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16 mai 2008 5 16 /05 /mai /2008 19:36
Vérifiant la pertinence de l’argumentation de John Mueller qui considère obsolète les guerres majeures (majors wars), Fortmann et Gomand constatent que les guerres restent dans les États périphériques et/ou les États nouvellement créés, l’Afrique en pôle position. Toutefois, les analyses de la conflictualité sont loin d’être exhaustives. Ne pouvant plus se faire exclusivement dans l’optique de la guerre froide, l'étude du phénomène belligène présente une chaîne causale qui, tout à la fois, pose la question de la formation de l’Etat-nation. Alors que la tradition réaliste préconise la lecture « étatiste » des relations internationales, l’analyse des conflits armés fait face à une multitude d’acteurs (armée régulière, factions rebelles ou dissidentes, milices armées, …) qui apparaissent, changent d’aspect, disparaissent et réapparaissent. Les belligérants prennent une orientation différente selon les codes de légitimité à telle enseigne que « la guerre est devenue, à l’époque moderne, un problème en soi ». En effet, étudier le phénomène des guerres contemporaines qui sévissent l’Afrique, exige une analyse historique, sociologique et politique fondée sur une approche multidisciplinaire et une culture géopolitique qui permettent, à la fois, l’examen exploratoire et le discernement des évolutions des formes des conflits.

Plus souvent, on invoque l’histoire pour analyser les conflits. Dans l’Esprit des lois, Montesquieu, cité par Raymond Aron, souligne la part de la culture et de l’héritage historique en ces termes : « Plusieurs choses gouvernent les hommes : le climat, la religion, les lois, les maximes du gouvernement, les exemples des choses passées, les mœurs, les manières ; d’où il se forme un esprit général qui en résulte ».  En effet, construire une réflexion approfondie des conflits armés dans le système international contemporain, en insistant sur plusieurs unités d’analyse et, surtout, la sociologie politique de différents acteurs (État, populations, institutions internationales, grandes puissances, anciennes puissances coloniales, …) permettrait de dépasser le sens commun et simplifié véhiculé par certains regards pour traduire la nature de certains types de conflits armés (guerres tribales, guerres interethniques, etc.).

En effet, pour éviter toute interprétation contraste et pour un même champ de raisonnement scientifique des conflits armés, il importe de réunir les concepts dans des nouveaux paradigmes et cadres d’analyse. Ainsi dit, les conflits armés, notamment africains, résultent de l’enchevêtrement de plusieurs facteurs ayant chacun leur propre temporalité (l’épopé pré-coloniale, coloniale et postcolonial) et mettent en jeu une pluralité d’acteurs, d’alliances et de mobiles que leur explication implique des approches pluridisciplinaires, notamment la théorie de la naissance de l’Etat.


Les crises qui touchent l'Afrique sont multidimensionnelles. D’Algérie à Zimbabwe, en passant par l’Angola, le Burundi, le Congo, la Côte d’Ivoire, l’Érythrée, l’Éthiopie, la Gambie, la Guinée, le Liberia, l’Ouganda, la RCA, la RDC, le Rwanda, le Sénégal, la Sierra Léone, la Somalie, le Soudan, le Tchad,… en évoquant l’Afrique, il est presque toujours question des guerres identitaires et conflits frontaliers. Et c’est pour des raisons qu’explique Raymond Aron : « chaque peuple se juge investi d’une mission unique et confond la grandeur de sa culture et la puissance de son État. Quand cet orgueil est celui d’une collectivité de grande envergure, il entraîne l’unité politique vers l’agressivité et l’aventure. Quand il prend pour objet une collectivité étroite, il provoque la désintégration des États et la multiplication d’unités trop petites ».

De la guerre d’Ogaden qui opposa la Somalie contre l’Éthiopie (1964 et 1977 - 1978) à l’incident frontalier de Badmé qui, de 1998 à 2000, mis aux prises les « deux frères ennemis de la Corne de l’Afrique » - l’Érythrée et l’Éthiopie, - et la guerre civile qui éclate l’Etat somalien depuis 1990, la Corne de l’Afrique suscite une curiosité particulière pour comprendre les contours et les détours des antagonismes liés à la construction de l’Etat en Afrique. Christopher Clapham souligne : « la relation entre guerre et formation de l’Etat est beaucoup plus étroite dans cette région qu’ailleurs, plus longue aussi, et où elle peut donc être analysée de manière plus significative que dans d’autres régions du continent. La République de Somalie offre l’exemple le plus net d’un effondrement de l’Etat sous la pression d’une guerre menée tout d’abord contre l’Éthiopie, puis entre différentes factions à l’intérieur du territoire national. Le micro-Etat de Djibouti doit encore largement sa survie au soutien de son ancienne métropole. Mais les deux pays très proches, l’Éthiopie et l’Érythrée, offrent à coup sûr d’excellents exemples du lien entre guerre et formation de l'Etat sur le continent africain.»

