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22 juin 2009 1 22 /06 /juin /2009 16:04

Désormais dans le vocabulaire des politiciens qui dirigent notre pays et nos villes, un seul mot ne cesse de revenir : La crise qui, depuis quelques mois, est devenue une actualité brulante. Et le gouvernement se montre parfaitement incapable de prendre le taureau par les cornes à part quelques gesticulations hasardeuses et incohérentes. Aujourd’hui les français s’interrogent. Ils s’interrogent sur la volonté, les intentions et aussi l’organisation du pouvoir politique. Leurs questions sont légitimes. Elles nécessitent des réponses claires et précises. D’autant plus que des millions des femmes et des hommes sont en manquent d’emploi (700.000 chômeurs en plus en 2009, quelle déplorable prévision !). Certains ne vivent que de maigres allocations. D’autres sont sans ressources. Nombreux de nos compatriotes sont sans toit alors que notre hyper président nous promis que « plus jamais un français ne dormira dehors » !

Pour ceux ou celles qui travaillent, ils (elles) peinent à survivre. Ils (elles) sont travailleurs pauvres, des travailleurs aux bas revenus qui, en plus des conditions de travail éprouvantes, non seulement se privent de l’habillement, de la culture, de loisirs, mais aussi de la santé et parfois, de l’alimentation normale. Pour ces hommes et ces femmes, la vie est jalonnée d’échéances qui sont autant de motifs d’anxiété.

Où est passé le « président du pouvoir d’achat » ? Il a augmenté de 140 % son argent de poche 48 heures après le vote des franchises médicales. Quel cynisme ! Des milliers des femmes seules, ayant des enfants en charge connaissent ces terribles situations. Les personnes âgées ne sont pas également épargnées de ces soucis. Ce qui traduit l’incapacité de ce gouvernement d’assurer à ceux qui ont peiné toute leur vie la retraite paisible et heureuse qu’ils doivent avoir.

On ne peut pas non plus oublier les travailleurs étrangers dont les grandes entreprises et l’Etat français a organisé l’immigration. Victimes de discriminations de toutes sortes, confinées dans les tâches pénibles, ils sont contraints de vivre dans des logements insalubres et vétustes, dans des foyers  misérables ou des bidonvilles. Leurs progénitures sont les « laissés pour compte » de la République.

Mais le problème est que « ces laissés pour compte » sont devenus plus nombreux. Ce ne sont plus seulement ces « petits arabes », « ces petits noirs » et ces « petits chinois » (tous les asiatiques sont appelés ainsi) des quartiers dits « difficiles » ; mais aussi des « petits blancs » de la classe ouvrière et donc, tous les français dans leur immense majorité connaissent les difficultés de la vie quotidienne, l’insécurité de l’existence et la crainte du lendemain.

La baisse calamiteuse du pouvoir d’achat et la hausse vertigineuse des prix pèsent lourdement sur les des familles (pauvres et modestes) que le fossé entre les pauvres et les riches se creuse davantage : les pauvres deviennent de plus en plus pauvres et les riches de plus en plus riches avec un cadeau magnifique, le bouclier fiscal.

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10 mars 2009 2 10 /03 /mars /2009 22:00

Elie Domota est en passe de rejoindre Dieudonné au panthéon des diaboliques de la république.
Ils avaient besoin d'un Dieudonné créole et raciste.
O
ui, forcément, pour faire peur au brave franchouillard qui ne comprend pas grand chose à ce qui lui tombe dessus: crise, chômage, grèves, injustices.




C'est ce que la presse hexagonale tente de nous faire croire. Le filon est excellent et si vendeur.
En tous cas, l'occasion pour nous de vérifier la façon dont travaillent ces journalistes qui prétendent que leur profession est de savoir prendre du recul...

Rappel des paroles d'Elie Domota:

Soit, ils appliqueront l’accord (prévoyant une augmentation salariale mensuelle de 200 euros), soit ils quitteront la Guadeloupe...Nous sommes très fermes sur cette question là. Nous ne laisserons pas une bande de békés rétablir l’esclavage”

C'est la dernière phrase qui a choqué... "Nous ne laisserons pas une bande de békés rétablir l'esclavage".
Pour beaucoup, c'est inacceptable. Même pour le PS...

... pour discréditer un mouvement social on nous ressort le "racisme anti-blanc"! Argument tellement bidon qu'on ose à peine citer les propos incriminés, qui étaient que ...leader du LKP a exprimé sa détermination à ne pas laisser "les Békés" rétablir "l'esclavage". Avec la mauvaise-foi habituelle de l'indignation tartuffe, tous les média parlent d'inquiétude, d'émoi et d'enquête face à cette "incitation à la haine raciale"!!!! Car les Bekes ont pour caracteristique essentielle, non pas d'avoir été auteurs et héritiers de l'esclavage dans l'histoire de l'île, non non, les Békés sont coupables d'être blancs! eh oui! Voilà ce que l'opinion métropolitaine doit impérativement avaler. C'est un joli coup de pouce des média pour Alain Huygues-Despointes qui souhaitait que les Békés soient considérés comme une RACE menacée!

Revoici donc l'arme de désinformation massive "le racisme anti-blanc", toujours suivi de près ou de loin par l'accusation de "haine de l'Occident" ou de la "théorie du complot contre les blancs". Pour eux, béké, veut dire "blanc" alors qu'en réalité, "béké" veut dire "descendant d'esclavagiste". En Guadeloupe, on ne parle pas de béké car il n'y en a pour ainsi dire pas, le terme est martiniquais. Pourtant, il y a des blancs, principalement des blancs-pays, descendants de blancs arrivés après l'esclavage (1848), certains, "
les blancs-matignons" sont assez pauvres et vivent regroupés dans les "grands fonds" des campagnes comme du côté de la commune du Moule..



Ceux qui sont allés en vacances dans les petites îles des Saintes au large de la Guadeloupe ont pu voir ces blancs des Saintes, souvent métissés, descendants non pas d'esclavagistes mais de pêcheurs bretons, et qui ne se sentent absolument pas visés pourtant par ce qu'a dit Elie Domota.

Donc quand Elie Domota parle de békés, il fait référence aux patrons qui marchent avec les békés de Martinique implantés en Guadeloupe..

Et puis faisons un peu de sémantique concrète.
Reprenons la déclaration de Domota et remplaçons le mot béké par descendant d'esclavagiste :
Soit, ils appliqueront l’accord (prévoyant une augmentation salariale mensuelle de 200 euros), soit ils quitteront la Guadeloupe...Nous sommes très fermes sur cette question là. Nous ne laisserons pas une bande de descendants d'esclavagistes rétablir l’esclavage

Vous vous apercevez que ça n'a plus aucun contenu raciste non?

Finalement, béké est à comprendre comme "descendants de gens ayant participé à un crime contre l'humanité".

Imaginons que la déclaration ait été faite par le petit-fils d'un résistant, d'un juif ou d'un tsygane à propos de descendants de nazis très fiers de la préservation de leur "race" et refusant d'appliquer un accord négocié donnant avantage à tous, aryens comme non aryens. Ce fils de résistant aurait pu dire : "
Nous ne laisserons pas une bande d'aryens rétablir le nazisme”! Qui oserait appeller cela du racisme?

La vérité est que ceux qui hurlent au loup raciste, ne sont pas au clair avec leur façon de réfléchir sur le racisme. N'oublions pas que la France, au plus haut niveau de l'état et de ses intellectuels a 4 siècles de pratiques racistes au compteur. De Voltaire  à Tocqueville, de Victor Hugo à Ernest Renan, de Napoléon à Charles de Gaulle, ils ont adopté un racisme politique pour conquérir, attaquer, massacrer, exclure, parquer, déporter.

Voltaire écrivait : "Enfin je vois des hommes qui me paraissent supérieurs à ces nègres, comme ces nègres le sont aux singes, et comme les singes le sont aux huîtres et aux autres animaux de cette espèce."
Traité de Métaphysique, 1734
..

Tocqueville écrivait à propos de l'abolition de l'esclavage qu'il fallait indemniser les planteurs békés avec le salaire des esclaves libérés mais maintenus au travail.
« Si les nègres ont droit à devenir libres, il est incontestable que les colons ont droit à n'être pas ruinés par la liberté des nègres. [...] Il est équitable d'accorder aux colons [...] une indemnité représentant la valeur vénale des esclaves mis en liberté. »

Victor Hugo : "Il est là, devant vous, ce bloc de sable et de cendre, ce monceau inerte et passif qui depuis six mille ans fait obstacle à la marche universelle ce monstrueux Cham qui arrête Sem par son énormité, l'Afrique. Quelle terre que cette Afrique ! L'Asie a son histoire, l'Amérique a son histoire, l'Australie elle-même a son histoire, qui date de son commencement dans la mémoire humaine ; l'Afrique n'a pas d'histoire ; une sorte de légende vaste et obscure l'enveloppe. "

Ernest Renan : "La nature a fait une race d'ouvriers. C'est la race chinoise d'une dextérité de main merveilleuse, sans presque aucun sentiment d'honneur ; gouvernez-la avec justice en prélevant d'elle pour le bienfait d'un tel gouvernement un ample douaire au profit de la race conquérante, elle sera satisfaite ; une race de travailleurs de la terre, c'est le nègre : soyez pour lui bon et humain, et tout sera dans l'ordre ; une race de maîtres et de soldats, c'est la race européenne. Que chacun fasse ce pour quoi il est fait et tout ira bien. Nous aspirons, non pas à l’égalité, mais à la domination. Le pays de race étrangère devra redevenir un pays de serfs, de journaliers agricoles ou de travailleurs industriels. Il ne s’agit pas de supprimer les inégalités parmi les hommes, mais de les amplifier et d’en faire une loi.» .

