques et politiques  semblent attester la préeminence du sentiment national sur d'autres choix idéologiques ouu politiques, on retiendra, tout de même, que les différents mouvements de rébellion ne sont qu'une triste vicissitude qui entrave le rapprochement entre les commuanuatés ethniques. Et c'est d'autant plus que, en mal d'édification nationale et incapable de renoncer aux vieux réflexes militaires et d'assurer une transition vers un appareil d'Etat civil, développer les ressources et attirer les investisseurs étrangers, les dirigeants des Etats africains n'ont guerre su construire des conditions indispensables au développement des idées et à l'épanouissement de la démocratie. Ils se sont contentés d'un nationalisme à multiple facettes qui, à la fin, dérive  vers une sorte de paranoïa nationale.

Dans son article "les groupes ethniques et leurs frontières", Fréderic Bath affirme que le courant constructiviste appréhende la nation comme une sorte de transcendance de l'ethnie, articulée sur la mobilisation et la réinvention de la tradition. Fondées sur les faits politico-historiques, les attributions de l'appartenance ethnique ne sont  pas facultatives. Ceci dit, l'identité ethnique n'est pas une donnée fixe, définie une fois pour toute par des critères essentialistes. Elle n'est pas non plus une invention ou une construction de la science, mais au contraire un processus historique en interaction permanente avec les dynamiques sociales, politiques et écnomiques. Depuis l'exportation en Afrique de "l'Etat moderne" occidental, l'identité ethnique ne se forme plus exclusivement à travers les relations avec d'autres groupes ethniques, mais aussi et, surtout, à travers des relations avec l'Etat. C'est ce que nous appelons "ethnicité" dont la problématique ne saurait s'interpréter uniquement en termes culturelles, mais également au regard de la crise de l'Etat autoritaire d'une part et, d'autre part, des problèmes de consolidation démocratique que connaît la majorité des Etats africains.

L'ethnicité est donc le fait que les groupes ethniques s'organisent comme mouvement politique en rapport avec l'Etat. Lorsque ces mouvements s'organisent sur une base d'identité exclusivement ethnique, et si elles tendent de traduire leur identité par des revendications politiques vis-à-vis de l'Etat, sous forme des droits des minorités, d'autonomie politique, ou encore d'une sécession en vue de l'érection d'un Etat ethniquement homogène, ils sont qualifiés d'organisations ethnicistes. cependant, il y a également des cas où l'identité ethnique soit complètement transformée, menant à une scission de l'ethnie en plusieurs sous-groupes voire à l'abandon de l'identité ethnique existante au profit d'une nouvelle identité plus large, "la nation". Cette bifurcation est favorisée par un sentiment de déracinement et/ou de marginalisation qui résulte généralement de l'installation d'un Etat par un pouvoir  qui astreint les différentes identités ethniques existantes au profit de la nation. Ce processu s'accèlere davantage lorsque les membres de l'ethnie en question développent des théories politiques qui, de l'ethnisation, visent l'érection d'un mouvement national.

Au demeurant, l'ethnicité est une stratégie politique parce qu'elle, dans l'organisation de l'espace, une expression géographique forte, non sans incidence politiques. Certes, des résultats ont été acquis et des avancées réalisées au registre de la construction nationale, ou au nmoins de la viabilisation des Etats. Cependant, comme on peut le constater en Afrique, les graves situations d'implosions traduisent la dynamique conflictuelle dans le temps de l'ethnicité en tant que fait social et stratégie politique.

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15 février 2008 5 15 /02 /février /2008 14:01

Au diable les pauvres! Je travaille pour les CAC 40: ce qui est bon pour le patronat est bon pour la France. c'est en cette phrase que peut se resumer les 10 mois du règne Sarkozy et son UMP. Pour les Français, le Président de la République n'est pas à même d'honorer ses promesses que d'aucuns se demandent si penser éthique serait une règle jeu politique.

L'éthique est une façon de penser. C'est aussi une façon de faire parce que, plus souvent, l'on fait ce que l'on pense. Etre moral, ne signifie-t-il pas faire ce qu'il faut faire? Que signifierait alors penser éthique? C'est tout simplement penser en termes de conformité aux règles, omplicites et explicites; penser en fonction des contributions que l'on peut apporter, mais également en fonction des conséquences de ses actes pour soi-même et pour la société. 