La dynamique actuelle et les nouveaux positionnements des différents groupes ethniques et politiques belligérants semblent attester la prééminence du sentiment national sur d’autres choix idéologiques ou politiques. Mais, il faut souligner que l’histoire politique de la Corne de l’Afrique est caractérisée par des guerres de conquête entre différents groupes. Le recours à la guerre était fréquent puisque chaque groupe ne pouvait que compter sur ses propres forces pour survivre et, généralement, les conflits reposaient sur les ambitions rivales des personnes ou des communautés. Ce n’étaient ni des guerres interétatiques ni des guerres civiles, deux caractéristiques principales de l’activité belliqueuse dans les sociétés en Etats ; mais une forme de ce que Hubert Deschamps appelle « anarchies équilibrées ». C’est-à-dire, les guerres de tribus, guerres de clans, guerres de seigneurs féodaux, guerres de croisade, etc. Ainsi dit, le phénomène belligène de la Corne de l'Afrique s'enracine dans un passé très ancien et ne peut être compris que par référence à ce passé.

Avec la colonisation, la configuration des relations entre les individus, les familles, les tribus, les clans, les ethnies, les nations et les États ont changé de nature et pris une autre ampleur. Les référents culturels ont été modifiés par la confrontation avec d’autres référents liés à la colonisation qui imposa d’autres systèmes de valeurs d’où est né un synchrétisme aussi bien sur le plan culturel et normatif que structurel. Ainsi dit, comme l’affirme Philippe Hugon, « les héritages coloniaux sont essentiels pour comprendre la géopolitique africaine actuelle. Le colonisateur a dessiné des frontières certes largement artificielles mais celles-ci sont apparues intangibles (…) ».

Les frontières issues de la colonisation ont donné aux identités africaines de significations nouvelles et entraîné une « redéfinition des structures de pouvoir, soit par l’émergence de nouvelles élites qui faisaient anciennement partie des groupes dominés, soit par les jeux d’alliance ». Et comme on peut le constater dans la répartition des populations et des cultures, la corne de l'Afrique est devenu un empire morcelé. Cette fragmentation a eu pour effet, d'un côté, de diviser des ensembles socioculturelles (ou groupes ethniques) qui présentent une certaine homogénéité – comme les Tigréens, les Issas, les Afars et les Somalis – et, de l'autre côté, regrouper dans un même espace territorial des populations qui ont des fortes différences entre elles au niveau de leur mode d'organisation, de leurs croyances et de leurs langues; des ethnies qui n'ont en commun que leur histoire coloniale. Ces regroupements et/ou divisions faites par les puissances coloniales n'ont pas été sans conséquences dans la Corne de l'Afrique: les colonisations française (Djibouti, 1884), britannique (Somaliland, 1884), éthiopienne (Ogaden, 1891), et italienne (Somalie, 1897; Erythrée, 1896 ) ont scindé les peuples Somali et Tigréen, Afar et Issas; favorisé la création d'Etats qui ne correspondent nullement aux réalités ethniques et/ou nationales et se sont appuyées sur des minorités ethniques et/ou nationales pour asseoir leur domination coloniale. Et, désormais, la citoyenneté ne peut s’exercer que dans les seules limites du territoire national. Or, celles-ci excluent certains membres de l’ethnie qui, pourtant, du même espace culturel, linguistique, historique, appartiennent à un autre Etat, lui-même, issu de ces frontières issues de la colonisation. Dans cette perspective, la tendance est de postuler que les guerres qui sévissent la Corne de l’Afrique aujourd’hui seraient des séquelles lointaines de l’impérialisme européen. Néanmoins, le maintien de ces frontières est apparu comme garantie pour la paix et la sécurité en Afrique. D'où la du principe d'intangibilité des frontières dans la Charte de l'OUA qui, dès son premier Sommet des Chefs d’Etat et des gouvernements (Caire, 1964), exprime son engagement à respecter les frontières exista au moment où ils ont accédé à l'indépendance; et dans l'Acte Constitutif de l'Union Africaine signé à Lomé le 12 juillet 2000 qui, à son article 4 mentionne «le respect des frontières existant au moment de l'accession à l'indépendance» parmi ses 16 principes. Aussi, faut-il admettre que, malgré cette domination coloniale, la nature des sociétés de la Corne de l’Afrique demeure plurinationale. Les nations précoloniales qui furent marqueurs identitaires de ces entités territoriales multinationales, survécurent malgré leur morcellement et leur éparpillement sur plusieurs Etats. D’où, la distinction entre la nation juridique « Etat » et la nation sociopolitique dite « ethnie ». Celle-ci procède à la fois d’une communauté de caractères (langues, lien de sang, religion, histoire commune) et d’une volonté de vivre ensemble attestée. Elle représente le soubassement de la nationalité d’origine, dont l’Etat postcolonial se limite à constater l’existence.