Napoléon qui rétablit l'esclavage et  promulgue des lois antisémites en 1802.

Charles de Gaulle qui déclare :  "Vous savez, cela suffit comme cela avec vos nègres. Vous me gagnez à la main, alors on ne voit plus qu’eux : il y a des nègres à l’Élysée tous les jours, vous me les faites recevoir, vous me les faites inviter à déjeuner. Je suis entouré de nègres, ici. […] Et puis tout cela n’a aucune espèce d’intérêt ! Foutez-moi la paix avec vos nègres ; je ne veux plus en voir d’ici deux mois, vous entendez ? Plus une audience avant deux mois. Ce n’est pas tellement en raison du temps que cela me prend, bien que ce soit déjà fort ennuyeux, mais cela fait très mauvais effet à l’extérieur : on ne voit que des nègres, tous les jours, à l’Élysée. Et puis je vous assure que c’est sans intérêt. »

Même la Marseillaise contient une phrase qui, sortie de son contexte historique de nationalisme exacerbé par les guerres révolutionnaires, est un appel à la haine raciale:"Qu'un sang impur abreuve nos sillons..."

La presse métropolitaine n'a pas vérifié la situation raciale réelle en Guadeloupe. Imprégnée de clichés coloniaux, elle a repris la dépêche AFP et les déclarations outragées de certains hommes politiques. Et depuis, elle brode à coup d'arguments juridiques et socio-historiques sans s'interroger sur la légitimité du ras-le-bol d'Elie Domota et de tous les antillais, sans se demander si un homme tel que lui, lui-même mélange de noir, indien et blanc, n'est pas un peu mieux placé qu'eux pour connaîttre ce que le racisme recouvre en calomnies et autres ignominies.

Les médias français dans un pseudo-humanisme hypocrite, une fois encore, tentent de réécrire l'histoire des autres... Césaire avait et a encore raison quand il écrivait il y a 58 ans : "
Et  c'est là le grand reproche que j'adresse au pseudo-humanisme : d'avoir trop longtemps rapetissé les droits de l'homme, d'en avoir eu, d'en avoir encore une conception étroite et parcellaire, partielle et partiale et, tout compte fait, sordidement raciste."

 

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20 février 2009 5 20 /02 /février /2009 00:36

A observer ce qui se passe actuellement, il est plus que jamais l’occasion de lutter contre la politique actuelle. Cette lutte doit consister à apporter un soutien politique inconditionnel aux actions des peuples qui veulent se libérer du colonialisme politique ou économique.

 

Dans l’ensemble, notre lutte contre l’inégalité sociale et économique est inséparable du combat général contre l’extension internationale de la domination capitaliste qui nous plonge dans une crise financière sans précédent.  

 

Notre lutte doit se traduire par une solidarité avec les peuples qui luttent pour leur indépendance politique et l’entière disposition de leurs ressources économiques.  Nous nous devons également développer des relations privilégiées avec les organisations politiques et syndicales représentant la classe ouvrière et aider à leur développement par tous les moyens dont nous disposons.

 

Notre solidarité envers les peuples qui luttent contre la colonisation et/ou l’oppression doit être guidée par les mêmes principes : apporter un soutien dans le combat sans abandonner pour autant notre droit de dénoncer, de critiquer la nature de classe, ni renoncer à nouer les relations étroites avec les forces politiques, syndicales et autres organisations de la classe ouvrière locale.

 

C’est en partant de ces principes que nous pallierons les carences, les limites, le silence complice et les trahisons de la gauche française, comme nous avons pu le constater récemment lors du carnage de Gaza.

 

Il est honteux, ignoble et insupportable qu’il y ait encore aujourd’hui de nombreux peuples soumis à l’oppression et à l’occupation. C’est pourquoi nous choisissons consciencieusement quatre solidarités significatives à témoigner : la Palestine, le Sahara Occidental (RASD) la république démocratique du Congo (RDC) et les Antilles françaises (Guadeloupe, Martinique, Ile de la réunion et Guyane).

 

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12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 01:14

Depuis des semaines, représentants politiques et dignitaires religieux de la communauté juive semblent parler d’une seule voix. Selon les premiers, «la grande majorité » des juifs de France soutiendraient sans réserve l’État d’Israël et son offensive à Gaza. Les seconds, quant à eux, changent de registre sans vraiment changer de discours, présentant le cas échéant Tsahal comme une armée spirituellement exemplaire, au service des plus hautes valeurs morales.  Résignés à réduire la diaspora au simple statut d’appendice de l’État d’Israël, nos porte-parole laïcs oublient et cherchent à faire oublier à leurs ouailles que cet État sert des intérêts qui sont les siens et les siens seuls, non ceux du « peuple juif » dans son ensemble, et que, dans la poursuite de ses objectifs, il se soucie finalement assez peu du sort de ses frères de diaspora, considérant à l’occasion qu’une possible aggravation de ce sort pourrait avoir le mérite de grossir les rangs des immigrants. Leurs déclarations confirment, installent et légitiment, dans l’esprit de maints pro-palestiniens, la confusion dévastatrice entre juifs et Israéliens. Elles ne provoquent pas directement les agressions antisémites désormais recensées chaque jour, et elles ne les justifient certes pas, parce que de telles agressions sont en tout état de cause injustifiables. Ces déclarations ne sont en revanche pas de nature à faire retomber les tensions. Elles mettent objec tivement en danger ceux-là mêmes au nom desquels elles sont prononcées.  Ceci serait déjà beaucoup. Mais ce n’est encore rien, si l’on peut dire, comparé à l’engagement, lui aussi sans nuance, de dignitaires religieux pour une cause éminemment problématique sur le plan strictement éthique. On peut douter que Tsahal agisse« avec amour », comme on l’a hélas entendu. Surtout, il me paraît choquant de présenter l’opération Plomb durci non point comme l’action d’un État souverain visant à sauvegarder ou à renforcer ses intérêts propres et particuliers, mais comme un combat pour une idée et des valeurs universelles, comme l’héroïque lutte d’une armée idéale pour l’homme, son humanité et sa liberté. Tandis que les représentants laïcs de la communauté enrôlent d’autorité tous les juifs sous une bannière qu’ils n’ont pas forcément choisie, c’est le judaïsme en tant que tel que ses responsables religieux engagent. Qu’ils le veuillent ou non, qu’ils y aient songé ou pas, que ce soit juste ou pas, c’est le judaïsme lui-même qu’ils contribuent à associer, dans de nombreux esprits, aux images atroces d’enfants morts à Gaza. Cela, on aurait dû nous l’épargner. Le judaïsme, patrimoine culturel et spirituel plurimillénaire, prodigieusement riche, complexe et contradictoire, vaut infiniment plus que les errements d’un État de fraîche date qui, pour juif qu’il se dise et pour légitime que soit son existence, n’est rien de plus qu’un État. C’est le judaïsme qui est un humanisme, et comme tel c’est au meilleur qu’il aspire. Le sionisme, lui, est un nationalisme, et à ce titre, il est capable du pire comme du meilleur ; il peut libérer et créer, mais aussi exclure, opprimer et détruire. Et je ne puis croire un seul instant que le judaïsme ne m’oblige pas à voir comme un scandale l’oppression dont un peuple est l’objet, la privation totale de liberté qui est son lot quotidien, les souffrances qui lui sont infligées, le déni de son irréductible humanité.  La sionisation contemporaine du judaïsme est à la fois l’un des signes et l’une des causes de son étiolement. Identifier le judaïsme au sionisme ou aux intérêts d’un État, c’est lui faire courir un danger majeur. On peut être, comme je le suis, un juif globalement non croyant et non pratiquant, et continuer de croire au judaïsme. C’est pourquoi je vis comme une trahison et comme un désaveu tragique cette sinistre confusion des genres. De la même façon que bien des musulmans vivent comme une trahison et comme un désaveu tragique la sinistre confusion, du fait même d’autres musulmans, de l’islam avec une radicalité idéologique et politique qui, en fait, le déshonore.  Sans doute les clés d’un avenir apaisé et revivifié sont-elles dans une relative désionisation du ju- daïsme, dans une déjudaïsation relative et pleinement assumée de l’État juif, en même temps que dans une relative dépolitisation de l’islam et dans une désislamisation relative et pleinement assumée du nationalisme palestinien. On en est loin, je sais. L’idée paraîtra à beau coup naïve ou abstraite. Elle n’est peut-être que sage, ce qui, dans les circonstances présentes, hélas, lui fait évidemment perdre beaucoup de sa force. Identifier le judaïsme au sionisme ou aux intérêts d’un État, c’est lui faire courir un danger majeur.

(1) Titulaire de la chaire de pensée juive médiévale. Dernier ouvrage paru : Dictionnaire des mondes juifs (La rousse, 2008), avec Esther Benbassa.

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12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 01:09


La guerre sanglante que l’armée israélienne mène à Gaza n’est pas venue de nulle part. Tzipi Livni a prévenu tous les partis politiques sionistes 48 heures avant l’agression et tous l’ont approuvée, y compris le Meretz (la gauche sioniste). Le mouvement « La Paix Maintenant » et les écrivains dits « de gauche » (mais farouchement sionistes) Amos Oz, Avraham Yehoshua et David Grossman ont aussi approuvé l’invasion en prônant peu après une trêve. Tous partagent le point de vue officiel en Israël : pour eux, le Hamas est un monstre infréquentable contre lequel le droit de tuer va de soi, même s’il y a des « dommages collatéraux ».