Huit points cristallisent de notre questionnement:
1) Penser éthique c'est penser au bien être d'autrui, y compris celui des non participants. Il s'agit de tenter de maximiser les intérêts de chacun, en tenant compte de tout le monde: les riches et les pauvres, jeunes et vieux, hommes et femmes, citadins et paysans, patrons et ouvriers.

2) Penser éthique  c'est se considérer comme membre du monde et non comme comme un individu isolé. 

3) Penser éthique c'est obéir à la loi, mais pas se fier seulement  aux textes. Bien entendu, on doit obéir à la loi et s'y conformer au sens le plus évident. Cependant, il faut admettre que l'éthique ne se limite pas au respect de loi. Non seulement certains comportements (immoraux) ne sont pas répréhensibles, mais aussi la loi n'indique pas toujours clairement la voie à suivre et, en voie deconséquence, bien des cates qui ne sont pas illégaux ni immoraux sont néanmoins repoussants, dégoûtants, injustes et contraires à l'éthique même comme l'étalage de sa vie privée devant les cameras.

4) Penser éthique c'est se considérer, ainsi que son entreprise, comme faisant partie intégrante de la société. D'autant plus que les Chefs d'entreprise sont des citoyens dans la société. Ils doivent partager la trame des sentiments qui la constituent et apporter même une large part. Ceci étant, les entreprises ne vivent pas en vase clos: elles existent et prospèrent parce qu'elles bénéficient de la société. par conséquent, elles doivent la servir et ne doivent pas la nuir. On dit parfois que le monde des affaires a ses propres codes de conduite morale différent des règles qui régissent la société  dans son ensemble. Telle n'est pas notre opinion. Le monde de business est soumis aux mêmes règles morales que le reste de la population parce que  nous formons tous ensemble un tissu social qui nous englobe. Dans le cas contraire, nous sommes vraiment mal partis.  

5) Penser éthique c'est se conformer aux règles. Il semble que je me répète. NON.  Je souligne ici la règle la plus évidente  et la plus incontournable, et la signification la plus acceptable  de la conformité. ON peut mettre en cause la pertinence d'une règle morale et/ou avoir des questions d'interprétation. Mais, en tant que «impératifs catégoriques» (Kant), elles constituent une exigence absolue  et sans compromis  qui s'appliquent à tous. Certes, il est difficile de les appliquer, mais il faut admettre que les règles morales sont au coeur de l'éthique. Il ne peut pas y avoir d'éthique, de commerce, de politique sans elles.

6) Penser éthique c'est rester objectf. Il est vrai que l'éthique n'est pas une science. Toutefois, elle a un point commun avec celle-ci. Ses règles s'appliquent à tous et il est essentile de se placer de l'autre côté, c'est-à-dire du point de vue ou à la place d'autrui. En effet, le fait qu'ue action soit moralement juste est totalement indépendant du fait qu'elle soit  ou non dans l'intérêt de son auteur ou de ses opinions personnelles.

7) Penser éthique c'est se poser la question: «Quel type d'individu ferait une telle chose?». Il s'agit de trouver «The right man (or the right  woman) at the right place (l'homme ou la femme qu'il faut à la place qu'il faut). 

8) Penser éthique c'est respecter les coutumes des autres, mais pas aux dépens de sa propre éthique. 

Tout bien considéré, penser l'éthique, finalement, ce n'est rien autre  que se considérer soi-même comme citoyen et mettre ses actions au bénéfice de la collectivité, en ayant le souci du bien-être des autres et, en retour, un certain amour-propre, un respect pour soi-même. Comme le souligne Peter Drucker, je cite: «c'est être capable de se regarder dans le miroir quand on se lève le matin». En pensant éthique, on ne peut devenir plus mauvais, on ne peut devenir que meilleur.