Avec l’effondrement de l’URSS et malgré les appareils d’Etat qui, pendant longtemps ont réprimé avec véhémence les revendications ethniques, - comme toutes les autres formes de contestation politique d’ailleurs -, et avec l’approfondissement de la crise économique, la problématique des nationalités brimées et des minorités insoumises refait surface comme un enjeu des confrontations politiques. Les mouvements identitaires (ethniques, religieux, …) et/ou nationalistes viennent combler le vide politique créé par ce que Zartman Ira William appelle la « désintégration d’Etats ». Charles Zorgbibe explique : « Par-delà leurs traits permanents, les guerres civiles semblaient avoir pris une signification nouvelle dans le contexte de la guerre froide. La guerre civile ''classique'' était un conflit essentiellement interne à incidences internationales limitées ; la guerre civile ''moderne'' devenait le reflet de conflits internationaux généraux. (..). Sans doute  cette utilisation du concept de guerre civile était-elle encore trop partielle. Dans l'enclos planétaire, au-delà de leur nature formelle, guerre civile ou internationale, la plupart des conflits sont, d'abord, des conflits de légitimité. Pourquoi ne pas qualifier de guerre civile transnationale tout état du système international caractérisé par l’entrecroisement des luttes civiles et des conflits inter-étatiques » ? C’est ce que nous appelons « transnationalisme ethnique ». C’est-à-dire, la dimension interne et internationale des conflits interétatiques qui, n’excluant pas le nationalisme territorial, est « utilisée pour montrer que l’artificialité de la frontière ne résiste pas à l'épreuve de force des identités ethniques dites primordiales ». La fragilité et l’instabilité conséquentes expliquent l’échec de la construction de l’Etat-nation et les conflits qui minent la Corne de l'Afrique, surtout à partir des années 1960, sous la bannière du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Ainsi dit, les conflits infra et interétatiques que connaît la Corne de l’Afrique aujourd'hui, à savoir: la guerre civile en Somalie, le conflit somalo-éthiopien et le conflit Ethio-érythréen s'inscrivent dans ce registre des guerres identitaires aux confrontations transnationales. Comme dans les années 1960 et contrairement « au discours sur la fin des conflits », la Corne de l’Afrique reste une région instable, un champ de bataille, un tourbillon de violences transnationales où se combinent les renversements d’alliances stratégiques et volte-face diplomatiques qui confirment la thèse de «  transformations de la guerre ».

La dénonciation de l’échec de la construction de l’Etat en Afrique à partir du modèle occidental de l’Etat-nation est attestée par Bernard Badie et Pierre Birnbaum. Soulignant le décalage entre le modèle importé et la réalité des sociétés africaines qui, probablement, nécessitaient un autre type d’organisation, Bertrand Badie réfute la thèse soutenue par Jean François Bayart d’appropriation de l’Etat colonial par les Africains, et attribue l’échec de la construction de l’Etat-nation en Afrique à ce qu’il appelle « l’occidentalisation forcée » du monde qui impose les règles universelles, extrapolation qui n’a pas su réconcilier l’Etat et l’ethnie. Rappelons que
c’est après les « invasions barbares » et avec la chute de l’empire Romain que l’Europe du Moyen Age, à la fois trop prisonnière d’elle-même et trop morcelée par la féodalité, a commencé à avoir des visions amples de l’espace. De Henri le Navigateur (1394 – 1460) à Napoléon III (1808 – 1873), en passant par Charles Quint (1500 – 1558) et la guerre de Sept Ans (1756 – 1763), le regard du « vieux continent » s’est tourné vers la Méditerranée et l’Atlantique, à la conquête des terres et des mers, provoquant d’affrontements entre puissances. De Gênes et Venise au Cap (en RSA), en passant par l’Amérique et l’Asie, cet élargissement de l’horizon humain tel que concrétisé par Christophe Colomb (Amérique), Vasco de Gama (Afrique et Inde), Fernand de Magellan et les autres, a rendu l’acquisition des territoires un enjeu politique majeure. C’est dans cet ordre d’idées que les expéditions colonialistes ont été soutenues par les rois vers la fin du 18ème siècle.