Des Israéliens juifs anticolonialistes s’opposent à la guerre. Ils témoignent et manifestent quotidiennement avec un grand courage. Ils ne représentent qu’une petite minorité (il paraît que 95% des Israéliens juifs étaient d’accord avec la perspective d’attaquer le Hamas) mais leur importance et leur influence dépassent leur nombre. Tous sont non sionistes ou antisionistes. Ils sont les seuls à comprendre la nature du crime commis à Gaza : crime de guerre et crime contre l’humanité. Il faudra bien qu’on en finisse avec l’impunité de cet Etat-voyou. Cela passera par le boycott d’Israël tant que durera l’occupation et par le jugement des criminels de guerre.

Une idéologie totalitaire

En Israël, tout est sioniste. L’identité, la mentalité, l’histoire enseignée, les médias, les lois, l’air que l’on respire. Personne ne peut échapper à cette idéologie qui s’insinue partout. Au nom de cette idéologie, 60 ans après la création de l’Etat d’Israël, la moitié des Bédouins du Néguev vivent dans des bidonvilles sans route, ni eau, ni électricité, ni maison en dur, parce que l’Etat Juif ne reconnaît pas leurs villages et leurs actes de propriété. Entre Méditerranée et Jourdain, il y a environ 5 millions de Palestiniens et 5 millions et demi de Juifs. À cause du sionisme, les premiers n’ont aucun droit. Ils sont soit bombardés et massacrés, soit occupés, soit des sous citoyens dans leur propre pays.L’apartheid s’est installé.

Dans l’histoire multiple et diverse du judaïsme, le sionisme a fait irruption, il y a un peu plus d’un siècle et il a la prétention aujourd’hui de s’imposer à tous les Juifs. Si on le critique et qu’on n’est pas juif, on est forcément antisémite. Si on est juif, alors on est un « traître qui a la haine de soi ». Et si on est palestinien, le sionisme délivre un droit de tuer, pour la bonne cause bien sûr, la sacro-sainte « sécurité d’Israël ».

Il n’en a pas toujours été ainsi. En 1948, tous les grands noms du judaïsme américain avec en tête Albert Einstein et Hannah Arendt signent une adresse au président Truman lui enjoignant d’arrêter ou d’expulser le terroriste Menahem Begin qui vient de massacrer 200 villageois à Deir Yassine. Aux yeux du monde, le judaïsme à l’époque, c’est Rosa Luxembourg, Freud, Kafka, Einstein, Arendt. Tou-te-s étaient non croyant-e-s et non sionistes comme la majorité des 6 millions de morts du génocide nazi. Comment est-on arrivé à cette inversion qui fait que les valeurs de fascistes (je ne trouve pas d’autre mot) comme Begin, Shamir, Liberman , Sharon se sont imposées et sont devenues celles des criminels Olmert, Perès, Barak, Livni …ou celles d’un grand nombre de dirigeants communautaires en France.

Cette mutation est incompréhensible si on n’examine pas ce qu’est le sionisme : à la fois un nationalisme, une forme de colonialisme, un messianisme qui a fabriqué un « homme juif nouveau ». Et une idéologie devenue ultra militariste, ayant fabriqué un pays devenu la tête de pont de l’impérialisme au Proche-Orient. Une idéologie affirmant offrir un « havre de paix » aux Juifs. Avec à la clé une instrumentalisation du génocide nazi et de l’antisémitisme.

Une histoire falsifiée

Les sionistes ont fabriqué une histoire fantastique du judaïsme. Alors que la grande majorité des premiers sionistes étaient non-croyants et souvent très hostiles aux religieux, ils sont allés chercher dans la Bible toutes les « justifications » au projet colonial qu’ils étaient en train d’inventer.

Depuis des dizaines d’années, il y a consensus chez les archéologues et les spécialistes de l’histoire antique (lire « La Bible Dévoilée » de Finkelstein et Silberman chez Bayard). Les épisodes d’Abraham et de Moïse sont totalement légendaires. Mais, ce qui est plus important, la conquête de Canaan par Josué est totalement légendaire. Ce texte qui est une véritable apologie du nettoyage ethnique et du massacre de « l’autre » n’a aucune réalité historique. C’est pourtant lui qui sert de base « historique » à l’installation des colons en Cisjordanie et aux partisans de l’expulsion des Palestiniens (la moitié de la société israélienne y est favorable). Il n’y a aucune trace archéologique de l’existence du royaume unifié de David et Salomon. À l’époque, Jérusalem était un village. Il est très probable que le royaume d’Israël (détruit par les Assyriens) et celui de Juda (détruit par les Babyloniens) aient toujours été des entités distinctes. Et il est surtout avéré que, pendant toute l’antiquité des peuples différents, des langues différentes et des religions différentes ont cohabité sur cette terre qui était un véritable carrefour. Les sionistes qui affirment que c’est la terre du peuple juif et que l’Etat d’Israël est une reconstitution du « royaume unifié » ont entériné une légende religieuse à laquelle ils ne croyaient pas eux-mêmes.

Dans la théorie sioniste, le peuple juif a été expulsé de sa terre au moment de la guerre menée par Titus et de la destruction du temple. Il aurait vécu 2000 ans en exil dans des conditions épouvantables jusqu’à ce que le sionisme lui permette de retourner dans son pays.

Or cette théorie est une affabulation. Dans « Comment le peuple juif fut inventé » (chez Fayard), Shlomo Sand montre, documents à l’appui, qu’il n’y a eu ni exil ni retour. Au moment de la destruction du temple, il y avait déjà des Juifs à Babylone, Alexandrie, Rome, en Espagne …Après la défaite face aux Romains, c’est la religion qui s’est dispersée, pas le peuple. Donc les descendants des Hébreux sont essentiellement les Palestiniens. Ben Gourion en était d’ailleurs persuadé et il a d’abord songé à les intégrer au projet sioniste.

Pendant plusieurs siècles dans l’empire Romain puis dans d’autres régions, la religion juive a été prosélyte. Les Juifs ont formé un pourcentage notable des habitants de l’empire romain. De nombreuses conversions ont eu lieu plus tard chez les Berbères d’Afrique du Nord puis chez les Khazars (une tribu turque ayant établi un empire entre Caspienne et Mer Noire). Bref les Juifs d’aujourd’hui seraient majoritairement descendants de convertis. Quant au retour, à plusieurs reprises, les Juifs auront l’occasion de s’installer à Jérusalem et ils préfèreront aller à Bagdad, Alexandrie ou Salonique. Il n’y a pas de « race » juive et (d’après Sand) même pas de « peuple » juif. La théorie sioniste de l’exil et du retour est complètement une construction idéologique.

Les sionistes ont instrumentalisé l’épisode de Massada. Après la prise de Jérusalem par Titus, des Juifs révoltés sont assiégés par les Romains dans la citadelle de Massada au-dessus de la Mer Morte et ils préfèrent le suicide à la reddition. D’où le complexe de Massada : « personne n’aime les Juifs, ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes et ils sont menacés en permanence de destruction ». En réalité, les révoltés de Massada étaient des fanatiques religieux (les zélotes) qui ont commencé par massacrer les Juifs qui acceptaient le mélange avec les autres peuples de la région et la souveraineté romaine.

Diaspora et antisémitisme.

Pour les sionistes, la diaspora (=dispersion) est une parenthèse
qui se serait terminée avec la fondation de l’Etat d’Israël. C’est faux : la diaspora est le centre de l’histoire des différents judaïsmes. C’est le lieu où la religion s’est structurée. C’est là que les différentes langues juives (judéo-arabe, ladino, yiddish) se sont développées. Le sionisme s’est acharné à faire disparaître les langues, les traditions et les cultures des différentes communautés juives de la diaspora. La plupart des Israéliens ont des noms et des prénoms qui n’ont rien à voir avec ceux de leurs ancêtres. L’Hébreu s’est imposé, la culture israélienne a fonctionné comme un effaceur du passé. Pour fabriquer l’Israélien nouveau, il a fallu « tuer » le Juif (le cosmopolite, le minoritaire, le dispersé). La plupart des Israéliens ignorent tout de leur histoire. Cette absence de mémoire, remplacée par une mémoire falsifiée est une des explications de leur indifférence à « l’autre ».

Le sionisme décrit la vie en diaspora comme une suite ininterrompue de persécutions et de malheurs qui auraient pris fin avec la création d’Israël. Avec l’idée que le mélange ou l’égalité des droits entre Juifs et Non Juifs est impossible et que les Juifs ne peuvent vivre qu’entre eux dans un Etat juif.

Il y a là une vision réductrice. La persécution des Juifs commence sous l’empereur Constantin (IVe siècle ap JC) quand le christianisme devient religion officielle. Cet antijudaïsme chrétien a des origines multiples : le christianisme est issu du judaïsme, les 2 religions ont longtemps été en concurrence, l’accusation de « déicide » est centrale chez les Chrétiens. Les Juifs subiront de très nombreuses expulsions (la plus importante étant l’Espagne en 1492), de grands massacres (croisades, Ukraine), un enfermement et une discrimination systématiques. Mais il y a eu aussi des périodes plus fastes marquées par une vie culturelle intense. Les sionistes essaient de montrer que les Musulmans ont toujours été les ennemis des Juifs. C’est faux : le statut de « dhimmi » n’est certes pas la citoyenneté, mais il a assuré aux Juifs une paix relative qui n’a rien à voir avec les persécutions chrétiennes.