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12 février 2008 2 12 /02 /février /2008 13:13


 

Bien que le mot ethnie ait un long passé, l’usage anglo-saxon d’« ethnicity » (ethnicité) n’introduit un concept dans les sciences sociales qu’au cours des années 1970. Ses connotations initiales en anthropologie, en sociologie et en sciences politiques ont imprégné les recherches que le concept ethnicité articule aujourd'hui le holisme, la domination et l'antagonisme. L’analyse de ces différents postulats permet, non seulement de déterminer les différentes dimensions de l’ethnicité, mais aussi d’établir son rapport avec le comportement politique et de mesurer l’importance que les belligérants attachent à leur identité nationale par rapport à leur identité ethnique ; c’est-à-dire, le rapport entre l’ethnicité et le nationalisme.

1. Le holisme (ou le postulat groupal):

 Faisant de la société un ensemble de groupes indépendants, différencié de l’extérieur et homogène à l’intérieur, l’ethnicité est un fait social qu’il faut reconnaître et appréhender dans ses dimensions aussi bien objectives que subjectives. Dès lors, « si l’on admet que la nation est bien une construction historique, à la fois politique et culturelle, il faudrait également admettre que cette construction ne peut se faire sans travail de la mémoire et de la culture ; sans cette capacité de parler au passé, de l’inventer et de le réinventer ; ce sentiment d’être différent sans lequel il n’y a de sentiment national », écrit Alain Dieckhoff.1 


En effet, « en distinguant le groupe ethnique des autres catégories sociales (le prolétariat, la bourgeoisie, …) en fonction de la référence obligatoire à la croyance en des ancêtres communs, réels ou putatifs, Max WEBER offre une définition qui ouvre la voie à une approche constructiviste de l’ethnicité », souligne Juteau.2 

De ce point de vue, l’ethnicité ne dépend pas seulement de traits objectifs indiscutables, empiriquement constatables, mais également d’un « processus spécifique d’élaboration ». Ainsi, loin d’être une singularité symbolico-culturelle née de l’isolement, l’ethnicité est une identité politique collective dont la nature est relationnelle et processuelle. Ainsi dit,
 l’approche à la fois objective et subjective de l’ethnicité s’infléchit sur la constitution de frontières mouvantes et fluctuantes reposant sur les relations sociales et politiques qui rendent opérantes des différences à partir desquelles se mobilisent les différents acteurs. Ces frontières établissent la distinction entre le « nous » et le « les autres », c'est-à-dire ceux qui appartiennent au groupe et ceux qui en sont exclus. D'où: 
- un nom collectif : il sert de signe et d’emblème à la communauté en la distinguant des autres et en synthétisant son essence ; 
- un mythe d’ascendance commune: il fournit un narratif de la provenance et de la tradition et se dresse en authentique mythomoteur de différence collective ; 
- une histoire partagée: elle offre un sujet collectif une continuité temporelle à travers les générations et fixe les valeurs et les grands traits de la différence spécifique du groupe ; 
- l’association à un territoire qui sert davantage de référent mythique que de base matérielle ; 
- un sentiment de solidarité qui l’emporte sur les autres divisions sociales (classe, religion, localisation, ethnie, …) ; et 
- un mouvement politique de résistance, en défense de l’identité. 3


Dans le cas des conflits qui minent l'Afrique, les dimensions de l’ethnicité se sont construites dans le contexte de relations sociales qui résultent de la colonisation et du manque d'espace démocratique. Accompagnés des pratiques d’appropriation, d’exploitation et d’exclusion, les années d’empreinte coloniale et de despotisme ont largement provoqué l’émergence de collectivités distinctes et tracé de nouvelles frontières. Le groupe dominant conservant le monopole des ressources et de leur distribution, ont apparu alors des « communalisations » qui englobent des intérêts matériels et idéels tels que le contrôle et la répartition des biens économiques et sociaux, l’honneur et le prestige, la culture nationale ainsi que les représentations. C’est la nature de cette relation qui illumine les revendications identitaires et poussent « les peuples conquis » à réclamer l’indépendance politique.