Au sein même des empires coloniaux, les subdivisions  administratives se sont transformées, lors des indépendances, en frontières étatiques ; celles-ci ayant été tracées arbitrairement et en fonction des circonstances pour délimiter les territoires conquis, comme lignes de partage entre empires. C’est finalement dans ce contexte que l’Etat en Afrique apparaît comme un phénomène récent imposé par les puissances coloniales pour permettre l’identification de l’espace terrestre. Cependant, il importe également de souligner que le maintien de ces frontières-lignes séparant souverainetés est apparu fondamental pour la paix et la sécurité# et, de ce fait, la configuration étatique européenne ou l’idéologie « étatique nationale » telle qu’extrapolée en Afrique s’est, en dépit de ses contradictions, imposée comme lieu de cristallisation de la conscience politique et des relations internationales.  D’où les études coloniales et postcoloniales.


Cependant, « s’il est légitime d’accréditer la thèse selon laquelle le modèle de l’Etat-nation est une création spécifique de l’Europe occidentale, il est logique de penser, dans le même esprit, que de vieilles civilisations situées hors du champ historique et culturel de l’Occident avaient inventé leur propre modèle d’Etat, différent de celui de l’Etat-nation » occidental, écrit Mwayila Tshiyembe qui précise en outre qu’ il a bel et bien existé un modèle plural de construction politique en Afrique, lequel modèle possède ses propres représentations d’une part, et peut constituer une alternative théorique et politique au modèle de l’Etat-nation, d’autre part. Face aux questions que soulèvent les évolutions de la science des relations internationales, il importe de repenser les connaissances produites sur la théorie de l’Etat en Afrique. Il s’agit d’arracher l’Afrique au présent ethnologique pour le soumettre aux exigences d’une analyse dynamique, laquelle analyse suppose l’émergence d’une sociologie politique de l’Afrique qui permettrait de mieux comprendre les similitudes et les différences entre les phénomènes politiques africains et ceux des autres régions du globe. D’autant plus que, comme l’écrit Guillaume Pambou Tchivounda, « l’absence d’homogénéité de la mentalité africaine reflète la diversité ethno-sociologique de ce continent, qui est notamment une caractéristique dominante des Etats au sud du Sahara. (…) Chaque Etat est une mosaïque d’ethnies, l’ambition de l’Etat postcolonial étant de les rassembler ». En effet, si l’avènement de l’Etat est sorti triomphant, il n’en reste pas moins important d’en disséquer les signes et/ou le code qui procède de l’Etat.

Compte tenu de l’articulation entre le national, l’international et le transnational ainsi que du lien entre les différents niveaux d’analyse, il s’avère impérieux de se fixer des repères pour penser les réalités internationales et éviter une interprétation contraste. Considérant les motifs immédiats de la guerre – Casus belli - tels que décrits par Gaston Bouthoul, il importe de se consacrer aux causes, à la nature, aux transformations et à la typologie des conflits armés de la Corne de l’Afrique. Il s'agit d'expliquer et penser le phénomène belligène de cette Afrique orientale, une démarche qui implique un regard rigoureux sur les réalités polémologiques tant au niveau micro des acteurs qu’au niveau macro des ensembles qu’ils composent, - « structures » et « systèmes » -, et de fixer les paradigmes et cadre d’analyses afin de comprendre comment les rapports de domination qui engendrent des groupes sociaux croyant reposer sur l’origine commune et qui font de cette croyance le fondement même de leur alliance et/ou leur divergence influent sur les "relations internationales africaines". Dès lors, il convient de procéder à la définition des aspects conceptuels et théoriques qui permettraient, non seulement de comprendre les postulats qui expliqueraient les conflits qui sévissent la Corne de l’Afrique, mais aussi les différentes orientations politico-stratégiques. La dialectique entre l’ethnicité et l’avènement de l’«Etat scientifique occidental », Etat-nation,  conduit à l'explication de la façon dont les acteurs composent et/ou modifient leurs identités et définissent leurs intérêts. La guerre ayant pour origine plusieurs antagonismes, il s’avère important, de remonter aux origines et aux prémices de la situation belliqueuse. L'étude de l'évolution des formes de la guerre montre que le nationalisme n'est pas inadapté dans les sociétés communautaires. Seulement, loin d'être un « nationalisme de combat anticolonialisme » comme l'affirment Bertrand Badie et Marie-Claude Smouts, le nationalisme africain, tel qu'il se manifeste dans les pays de la Corne de l'Afrique, est un nationalisme de gouvernement. C'est-à-dire, une mobilisation par les dirigeants pour obtenir le consentement de la population, pour légitimer leur action, assurer l'identification des populations à l'Etat, généralement défini comme « une forme de construction identitaire». C’est pourquoi d'ailleurs, Roger Caillois, lu par Armelle Le Bras-Chopard, lie étroitement l’apparition de l’Etat à celle de la guerre.







 










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