C’est paradoxalement l’Emancipation des Juifs européens (qui commence au XVIIIe siècle en Allemagne et en France) qui provoque la transformation de l’antijudaïsme chrétien en antisémitisme racial. Le Juif personnifie l’obstacle à la construction d’Etats-nations ethniquement purs. Il devient le bouc émissaire de tous les nationalismes. C’est le consensus antisémite en Europe qui permettra le génocide nazi.

Le sionisme contre l’Emancipation

Vers 1900, une dizaine de millions de Juifs vivent en Europe de l’Est. Ils parlent le Yiddish. Les transformations sociales les ont massivement prolétarisés. Une grande partie d’entre eux abandonne la religion et se tourne vers les idées socialistes. Pour beaucoup, la révolution, en émancipant les prolétaires, résoudra la question de l’antisémitisme. Si les principaux partis révolutionnaires mettent entre parenthèse la « question juive », le Bund, parti révolutionnaire juif, propose dans le cadre de la Révolution, une « autonomie culturelle » des Juifs là où ils vivent.

C’est à cette époque qu’apparaît le sionisme. Il se présente au départ comme une version juive des différents nationalismes (qui mèneront à la boucherie de 1914 et au nazisme) avec l’équation simple : un peuple = un état. Problème : s’il y a à l’évidence un peuple Yiddish entre Baltique et Mer Noire, ce peuple a peu à voir avec les Juifs marocains, irakiens ou yéménites. Les sionistes inventent donc le peuple et l’exil. Alors que le Bund crée des milices d’autodéfense contre les pogromistes, les sionistes considèrent que l’antisémitisme est inévitable, qu’il est inutile de le combattre et que la seule solution est la fuite vers le futur Etat Juif. Ils tournent délibérément le dos à toute idée d’égalité, d’émancipation, de citoyenneté, de mélange. Peu avant sa mort, Herzl rencontre un des pires ministres antisémites du tsar en lui expliquant que sionistes et tsaristes ont des intérêts communs : faire partir un maximum de Juifs. Le pogrom de Kichinev ou l’Affaire Dreyfus sont utilisés pour convaincre que tout combat en Europe est inutile. L’Affaire Dreyfus a pourtant montré que l’antisémitisme concernait toute la société et que la victoire des forces de progrès était possible.

Les sionistes, très souvent laïques voire athées, s’emparent du texte biblique et décident de s’installer en Palestine. C’est le fameux mensonge fondateur de Zangwill (« une terre sans peuple pour un peuple sans terre »). Leur installation commence donc par la négation de l’existence du peuple palestinien. Du coup, ils fabriquent une histoire de la Palestine, où paraît-il les Juifs auraient vécu sans interruption depuis 4000 ans. C’est bien sûr faux. Après la dernière révolte juive contre les Romains (Bar Kochba), il y a très peu de Juifs en Palestine, la population étant devenue chrétienne puis musulmane. Vers 1900, les Juifs forment 4% de la population en Palestine, ce qui est la même proportion que dans les pays voisins. Ils sont majoritairement arrivés au XVIIIe siècle, sont très bien intégrés et sont contre toute idée d’Etat Juif.

Jusqu’à la deuxième guerre mondiale, les sionistes seront très minoritaires parmi les Juifs. Ceux qui émigrent pour fuir la misère ou l’antisémitisme partent très majoritairement vers les Etats-Unis ou l’Europe occidentale. Toutes les élections qui ont lieu en Pologne ou en Lituanie dans les ghettos montrent que les partis sionistes sont minoritaires. En 1939, il n’y a que 3% de la population juive mondiale qui est partie en Palestine.

Le sionisme n’est pas au départ religieux. Le courant religieux sioniste (celui du rabbin Kook) sera au départ très faible, les religieux étant majoritairement sceptiques, voire très hostiles au sionisme. Ils considèrent que l’Etat Juif se substituent au Messie. Il faudra attendre 1967 avec l’émergence du courant national-religieux pour voir l’horrible synthèse entre colonialisme et intégrisme.

Du colonialisme au nettoyage ethnique.

Les sionistes sont arrivés en Palestine avec le même complexe de supériorité vis-à-vis des autochtones et le même comportement que les colonialistes de l’époque. Il s’agissait d’accaparer le maximum de terre et de repousser, confiner, domestiquer le peuple qui vivait là. Au musée de la ville israélienne de Hadera, il y a une grande photo avec la légende : « Moshé X, fondateur de Hadera ». Autour de l’individu en question, il y a une quinzaine de Palestiniens, mais les fondateurs du musée n’ont même pas vu qu’ils existaient. Tout sera bon pour acquérir des terres. L’argent qui sert à « arroser » quelques féodaux et à valoriser les terres mais aussi la force. La déclaration Balfour marque la complicité entre le sionisme et l’impérialisme. Pour Balfour qui partage les préjugés antisémites de l’époque, c’est un coup double : faire partir les Juifs d’Europe et assurer une présence européenne au Moyen-Orient où l’empire ottoman s’est effondré.

Quand les Palestiniens réalisent que l’immigration juive a pour projet d’établir un Etat juif et de les déposséder de leur propre pays, ils se révoltent (1929, 1936) et c’est l’armée britannique qui les écrase. Pendant toute cette période, les sionistes construisent un véritable appareil d’état et ils sont totalement absents de la lutte contre la montée du nazisme. Pire, l’aile droite du sionisme dont le chef de file est Jabotinski, s’inspire directement des idées fascistes (il a vécu en Italie et admirait Mussolini) pour proposer dès 1930 l’expulsion des Palestiniens au-delà du Jourdain. Le groupe Stern d’Itzhak Shamir (futur premier ministre d’Israël) avait une telle conscience du génocide nazi qu’il assassinera des soldats britanniques jusqu’en 1942 et tentera de négocier avec les Nazis.

Les sionistes ont joué un rôle confidentiel dans la résistance juive au nazisme qui a été principalement communiste ou bundiste. Et pourtant, c’est le génocide (qui a tué la moitié des Juifs européens et a fait définitivement disparaître le Yiddishland) qui va permettre la fondation d’Israël.

Les Européens, les Américains et les Soviétiques se rallient dès 1945 à l’idée d’un Etat Juif. Ils vont faire payer au peuple palestinien pour un crime européen (l’antisémitisme et le génocide) dans lequel il n’a pas le début d’une responsabilité.

On sait de façon sûre, les nouveaux historiens israéliens (surtout Ilan Pappé) ayant confirmé ce que les Palestiniens ont toujours dit, que l’expulsion de 800000 Palestiniens en 1948 était préméditée. Ce nettoyage ethnique (la Naqba) est un crime et aucune paix ne pourra être signée sans la reconnaissance de ce crime qu’il faudra, d’une façon ou d’une autre, « réparer ». Or, pour le sionisme, cette reconnaissance est une négation du projet fondateur et de la prétendue légitimité de ce projet. Dans le film sioniste « Décryptage », Ehud Barak interviewé le dit : « j’aurais voulu qu’Arafat reconnaisse la légitimité du sionisme ». Bref il aurait voulu sa capitulation. On est au cœur du problème. Le sionisme est bien un obstacle à la paix.

Ajoutons puisque aujourd’hui le Hamas est accusé de terrorisme que le terrorisme sioniste pendant la guerre de 48 a été bien réel avec l’Irgoun et le groupe Stern (mais la Haganah, armée officielle occupait les zones « nettoyées » par les terroristes). De Deir Yassine à l’attentat contre l’hôtel King David ou à l’assassinat du comte Bernadotte, on voit que les auteurs de ces crimes sont devenus plus tard Premiers ministres. Et aujourd’hui, on découvre que Tzipi Livni qui a travaillé dans les services secrets est la responsable d’un attentat anti-palestinien à Rome.

La politique du fait accompli et l’instrumentalisation du génocide.

Après 1948, les sionistes ont accéléré la stratégie qui leur avait si bien réussi en se faisant reconnaître par l’ONU sur des frontières qui n’avaient plus rien à voir avec celles du plan de partage : la stratégie du fait accompli. Dès 1949, les terres et les propriétés des Palestiniens chassés sont confisquées. Alors qu’Israël a dû reconnaître dans les conventions d’armistice de 1949 le droit au retour des Palestiniens, ce droit va immédiatement être nié et même présenté comme une revendication inacceptable mettant en question l’existence d’Israël.

En 1948, il y a moins d’un million de Juif dans le nouvel état. Tout va être mis en route pour provoquer partout l’émigration. Sionisme et antisémitisme vont devenir complémentaires, le second alimentant le premier et le premier cherchant à provoquer le second quand l’émigration se tarit. L’arrivée d’un million de Juifs du monde arabe est le résultat conjoint d’une propagande très intense pour les arracher de pays où ils vivaient depuis des siècles et de l’attitude de la plupart des gouvernements arabes ravis de ces départs. Pour les Juifs venus des pays de l’Est, la persistance d’un antisémitisme d’état a provoqué une rupture avec le communisme (qui avait la sympathie d’un très grand nombre de Juifs) et l’émigration vers Israël.