En effet, suite à l’invasion coloniale les Etats africains se sont vu reconnaître des frontières. Considérée comme une macule par les uns (les panafricanistes) et comme un avantage par les autres, la colonisation les frontières issues de la colonisation ont transformé la société africaine et suscité des divergences lourdes des conséquences selon que l’on habite de l’autre côté de la ligne de démarcation. Outre la création des nouveaux territoires qui a agrégé des peuples, la colonisation a également déclenché chez certains peuples un fort sentiment de supériorité qui les conduira à mener une politique expansionniste.

Au demeurant, la forme et l’intensité que peut prendre l’ethnicité sur la scène politique reste bien souvent conditionnées par les manifestations politiques dont celle-ci est l’objet des entrepreneurs politiques. Les marques de la dimension de l’ethnicité délimitant les frontières (langue, religion, couleur de la peau, région, etc.) sont choisies au sein des relations constitutives de groupes sociaux. Et, ce d’autant plus que, outre la culture matérielle et non matérielle, les groupes ethniques reposent sur une mémoire, sur des représentations qui se construisent au fil des années. Il s’agit des éléments historiques qui pré-existent aux rapports sociaux nouvellement établis et qui possèdent un sens en dehors d’eux. Dans ce cas d’espèce, ce qui est mobilisé dans la communalisation ethnique appartient dans la relation de domination, celle-ci étant beaucoup plus focalisée sur la reconnaissance des frontières que sur leur effacement.

2. Le postulat de domination :

« La domination c’est tout ce qui occulte le rapport constitutif de la dimension externe de la frontière ethnique, essentialise et fige ce qu’on y trouve à l’intérieur », affirment Jean Tournon et Ramon Maiz4

Par domination, nous sous-entendons la subordination d’un ou plusieurs groupes ethniques différents à la culture hégémonique, laquelle subordination est approuvée implicitement et traduite en diverses politiques d’assimilation.
En effet, certains groupes ethniques sont considérés comme culturellement spécifiques et d’autres universels à cause des places qu’ils occupent respectivement à l’intérieur des rapports ethniques, les majoritaires (politiques) dictant leurs propres projets et leur propre histoire aux minoritaires. Les majoritaires n’accordent pas aux minoritaires la liberté de définir leur propre vie en fonction de leur trajectoire historique et leur sens de l’histoire. Ils perçoivent en outre les minoritaires en termes d’attributs qui sont définis en termes d’essence plutôt que d’histoire. De surcroît, ces attributs qui sont utilisés par le groupe dominant pour justifier la clôture monopolistique qu’il impose aux minoritaires, renforçant leur subordination économique, politique et culturelle. C’est ce qui fonde la communalisation ethnique, c'est-à-dire « l’apparition d’un sentiment subjectif d’appartenance à une même communauté.»5


Ainsi, croyant incarner l’universel, les dominants attribuent la spécificité, la différence aux dominés. Quand cette différence est perçue comme fondée sur l’origine commune, on la nomme ethnicité. Non seulement cette conception fait reposer la collectivité et ses actions sur la « fausse croyance » en des ancêtres communs, mais aussi elle masque le double rapport de domination qui la fonde. Ses traits sont essentialisés, puis utilisés par les dominants pour justifier diverses pratiques d’exclusion, allant des politiques assimilationnistes à l’expulsion et à la guerre. En fait, ce n’est pas la croyance en des ancêtres communs qui cause la guerre. C’est plutôt le refus de l’historicité de l’autre et de la domination exercée. Ce qui, par ailleurs, constitue le caractère durable de l’ethnicité, c'est sa capacité mobilisatrice, son caractère d’antagonisme. Raison pour laquelle elle est aujourd’hui considérée comme un comportement politique. C’est également la domination qui engendre une conception essentialiste et statique d’identité. Lorsqu’on masque les rapports qui provoquent la communalisation ethnique, on pense à l’ethnicité comme quelque chose de donné, qui existe en dehors du temps, orientant le comportement des individus et la place des collectivités au sein de l’univers social. Et lorsqu’un groupe en vient à intérioriser ces définitions, il tend à construire comme fixes et rigides ses propres frontières. De ce fait, dans un processus complexe, ils réintroduisent éventuellement l’histoire qui leur est refusée, en ayant tendance à la figer, à purifier la dimension externe de l’ethnicité, à l’homogénéiser de manière à justifier leurs propres projets de libération. Leurs luttes s’articuleront souvent en termes d’histoire commune qu’ils reconstruisent en excluant les « autres » et aux rapports ayant constitué la collectivité dont ils se réclament.