Le fait accompli va prendre un tour nouveau en 1967. On sait maintenant que les menaces de Nasser ont été un prétexte. La guerre, l’annexion et la colonisation étaient programmées. L’annexion (par vote de la Knesset) de Jérusalem Est a lieu dès 1967. Elle sera suivie de celle du Golan. Ne disposant pas du « personnel » pour créer des colonies, les travaillistes au pouvoir vont littéralement créer le courant national-religieux (qui représente aujourd’hui 1/4 de la population) en leur offrant des colonies. C’est Ygal Allon (réputé être « de gauche ») qui est à l’origine de cette colonisation. 500000 Israéliens vivent aujourd’hui dans les territoires conquis en 1967 et tout a été fait pour faire disparaître la « ligne verte » et rendre l’annexion définitive.

Le sionisme a eu au départ une attitude ambiguë vis-à-vis du génocide. Les rescapés ont été très mal reçus en Israël (aujourd’hui, beaucoup vivent sous le seuil de pauvreté). On opposait leur prétendue résignation à l’Israélien fier de lui qui défrichait, se battait et « transformait le désert en jardin ». Mais très rapidement, le gouvernement a vu le parti à tirer du génocide. D’où la création du musée Yad Vashem, l’arrestation et l’exécution d’Eichmann. Plus tard le « devoir de mémoire » est devenu obligatoire.

Aujourd’hui, ce devoir est devenu une horreur. Il y a d’abord l’idée que les Juifs ont été, sont et seront toujours des victimes. Les Israéliens ont « peur de ne plus avoir peur », ça les obligerait à examiner l’impasse meurtrière dans laquelle ils se trouvent. Quand les dirigeants israéliens ont négocié avec les Palestiniens, le seul sujet qu’ils voulaient traiter, c’était la sécurité de l’occupant. Pour eux, le « peuple élu », c’est celui qui a tous les droits. Les sionistes célèbrent les quatre Israéliens tués par les Qassams du Hamas et se moquent totalement des 1000 morts de Gaza. Israël est le pays (après la Turquie) où il y a le plus de négationnistes du génocide arménien, le seul génocide valable étant celui des Juifs. Couramment on présente les Palestiniens comme les héritiers du Nazisme. Arafat a été qualifié de « nouvel Hitler » et Begin a dit en 1982 en lançant ses troupes sur Beyrouth « qu’il avait l’impression d’attaquer le bunker d’Hitler ». Sharon a déclaré lors du 60e anniversaire de la libération d’Auschwitz que cela prouvait que « les Juifs ne pouvaient se défendre que par eux-mêmes », bref que tout était permis. Pour les rescapés et leurs descendants (dont je suis), cette instrumentalisation est obscène.

Le sionisme prétendait apporter un « havre de paix » aux Juifs persécutés. Il a fabriqué un projet criminel pour les Palestiniens mais suicidaire pour les Israéliens et même pour les Juifs. S’il y a bien un pays où les Juifs sont en insécurité, c’est Israël et il en sera ainsi tant que la destruction de la Palestine se poursuivra.

Israël est devenu un pays odieusement militariste. On dit d’ailleurs que ce n’est pas un pays doté d’une armée mais « une armée dotée d’un état ». D’ailleurs la plupart des dirigeants politiques viennent de l’armée ou des services secrets. Et Israël est devenu une tête de pont de l’Occident au Moyen-Orient dans le cadre du « choc des civilisations ». Ce pays incarne l’Occident face aux « barbares ». D’où le « permis de tuer » à Gaza qui a été octroyé.

Le sionisme a gommé les différences idéologiques

Les différents gouvernements d’Union Nationale en Israël ou le fait qu’en France, le CRIF soutienne inconditionnellement toute politique israélienne montrent qu’il n’y a aucune différence entre sionistes de droite et sionistes « de gauche ». Les premiers ont toujours été « sincères ». Ils sont depuis 70 ans pour le nettoyage ethnique et l’expulsion des Palestiniens. Les seconds ont fait la même chose mais sans oser l’avouer. La « gauche » sioniste était au pouvoir au moment de tous les crimes commis contre la Palestine : la Naqba, la colonisation, la construction du mur de l’Apartheid. Jamais les sionistes n’ont accepté les Palestiniens comme des égaux. Le processus d’Oslo a échoué parce que tous les courants sionistes exigeaient une capitulation des Palestiniens, une renonciation à tous leurs droits, l’acceptation de bantoustans éclatés qu’on aurait baptisé Etat palestinien.

Il n’y a pas de sionisme à visage humain. Le crime commis à Gaza et l’indifférence en Israël face à ce crime en sont une preuve supplémentaire. La paix fondée sur l’égalité des droits et la justice passera par une « désionisation » d’Israël, une rupture avec cette fuite en avant criminelle. Le sionisme a rendu plus que malade la société israélienne devenue autiste et complice de crimes.

Alors, nous dira-t-on, vous autres antisionistes, vous êtes pour la destruction de l’Etat d’Israël ? Ne mélangeons pas les choses. Les Israéliens juifs (5 millions et demi de personnes) forment aujourd’hui un peuple et ils resteront. Mais aucune paix n’est envisageable sans une égalité totale, politique et économique entre les peuples de la région. Quelle que soit la solution envisagée (un ou deux états), cela devra être les sociétés de tous leurs citoyens. Donc oui l’existence d’un « Etat Juif » (Etat Français, ça sonne mal et ça rappelle de mauvais souvenirs, n’est-ce pas ?) où les Non Juifs sont des sous citoyens est un cauchemar. Un Etat ne peut pas être à la fois juif et démocratique, c’est une contradiction. La paix passe par le respect de la citoyenneté de tous et par celui des droits humains fondamentaux.

Le sionisme est une idéologie criminelle. Et c’est une catastrophe pour le judaïsme quel que soit le sens qu’on donne à ce terme. En mélangeant sciemment juif et sioniste et en assimilant toute critique d’Israël à l’antisémitisme, les sionistes transforment « l’antiisraélisme » (selon la formule d’Edgar Morin) en antijudaïsme. Ils se comportent en véritables pyromanes. Il est temps que la parenthèse sioniste se referme.

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5 février 2009 4 05 /02 /février /2009 00:07

Croissance ou arrêt de croissance, la question que l’on doit se poser aujourd’hui est de savoir de quelle s’agit-il, comment et pour qui. La crise financière internationale que nous traversons porte condamnation du système actuel et constitue un événement majeur de prise de conscience pour une nouvelle donne économique. Elle témoigne, en tout cas, l’incapacité et les dangers longtemps dénoncés du « capitalisme à tout va » qui n’est autre qu’un moyen de maintenir et assurer la puissance et les privilèges des plus aisées de ce monde au mépris des plus démunis.

 

En concentrant l’économie nationale et du monde dans les mains de quelques individus, le capitalisme organise l’inflation et la hausse de prix concomitante pour favoriser les profits au travers l’exploitation des travailleurs.

 

Comme on le constate actuellement, la surexploitation des travailleurs a atteint les limites du supportable. Les suicides au travail en témoignent suffisamment.

 

Alors que les progrès technologiques appellent une production de masse, on réalise que les débouchés nouveaux se heurtent plus que jamais à la pauvreté croissante.

Alors que les besoins croissent, les moyens de les satisfaire sont plus qu’insuffisant que la courbe de la concavité tourne vers les « Y négatifs ».

 

Tout ceci parce que l’aristocratie a accumulé et suraccumulé toutes les richesses du pays et du monde.

Tout ceci parce que les capitaux ne trouvent plus des débouchés suffisamment rentables, c’est-à-dire un profit élevé dans le plus court délai possible.

Tout ceci parce que les capitaux, en dehors des productions utiles, cherchent des rémunérations dans les spéculations de toutes sortes jusqu’à nous produire des « effets Madof ».  

 

Les conséquences sont que la masse des français travaille dur et vit mal, travaille plus et demeure pauvre, travaille plus pour crever vite.

Les conséquences sont que l’on ferme des usines (Gadrange),

Les conséquences sont que l’on jette au chômage des travailleurs,

Les conséquences sont que les jeunes diplômés vivent dans le désespoir, etc. alors qu’une fraction de population gèle ou dilapide d’énormes capitaux - qui serviraient au progrès général – dans les spéculations boursières.

 

Et aujourd’hui on veut privatiser les services publics : les universités, les hôpitaux, la poste… Mais il faut être timbré !

 

C’est dans ce prestigieux gâchis que s’exprime aujourd’hui la crise qui frappe le monde. Ce n’est pas une crise économico-financière, mais une crise systémique, idéologique et morale qui frappe la vie sociale, économique et financière. Bref, c’est le capitalisme qui se dénude. Militons donc pour rendre l’argent utile et bâtir un autre modèle de société, une société socialiste, progressiste et solidaire parce que nos vies valent bien que les bourses.

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27 janvier 2009 2 27 /01 /janvier /2009 12:06

Man to man is so unjust

You don’t know who to trust

Your worse enemy

Could be your best friend

And your best friend

Your worse enemy.

 Some will eat and drink with you

Then behind them su, su, pon you

Only your friend know your secret

So only he could reveal it

Who the cap fit

Let them wear it.

 (…)

Some will hate you

Pretend they love you

Now, then behind they try to eliminate you

But who Jah bless, no one curse

Thank God, we are pass the worse.

Hypocrites and parasites

Will come up and take a bite

And if your night should turn to day

A lot of people would run away.

 And who stock fit

Let them wear it

Who the cap fit

Let them wear it.