3. Le postulat d’antagonisme.

La coexistence de groupes dont les caractéristiques, les valeurs et les intérêts diffèrent, engendrent inévitablement du conflit, expression obligée du pluralisme. La fin de la guerre froide a vu s’imposer, dans les grands débats politiques et scientifiques, la question d’identité et resurgir, ainsi, des conflits de toute sorte. Vérifiant la pertinence de l’argumentation de Muëller qui considère obsolète les guerres (majors wars/les guerres majeurs), Fortmann et Gomand constatent que les guerres restent dans les Etats périphériques et/ou les Etats nouvellement créés et, dans la plupart des cas, le conflit porte sur un différend frontalier6


Quoi que, comme le démontre l’éclatement de l’ex-URSS et de la Yougoslavie, les situations qui rendent possible une activation des identités ethniques et la transformation des relations interétatiques ne soient pas l’apanage de l’Afrique, c’est naturellement au continent noir que l’on pense instinctivement lorsqu’on évoque l’ethnicité. Non seulement cette conscience d’appartenance à un groupe humain différent et de le revendiquer y imprègne profondément les imaginaires et les comportements, mais aussi participe puissamment à l’organisation sociale et politique des Etats. En effet, l’histoire, la géographie et les civilisations manipulées à volonté par les pouvoirs politiques pour fabriquer des vérités souvent contradictoires, restent les chasses gardées de l’Etat parce que c’est essentiellement dans ces lieux de pensée que se forme, se produit et se reproduit l’idéologie identitaire et, ainsi, la « conscience nationale ». Presque toutes les constitutions suivent un schéma stato-national analogue : un Etat-nation d’un côté et des communautés de l’autre. Cependant, celles-ci ne sont pas considérées comme des composantes constituantes des nations avec les droits qui en découlent. Elles sont plutôt reconnues comme des communautés cohabitantes, juxtaposées, parallèles aux nations fondatrices, et bénéficient de droits et obligations qui sont induits.
Au niveau conceptuel, l’histoire des nations est une fluctuation permanente entre souvenir et l’oubli. Si le souvenir sert d’élément stimulant à la résurgence identitaire, le refus de l’oubli ainsi que les mémoires amères mêlées à des sentiments exclusivement indépendantistes ou sécessionnistes prévaut ici et là et conduit à réclamer le remodelage et l’extension de leurs frontières et de brandir les cartes de « grande nation ». En conséquence, loin d’être une querelle frontalière, les conflits africains sont des guerres des mémoires nationales. L’histoire est reconstruit et remodelé de façon monoethnocratique par les pouvoirs en place qui l’empreint de sa vision pour qu’il corresponde aux nécessités du présent et aux stratégies dominantes, « l’intérêt national en Afrique est plus polarisé autour de l’ethnie que de la nation »7.


Cependant, comme le démontre le nationalisme pluriethnique érythréen, ainsi que la situation en Somalie, l’intérêt national ne renvoie pas toujours à une situation d’homogénéité ethnique. Par contre, il est défini de manière unilatérale par les gouvernants. Ainsi mise en perspective, la problématique de l’ethnicité en Afrique s’interprète au regard de la crise des Etats. Ce schéma d’explication montre que c’est l’intersection frontière/ethnie qui provoque inéluctablement le litige : le sentiment d’appartenir à un ensemble ayant été postérieur aux tracés, l’ethnogènese identitaire s’se s'est réalisée comme une conséquence, dans le temps, des dispositifs frontaliers successifs. De ce point de vue, il n’est pas étonnant de constater que le référent national reste un champ spatial comme tant d’autres, bien que d’un ordre de grandeur supérieur aux champs ethniques ou régionaux.

Sommes toutes, loin d’être un processus d’identification, l’ethnicité est un produit politique de l’interaction entre acteurs et structures. Toutefois, le fait d’être une construction politique n’entraîne pas qu’elle soit totalement malléable : les identités collectives ont une inertie qui leur est propre et elles bougent en réponse à des situations endogènes et des changements exogènes, les postulats. En plus, il faudra admettre que la logique identitaire oscille selon les contextes, les formats organisationnels ainsi que le répertoire de mobilisation. C’est donc un produit du travail complexe des leaders, organisations et discours politiques.

1 DIECKHOF, A., « La déconstruction d’une illusion. L’introuvable opposition entre nationalisme politique et culturel », L’année sociologique, 46(1), 1996, p.53.

2 JUTEAU, D., «L’ethnicité comme rapport social», dans Mots/Les langages du politique, n° 49 décembre 1996, Paris, Presses de Sciences Po, p. 98.

3 TOURNON, J., et MAIZ, R., Ethnicisme et politique, Paris, L’Harmattan, 2005, p.18.

4 Ibidem, p. 16

5 DIECKHOFF, A., idem.

6 FORTMANN, M. & GOMAND, J., « L’obsolescence des guerres interétatiques ? Une relecture de John Mueller », dans Raisons politiques, n° 13, février 2004, p. 79.

7 CLARK, J. F., « Realism, neo-realism and Africa’s international relation in the postcold War Era», Africa’s challenge to International Relations Theory, New York, Palgrave, 2001, p.86.

 

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7 février 2008 4 07 /02 /février /2008 10:26

  

     La politique prônée par le gouvernement Fillon et les lois conséquentes qui sont votées enfoncent notre pays dans une crise sociale et idéologique. Chacun peut l'affirmer: "la France connaît une crise idéologique." Certes, les dernières élections présidentielles ont mis en tête de la nation un président ultralibéral qui a repris et recyclé les idées et le slogan de l'extrême droite que les Français - même ceux qui ont voté avec bonne foi Sarkozy - s'interrogent  sur ce que vont devenir les droits sociaux en France. De la remise en question de certains droits légaux - notamment le droit de grève - à l'instauration des peines planchers, en passant par les franchises médiacles, les tests ADN pour les candidats africains au regroupement familial, la droite Sarkozyste va faire éclater la société française que l'on se demande si la devise de la France n'est pas passé de «Liberté-Egalité-Fraternité» à «Liberticide-Inégalité-Supicion». Aujourd'hui, les Français réalisent que, avec Sarkozy, mieux vaut être riche, star et mannequin qu'être pauvre, laid et inconnu.

 

Cependant, au-delà de l'anxiété, les résultats des législatives ont quelques matières à réflexion pour les Français: ils ont permis de bousculer la mise en place de la fameuse « TVA sociale », qui n'est autre qu'une escroquerie qui consiste à accroître les profits des plus fortunés au dépens des plus démunis. Au lendemain des municipales et cantonales, d'autres défis nous attendent. Ils nécessitent une union de la gauche pour promouvoir des nouvelles envies qui, sans renier notre histoire, s'appuyeront sur nos atouts pour avancer tous ensemble dans la lutte contre la politique ultralibérale de l'UMP. Ce combat est le nôtre, nous les hommes et les femmes de la gauche. En effet, pour ceux qui veulent prendre connaissance des raisons qui fondent notre combat, nous leur proposons trois points:
1.
C'est nous qui portons une critique lucide de la politique de la droite,
2. C'est nous qui préconisons une méthode pour faire autrement et avancer,
3. C'est nous qui avons des propositions cohérentes aptes à résoudre les problèmes sociaux et économiques de la société.


Face à la politique de la droite qui répond uniquement aux exigences du grand patronat, nous appelons à la mobilisation contre des inégalités sociales que veut instaurer le gouvernement UMP. Comme nous nous y sommes engagés, nos actions consistent à utiliser les possibilités qui nous seront offertes pour construire une société plus sociale, solidaire et fraternelle. C'est-à-dire, faire progresser les valeurs de la République pour lesquelles nous luttons: innovation, combat, union, solidarité , courage et fraternité sont les mots cadres qui nous animent et font notre force. Nous menons actuellement, au sein du PCF, un travail de fond pour sortir de la crise idéologique qui mine les esprits. Nous voulons ranimer les espoirs, mener un combat contre le sentiment d'impuissance, lutter pour l'insertion de chacun dans l'emploi, la formation, l'éducation, la responsabilité, sans rejets ni exclusions, sans distinction de race et/ou de sexe et sans discrimination.