  

(Aston & Carlton Barret, in Bob Marley & the Wailers, Rastaman Vibration, Tuff Gong Studio, April 1976)

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27 décembre 2008 6 27 /12 /décembre /2008 22:55

Première atteinte aux droits de l’homme, l’esclavage recouvre diverses pratiques, notamment la vente d’enfants, la prostitution enfantine, la  pornographie impliquant des enfants, l’exploitation de la main-d’œuvre, la servitude pour dettes, la mutilation sexuelle, l’utilisation des enfants dans les conflits armés, le trafic des personnes, la vente des organes humains, l’exploitation de la prostitution, etc.

Certaines de ces pratiques sont clandestines. Elles sont difficiles à découvrir et, de ce fait, à être sanctionnées. D’autres, comme l’utilisation des enfants dans les conflits armés, l’exploitation de la main-d’œuvre, sont connues. Mais la situation est tellement compliquée par le fait que les victimes de pratiques esclavagistes sont en général des personnes vulnérables que leur situation ne les encouragent pas à témoigner et/ou porter plainte.

D’aucuns ne contestent que ces pratiques sont largement répandues. Des multiples témoignages, des études et conclusions des rapporteurs spéciaux ont été présentés aux instances de l’ONU habilités, à savoir le Groupe de travail des formes contemporaines d’esclavage.

 

Si le travail des enfants est très demandé par son aspect bon marché, leur enrôlement et leur astreinte au service militaire demeure catastrophique quant aux conséquences. Certes, le travail imposé aux enfants est souvent pénible et dangereux, altère leur santé pour la vie, les prive d’instruction et les empêche de jouir pleinement de leur droit en tant qu’enfant. Mais on retiendra tout de même que beaucoup d’enfants sont morts ou ont été estropiés au cours d’opérations armées en Ouganda, au Rwanda, au Libéria, en Sierra Leone, en Somalie, en RDC, au Burundi…, tandis que d’autres, à l’exemple d’Omar Khadr à Guantanamo, ont été torturés, frappés ou incarcérés comme prisonniers de guerre.

 

Le recrutement, le transport clandestin et l’exploitation des femmes comme prostituées ainsi que la prostitution organisée des enfants dans plusieurs pays sont monnaie courante. Il est même établi des liens entre la prostitution et la pornographie (particulièrement celle qui implique des enfants), la promotion et le développement du tourisme sexuel. Dans son ouvrage, Mon combat contre la prostitution, publié aux éditions Jean-Claude Gawsewitch en 2007 (224 p.), Amely-James Koh Bela dresse, à travers de nombreux exemples observés sur terrain, un constat affreux de la situation de prostitution enfantine, féminine et masculine en France. S’étant rendu compte des profits substantiels en procurant des enfants venus de foyers démunis à des personnes aisées, des intermédiaires sans scrupule mènent d’opérations de commerce d’enfants.

 

La servitude pour dettes ne diffère pas de l’esclavage dans sa forme la plus traditionnelle. Ne pouvant pas payer sa dette, l’emprunteur se trouve dans une situation où il est obligé de travailler sans aucune possibilité de quitter sa besogne tant qu’il ne s’est pas acquitté de son dû. Et le plus souvent, ses enfants héritent de la dette et, ainsi, la servitude.

 

Quoi qu’il en soit, l’esclavage est un état d’esprit. Il a été aboli mais pas complètement éliminé. Le droit international porte un intérêt particulier à l’esclavage. Des traités, conventions et déclarations ont été adoptées au 19ème et 20ème siècle, notamment la Convention relative à l’esclavage (1926), la DUDH (1948), la Convention pour la répression de la traite des êtres humains et de l’exploitation de la prostitution d’autrui (1949), la Convention supplémentaire relative à l’abolition de l’esclavage, de la traite des esclaves et des institutions et pratiques analogues à l’esclavage (1956), le PIDCP (1966), la Convention relative aux droits de l’enfant (adoptée en 1989), etc.

Des comités ont été créés en vertu de chacun des Pactes et de chacune des conventions. Ils surveillent l’application de ces textes par les Etats parties. Le Groupe de travail des formes contemporaines d’esclavage reçoit des informations des Etats sur les mesures prises pour mettre en œuvre les différents instruments internationaux. L’OIT joue un rôle non négligeable en ce qui concerne le travail et l’exploitation des enfants (cf. Convention n° 138 de l’OIT). L’OMS, l’UNESCO, l’UNICEF, l’UNHCR, la justice pénale internationale, l’INTERPOL… ne croisent pas les bras. Mais le combat est encore rude. Mobilisons-nous pour mettre fin à ce fléau qui se répand et cause beaucoup des dégâts humains.

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16 août 2008 6 16 /08 /août /2008 10:21
     « Si la thèse et l’antithèse libérale ont effectivement dominé l’étude des relations internationales, il y a eu de la place pour des approches dissidentes. C’était vrai avant que ne naissent les relations internationales, c’est vrai depuis que celles-ci se sont constituées en champ universitaire. Pour preuve, le troisième débat inter-paradigmatique, relevé par Banks justement, et opposant, à partir de la fin des années 1960, le réalisme stato-centré aux approches non stato-centrées que sont l’analyse marxiste et la perspective transnationaliste », soutient Dario Battistella. Cette affirmation souligne le profond renouvellement qu’a connu la science des relations internationales au cours de son évolution quant à ses concepts, ses approches et questionnements, ainsi que sa production scientifique.

     En effet, si la poloitique internationale donne lieu à des innovations ou à des inflexions conceptuelles et/ou méthodologiques, l’étude des relations internationales   ne doit plus s’inscrire uniquement en termes militaires et/ou géostratégiques, mais aussi sous l’angle de la sociologie parce que, selon Andrew Moravcsik cité par Dario Battistella, « les relations que les Etats entretiennent avec les contextes sociaux interne et transnational dans lesquels ils sont ancrés déterminent leur comportement international en influençant les objectifs sociaux sous-jacents à leurs références ».  Aussi, faut-il souligner que le contexte postcolonial et d’après guerre-froide de systématisation d’une posture réflexive des relations internationales telle qu’elles sont constituées et cristallisées dès la fin de la première guerre mondiale est propice non seulement à l’innovation paradigmatique, mais aussi à l’introduction d’un nouvel cadre d’analyse.  En  voyant dans les individus et la société civile des acteurs à part entière de la politique mondiale et en soulignant les liens d’interdépendance reliant entre eux l’ensemble des acteurs, étatiques ou non-étatiques, la perspective transnationaliste montre que, outre les Etats, les relations internationales se rapportent également à divers acteurs et, par conséquent, porte sur différents objets dont l’histoire, la sociologie, l’économie, le droit, l'ecologie, etc. Ainsi mis en perspective, il importe d’esquisser les aspects conceptuels et définitionnels pour comprendre l’enchevêtrement des relations internationales africaines, ainsi que l’ensemble d’interactions complexes d’origine diverses à vocation et à destination transfrontalières qui se déroulent entre les unités étatiques ou non étatiques faisant partie du système ou du champ.

Aspects conceptuels et définitionnels des relations internationales africaines.

     C’est depuis les indépendances que l’Afrique est concrètement devenue un acteur international. Non seulement les pays africains ont connu une progression démographique remarquable, mais aussi ils ont su maintenir les frontières constitutives d’Etats-nations en voie d’émergence et réalisé des transformations structurelles considérables. Philippe Hugon affirme : « L’Afrique a une histoire politique très riche ; elle a expérimenté toutes les formes d’organisations sociales et politiques allant des modèles centralisés à des sociétés segmentaires, du contrôle des grands espaces sahéliens à des contrôles d’espaces limités ».

     En évoquant les relations internationales africaines on fait allusion à un certain nombre de questions qui concernent particulièrement l’Afrique, continent à la fois unitaire, transnationale et multiple ; cette Afrique où les relations de société à société sont anciennes et précoloniales et où les solidarités préférentielles structurent le champ des relations internationales, chaque région étant une aire des relations internationales particulières ». C’est également question des problèmes liés à une Afrique politique, constituée par des institutions et des conventions internationales.
 
    En effet, pour éviter toute interprétation contraste et pour un même champ de raisonnement scientifique des relations internationales africaines, il importe de réunir les concepts dans des nouveaux paradigmes et cadres d’analyse en élucidant la dynamique de l’Etat. Certes, la politique internationale a toujours été constituée de multiples processus d’interprétation, d’imbrication, d’interaction sociétale, de connexions et d’interdépendances ». De ce fait, comme l’écrit Luc Sundjoun, cité par Philippe Hugon, « les oppositions réductrices et essentialistes stato ou multicentrées qui dominent la science des relations internationales doivent être relativisées ». Avec les changements dans la politique mondiale, le renouvellement de la théorie des relations internationales à partir des années 1970, et l’apparition des nouveaux questionnements portés par l’apport de disciplines comme la sociologie des mouvements sociaux, ainsi que la réflexion sur l’articulation « interne/externe » et « local/mondial », des menaces autres que militaires sont désormais prises en considération et distinguées des unités de référence autres que l’Etat. Cette conception élargie des relations internationales dénote une remise en cause de l’approche réaliste de l’Etat. C’est, entre autres, Joseph Nye et Robert Keohane qui, dans « Transnational Relations and World politics », ont été parmi les premiers à affirmer la nécessité de construire un nouveau modèle d’analyse. Cette affirmation a été reprise par Karl Kaiser qui dit : « le modèle stato-centré de la politique internationale reflète moins la réalité internationale qu’il n’accentue certaines caractéristiques de celles-ci, celles concernant les relations entre les seuls Etat-nations (inter nationes), il faut compléter l’approche en termes de politique internationale par une approche en termes de société transnationale, définie comme système d’interaction, dans un domaine particulier, entre acteurs sociétaux appartenant à des systèmes nationaux différents, et soulignant les relations nouées entre eux par deux types d’acteurs sociétaux que sont d’un côté des organisations relativement structurées que des unités opérant dans différents Etats (l’Eglise catholique romaine, les firmes multinationales, les organisations internationales non gouvernementales) et de l’autre des entités à peine organisées telles que les mouvements d’étudiants et le tourisme ». C’est dans cette perspective que Bertrand Badie et Marie-Claude Smouts définissent les relations transnationales comme étant « toute relation qui, par la volonté délibérée ou par destination, se construit dans l’espace mondial au-delà du cadre étatique national et qui se réalise en échappant au moins partiellement au contrôle et à l’action médiatrice des Etats ». Cette rupture avec le stato-centrisme dans l’étude des relations internationales met l’accent sur l’impact des acteurs non étatiques et de leurs relations transnationales sur la politique internationale » que Joseph Nye et Robert Keohane préconisent : « si alors on veut accéder à une bonne compréhension du monde contemporain, l’étude des effets réciproques entre relations transnationales et système interétatique est indispensable ».

     Par ailleurs, à cette conception des relations internationales, s’ajoute le fait que l’Etat subit la concurrence accrue d’autres acteurs et, par voie de conséquence, l’analyse réaliste, même formulée dans le « systémisme », ne correspond plus à la réalité observée sur la scène internationale, surtout en Afrique postocoloniale. En effet, non seulement les Etats n’ont plus et n’ont jamais eu un rôle exclusif sur la scène internationale et que, dans un contexte où les échanges s’intensifient, l’on observe aujourd’hui une diversification accrue des acteurs du système international ; mais aussi, se référant au modèle de l’Etat-nation qu’elle représente comme universel alors qu’il correspond seulement aux particularités historiques de l’Etat occidental, la théorie réaliste ignore les réalités sociologiques, institutionnelles et politiques que recouvre les constructions étatiques.  De ce fait,  comme l’atteste Dario Battistella, « le paradigme stato-centré fournit une base inadéquate pour l’étude de la politique mondiale en changement », parce que d’autres acteurs interviennent sur la scène internationale et que les Etats entrent en relation avec des acteurs différents par leur statut, leurs modes et logiques d’action et leur organisation.

      « En relations internationales, on considère comme acteur toute entité dont les actions transfrontalières affectent la distribution des ressources et la définition des valeurs à l’échelle planétaire », écrivent Marie-Claude Smouts, Dario Battistella et Pascal Venesson. De cette définition, il en découle qu’un « acteur » international est une entité (personne physique ou morale, autorité politique, culturelle ou cultuelle, groupes d’individus ou de pression, …) qui intervient dans un espace qui dépasse le territoire d’au moins un Etat. Ceci étant, comme le souligne Robert Keohane et Joseph Nye, il faut passer au « paradigme de la politique mondiale » qui, selon Dario Battistella, « reconnaît comme acteur à la fois les Etats, les acteurs infra-étatiques (c’est-à-dire les sous-unités formant l’appareil gouvernemental et administratif) et les acteurs non étatiques, et qui se propose comme objet d’étude à la fois les relations interétatiques, les relations transgouvernementales, et les relations transnationales », parce que chaque acteur répond à des logiques d’actions qui lui sont spécifiques.

     En effet, si l’Etat répond à la souveraineté nationale, au territoire et à la puissance, il faudra admettre que les organisations internationales répondent à la régulation dans différents domaines, notamment les conflits, les échanges commerciaux, économiques et financiers, coordination technique ; les ONG à des logiques de solidarités; et les mouvements sociaux et politiques à des logiques des contestations et des réseaux (diasporas, lobbies, etc.). La montée en puissance de ces « autres acteurs » a eu pour effet de modifier la place des Etats et, selon Jessica Tuchman Mathews, joue un rôle prépondérant dans la distribution et l’exercice du pouvoir dans les relations internationales. Toutefois, la nouveauté n’est pas dans l’existence de ces acteurs non étatiques, mais dans leur puissance et l’impact de leurs actions dans les relations internationales. Ce qui pose la question de l’émergence de nouvelles formes de régulation, qui associent ces acteurs de statuts et organisations différents, imposent une redéfinition de la perspective d’analyse afin d’élargir le champ d’observation et de prendre en compte les interactions complexes tant celles des Etats avec d’autres acteurs que celles des différentes sphères. D’où la théorie de l’interdépendance complexe (R. Keohane et J. Nye) et l’acheminement vers un nouveau paradigme, le paradigme de rupture (James Rosenau). Ils préconisent la rupture des anciennes solidarités (patriotisme, nationalisme) - qui, autrefois, facilitaient le rassemblement des membres d’une « même communauté » -, et reconnaissent l'apparition de nouveaux groupes d’allégeance qui, depuis la chute du mur de Berlin (1989), l’éclatement de l’URSS (1991) et les attentats terroristes du 11 septembre 2001, font apparaître sur la scène internationale deux types d’acteurs : acteurs souverains (les Etats) et acteurs libres de souveraineté (les entreprises multinationales, les groupes ethniques, les bureaucraties institutionnelles, les partis politiques, les gouvernements régionaux, les organisations confessionnelles, etc.).

     Ainsi dit, les dynamiques de changement dans la politique internationale se situeraient à différents niveaux ou paramètres d’analyse, à savoir : le niveau « macro » ou paramètre structurel, le niveau « micro » ou paramètre individuel et le niveau « micro-macro » ou paramètre rationnel. En effet, la « turbulence » est déclenchée par un processus de réalignement de ces paramètres. Elle est radicale parce que le système Westphalien avait garanti une certaine stabilité en imposant des contraintes profondes qui avaient été sources de régulation dans les relations internationales. Mais comme, depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, la politique internationale a perdu son caractère prévisible, les repères traditionnels d’analyse ont, progressivement, perdu leur pertinence. Il convient alors à la recherche de se défaire de sa « prison conceptuelle » et passer à l’observation de ce qui est « potentiel » dans les relations internationales (a « method of potential observability »).


     La conception sociopolitique des relations internationales africaines permet de détecter l’existence d’une dynamique commune, au-delà des trajectoires historiques spécifiques à chaque cas. L’approche transnationale, en tant que méthode d’analyse, permet d’observer les changements qui se sont opérés au niveau local, sous-régional et régional pour comprendre ceux qui interviennent au niveau mondial. James Gleick ne souligne-t-il pas que « la turbulence est un sacré désordre à toutes les échelles, de petits tourbillons à l’intérieur de grands tourbillons »? Cette « bifurcation » qui se produit au sein des relations transnationales fait qu’il n’y ait plus, dans les relations internationales, un principe d’ordre, mais des principes d’ordre multiples, des temps, rationalités et centres différents ; une sorte de « dédoublement du monde » qu’il paraît tout aussi légitime de faire de l’approche transnationale un courant à part entière des Relations internationales. L’innovation la plus importante est constituée par le fait que l’individu est au cœur de l’observation en tant qu’acteur qui s’inscrit dans la société (micro ou macro) en fonction de ses intérêts et des perceptions qu’il en a. Ce qui répond à l’appel de Bertrand Badie et Marie-Claude Smouts qui, constatant la crise de l’Etat-nation et poursuivant l’objectif de renouvellement des perspectives, proposent un nouveau « fil conducteur », qui relie un grand nombre de phénomènes, lancent des pistes et appellent à une « recomposition du savoir » en relations internationales en cherchant surtout à provoquer une révision méthodologique et épistémologique. Il faudra cependant souligner que cette tentative était déjà en route depuis les années 1980 lorsque l’Ecole de Copenhague, menée par Bary Buzan (actuellement à la tête de l’Ecole anglaise), élucida les dimensions régionales et non étatiques de la sécurité à partir de l’étude de la perspective néo-réaliste modifiée, laquelle met en opposition la situation sécuritaire des superpuissances et des autres Etats. Dario Battistella rapporte : « Bary Buzan postule lui aussi que l’anarchie internationale confronte tout Etat au dilemme de la sécurité. Il estime cependant que les réalistes ont tort d’appréhender les problèmes de sécurité d’un Etat au niveau de l’analyse systémique : autant que cette approche est valable pour les superpuissances dont la sécurité est effectivement en jeu au niveau du système international dans son ensemble, autant elle se révèle inadaptée à l’étude des problèmes de sécurité des autres Etats. En effet, le réseau global d’interdépendance dans la quelle est ancrée leur sécurité est, de façon significative, médiatisé par les effets de la géographie : toutes choses égales par ailleurs, c’est dans ses voisins, avec lesquels il partage une histoire, qu’un Etat voit d’abord une menace – ou non – pour sa sécurité. Désireux de proposer un outil analytique soulignant cette dimension régionale de la sécurité, Buzan forge alors dans People, States and Fear la notion de complexe de sécurité » qu’il faut appliquer dans l’étude des relations internationales africaines.