Plusieurs chantiers sont en route. Ils consistent en la promotion des droits sociaux pris en otage par le Gouvernement Fillon. A cet égard , nous proposons le changement de la conception et des méthodes d'action politique.
1. Nous estimons notamment que chaque travailleur doit disposer des informations et pouvoirs qui lui permettent d'assumer les charges de particpation à la prise de décisions de l'entreprise. Il ne s'agit pas d'agir contre les décideurs en place, mais plutôt avec les decideurs patronaux et étatiques d'aujourd'hui et de demain pour imposer la participation de tous et permettre à chacun de comprendre la nature des problèmes posés, les options des choix et d'intervenir à temps par lui-même. Cette proposition telle qu'elle a été formulée par MGB reste un des moyens pour lutter contre les lincienciments et d'autres abus socio-économiques. Pour les ouvriers, les employés (25 et 28% de la population), avec les syndicats, c'est la conquête de nouveaux droits et pouvoirs tandis que pour les patrons, c'est l'obligation de partager les informations et les rôles directionnels.

2. Consolider les bases sur lesquelles réposent notre société que la droite sarkozienne est en train de délabrer. Nous nous proposons de révaloriser les activités humaines, de lutter contre la stigamtisation des pauvres et des «étrangers» (ceux qui ne ressemblent pas à «nous») devenus les boucs émissaires de la misère de la France. Il s'agit de mener une bataille de résistance sur terrain et de réaliser un projet alternatif à celui de Nicolas Sarkozy et ses lieutenants. Notre détermination est de barrer la route à Dominique Perben avec ses recrues «millonistes» et «villieristes». Pour cela, nous abordons ces échéances avec la plus forte détermination pour que notre ville de Lyon soit gérée par une municipalité de gauche poursuivant l'action menée depuis 2001 sous l'animation de Gérard Collomb.

3. Par l'importance des décisions qui s'y prennent sur nos vies de tous les jours, nous nous sommes également engagés à renforcer notre participation au Conseil général du Rhône, actuellement présidé par Michel Mercier (UDF-Modem) avec comme Vice-Président Dominique Perben (UMP-Sarkozy) afin de combattre que notre département soit le bastion où s'applique le politique de remise en cause des droits sociaux. Ce combat s'inscrit dans notre dynamique qu'est d'Agir concrètement contre les inégalités. Nous voulons mettre notre expérience au service des populations noyées dans la misère à cause des bas salaires, de manque d'emploi, des diffultés de se loger dignement; les populations qui vivent non pas des fins de mois, mais des débuts des mois difficiles; ces garçons et filles laissés à la «périphérie» de la société alors que ceux qui dorment sur leurs rentes s'enrichissent de plus en plus.

Après les élections présidentielles qui ont porté au pouvoir le «Président décomplexé» Nicolas Sarkozy (Président «bling bling») et les législatives qui ont confirmé Fillon dans ses fonctions de Premier Ministre, la construction d'un nouveau rassemblement populaire majoritaire s'avère plus que jamais important, surtout pendant ces municipales et cantonales. Ce rassemblement est inséparable d'une grande action à conduire pour avancer dans la voie de la justice sociale et de la solidarité tant nationale qu'internationale.

Nous sommes convaincus que le projet de société porté par les candidats de gauche, surtout les communistes, est une issue durable et réelle à la crise idéologique que connaît à présent notre pays. Il consiste à relancer les productions et l'économie pour créer des emplois et des richesses supplémentaires. Parce que, plus qu'hier, la France a besoin de plus de justice et plus d'équité dans la redistribution des richesses. Le fossé qui existe actuellement entre les riches et les pauvres impose une action quotidienne associant les rassemblements dans les luttes pour résister à la politique de la droite. L'originalité de notre démarche tient à la fois à notre diversité, à l'ouverture que nous proposons à d'autres forces de gauche et au contenu même du combat. Dans ce mouvement, nous sommes porteurs de solutions aux différents niveaux décisionnels, à commencer par le niveau municipal et cantonal.

 

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