     En effet, outre la sécurité militaire qui se traduit par les capacités offensives et défensives, on distingue la sécurité politique (stabilité institutionnelle des Etats), la sécurité économique (accès aux ressources et bien-être), la sécurité environnementale (sauvegarde de biosphère) et la sécurité sociétale (identité ethnique, culturelle et cultuelle). Au demeurant, c’est cette dernière notion qui constitue une rupture paradigmatique, en ce qu’elle procède à un changement de référent de la sécurité. Il en va de même que, obéissant au postulat de Durkheim qui définit les sociétés comme des « entités formées par des ensembles d’individus qui, sur la base de croyances et de sentiments communs d’ordre national et/ou religieux, se sentent liés entre eux par une forme de conscience collective distincte de – et supérieur à – la somme des consciences individuelles », l’école de Copenhague, par la voie de Ole Waever, affirme  que « (…) la notion de sécurité sociétale, synonyme de survie identitaire, renvoie au "nous" qui se reproduit en se distinguant des "autres ": tout ce qui constitue une menace existentielle à la survie de ce nous, qu’il s’agisse d’une nation, d’une ethnie, d’une communauté religieuse, est potentiellement une question sécuritaire ».  De cette acception, il en résulte que les menaces à la sécurité sociétale sont plus subjectives qu’objectives. Par voie de conséquence, toute étude doit consister en l’analyse du processus par l’intermédiaire duquel un groupe sent son identité menacée, et à l’étude des comportements concomitants. D’où la pertinence des questionnements de James Gleick formulés en ces termes : « Que se passait-il au commencement de la turbulence ? Existe-t-il des phases intermédiaires précédant l’installation définitive de la turbulence? » Alors, moins d’être une rupture, cette tentative théorique représente un renouvellement véritable des études des relations internationales dans la mesure où les questions de la sécurité internationale ne peuvent plus être abordées uniquement selon les perspectives classiques (le réalisme qui privilégie les conflits d’intérêts des Etats et/ou le libéralisme qui met en avant les interdépendance par le marché et parlent de PVD), surtout lorsqu’il s’agit d’étudier les lignes continues de la question de sécurité en Afrique. Même si les transnationalistes ont pour point de départ la même unité fondamentale d’analyse que les libéraux, à savoir l’individu, agissant seul ou en groupe, ils ont une conception fondamentale différente de cet acteur qu’est l’individu, des relations qu’il entretient avec l’Etat, du rôle qu’il joue sur la scène mondiale.

     Très souvent, on oppose "l’Afrique internationale territorialisée autour d’Etats-nations" à "l’Afrique organisée autour des réseaux transnationaux". Cette confrontation traduit les interactions entre l’inter et le transnational, c’est-à-dire la dimension interne et internationale qui, n’excluant pas le nationalisme territorial, est  utilisée pour montrer que l’artificialité de la frontière ne résiste pas à l'épreuve de force des identités ethniques dites primordiales. La fragilité et l’instabilité conséquentes expliquent l’échec de la construction de l’Etat-nation et les conflits qui minent l'Afrique, surtout à partir des années 1960, sous la bannière du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Jean-Pierre Saez explique cet affaiblissement remarquable des Etats-nations traditionnels en ces termes : « les Etats-nations voient leurs projets d’intégration se désagréger. Cette crise advient sous la poussée de facteurs internes, externes et transversaux : remise en question des grandes institutions nationales, complexification des problématiques de la diversité culturelle et émiettement du corps social ». De ce postulat, « le concept de l’Etat défini comme organisation du politique à l’échelle de la société globale, telle qu’elle est construite par les peuples et les citoyens à un moment historique donné de leur évolution, pour faire face aux enjeux et défis qui pèsent sur leur destin commun, ne peut être réduit à un modèle unique, fut-il celui de l’Etat-nation » (Mwayila Tshiyembe) dont les conséquences restent remarquables, à savoir la marginalisation de certains citoyens, notamment les minorités, les « étrangers » (ces « autres » différents de « nous »). C'est ainsi que, dans certains pays, l’Etat se découple plus gravement encore de la population et devient une entité captive, entre les mains d’une petite fraction de la population : une ethnie, un parti politique ou autres réseaux. Ce qui implique la remise en question de sa légitimité. Aussi, faut-il mentionner que, plus souvent, le gouvernement est confondu avec l’Etat. Et pourtant il s’en distingue. D’autant plus que l’Etat est une continuité alors que les gouvernements tombent lors de chaque échéance électorale ou lors d’un coup d’Etat. Si, dans la théorie, le gouvernement représente la population de l’Etat (les citoyens ou la nation), dans les faits, est-il l’émanation de la population par le biais d’élections libres et démocratiques, ou la chasse gardée d’un acteur (parti politique), d’un peuple (ethnie, clan), d’une confession religieuse ou d’une autre structure ? Beaucoup de conflits africains naissent de ces situations faussées dans lesquelles le gouvernement ne représente pas la population mais une partie de celle-ci. Certains Etats sont accaparés par les peuples ou les groupes (dynastie, castes, tribus, clans, ethnies, religions, etc.) au pouvoir.

    Ainsi démontré et face aux questions que soulèvent les évolutions de la science des relations internationales, il importe de repenser les connaissances produites sur la théorie de l’Etat en Afrique. Il s’agit d’arracher l’Afrique au présent ethnologique pour le soumettre aux exigences d’une analyse dynamique, laquelle analyse suppose l’émergence d’une sociologie politique de l’Afrique qui permettrait de mieux comprendre les similitudes et les différences entre les phénomènes politiques africains et ceux des autres régions du globe. D’autant plus que, comme l’écrit Guillaume Pambou Tchivounda, « l’absence d’homogénéité de la mentalité africaine reflète la diversité ethnosociologique de ce continent, qui est notamment une caractéristique dominante des Etats au sud du Sahara. (…). Chaque Etat est une mosaïque d’ethnies, l’ambition de l’Etat postcolonial étant de les rassembler ». Cependant, force est de constater l’échec de cette démarche unitariste du modèle occidental de l’Etat-nation qui a anéanti toute idée de rassemblement ethnique parce que, paradoxalement, ce modèle préconise la valorisation de l’élément ethnique. Cela étant, la question qui se pose est de savoir quel est le modèle étatique convenable pour l’Afrique. Il convient d’interroger la dynamique de l’Etat en Afrique.

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14 août 2008 4 14 /08 /août /2008 23:49
Ils sont plus de 10 millions ces hommes, ces femmes, ces enfants qui ont quitté leur pays pour venir vivre en France pour des raisons diverses. Gouvernement et patronat ont fait appel à eux dans les années 1960 pour répondre aux nécessités économiques. En 1974, cette immigration a été bloquée. Mais elle s'est renouvelée: nous assistons aujourd'hui à une jeune génération des immigrés qui n'a rien à voir avec celle des années d'antan. Il y a, d'une part, ceux qui sont venus en bas âge et/ou ceux qui sont nés en France et, d'autre part, ceux qui sont venus en France fuyant les terreurs des régimes dictatoriaux et tyranniques. Toutes les deux catégories ont un point commun: ils remplacent leurs prédecesseurs dans les mêmes fonctions économiques, avec la même précarité. L'exploitation dont ils sont victimes, les conditions de vie qui leur sont réservées, la répression policière qu'ils affrontent, les atteintes de leurs libertés fondamentales sont souvent dénoncées. Mais leur situation ne s'améliore pas pour autant. Par contre, le pouvoir actuel laisse entendre que leur expulsion serait une solution à la crise de l'emploi et au déficit budgétaire que connaît le pays. Les refoulements et les conduites à la frontière se multiplient, un climat de xénophobie et de racisme est entretenu impunément. Face à cette situation, la question qui se pose est de savoir quel est le pays de ces immigrés aussi bien ceux qui sont ici depuis une dizaine d'années que pour ceux qui sont nés ici?

Résolument déterminés pour mener un combat pour l'égalité des droits, nous ne pouvons accepter que notre pays s'alimente des cerveaux des pays du sud (immigration choisie) pour les exploiter sur place et les éjecter. C'est pourquoi nous réclamons le droit au séjour et au travail pour ces immigrés et demandons l'abrogation de la procédure administrative d'expulsion. Nous proposons une autre conception de la citoyenneté non seulement fondée sur le fait d'être né dans un pays ou d'avoir opté pour une nationalité, mais également reconnue à ceux qui vivent et travaillent dans ce pays, le droit de vote reconnu pour les élections locales aux immigrés. Par leur travail, les immigrés ne contribuent-ils pas à l'enrichissement national, n'alimentent-ils pas le budget en payant les impôts directs et indirects? Ne participent-ils pas au financement des collectivités locales par leurs impôts locaux? Ne sont-ils pas tributaires des décisions prises par les élu(e)s que ce soit au niveau de leurs droits comme à celui de leurs conditions de vie? Mais ils n'ont aucun droit d'expression politique: ni électeurs ni éligibles, ils n'ont aucun contrôle sur les décisions qui le concernent. Pour les femmes restées au pays vivant séparées de leurs maris avec la charge d'élever seules leurs enfants et dépendantes de la réception du mandat de Western Union, nous demandons le droit au regroupement familial (qui est mis à mal actuellement) sans aucune condition.

Nous sommes formellement résolus à combattre le racisme et sommes pour le droit à la différence, parce que la tendance est aujourd'hui de revenir à la politique assimilationniste de 1974. Contrairement aux pratiques du moment qui, pour rappeler aux immigrés qu'ils ne sont pas d'ici, qu'ils devraient "rentrer chez eux", parle de droit à la différence, pour nous le droit à la différence c'est: - le maintien de la langue d'origine et de façons de vivre propres à une communauté, - la possibilité de s'exprimer et de s'organiser à leur façon au sein des structures associatives, - le droit de vivre et de travailler en France sans aucune contrainte de normes culturelles.

Dans le cas contraire, c'est comme me disait mon voisin, je cite: "les immigrés, on veut bien les supporter, mais sans leur accent, sans leurs odeurs de cuisine, sans leur musique, sans leur exubérance".
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