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18 février 2008 1 18 /02 /février /2008 02:46

La fin de la guerre froide a vu s'imposer, dans les grands débats politiques et scientifiques, la question ethnique et resurgir ainsi des conflits de toute sorte que le nombre des conflits armés a considérablement accru dans le mond, surtout dans les Etats périphériques et Etats nouvellement créés.

Parlant des conflits qui minent l'Afrique, l'ethnicité possède conjointement une dimension historico-politique et une facette fondamentale de stratégie et de choix. On peut augurer que la lutte incessante pour le pouvoir finit par créer un processus ethnogenèse des conflits armés. Mais on pourra également  constater que, outre la résurgence d'anciens clivages "politico-ethno-historiques", la mobilisation politique ethniciste  qui incite à l'action collective identitaire facilite la mobilisation à grande échelle sous la banière nationaliste.

En effet, l'autodétermination des nationalités ou le "régionalisme ethnique" est une politique motivée par plusieurs raisons qui tiennent à la fois à la trajectoire historique et à des raisons conjoncturelles et stratégiques. Depuis le mileiu des années 1960, pratiquement toutes les organisations politiques se sont construites comme tentatives de solution au problème des nationalités. L'affirmation des droits des nationalités, codés en termes de "droit des peuples à disposer d'eux-mêmes" ou "droit à l'autodétermination", avait comme ambition de marquer la fin d'un cycle historique de la contestation. Bien que les dynamiques actuelles et les nouiveaux positionnements  des différents groupes ethniques et politiques  semblent attester la préeminence du sentiment national sur d'autres choix idéologiques ouu politiques, on retiendra, tout de même, que les différents mouvements de rébellion ne sont qu'une triste vicissitude qui entrave le rapprochement entre les commuanuatés ethniques. Et c'est d'autant plus que, en mal d'édification nationale et incapable de renoncer aux vieux réflexes militaires et d'assurer une transition vers un appareil d'Etat civil, développer les ressources et attirer les investisseurs étrangers, les dirigeants des Etats africains n'ont guerre su construire des conditions indispensables au développement des idées et à l'épanouissement de la démocratie. Ils se sont contentés d'un nationalisme à multiple facettes qui, à la fin, dérive  vers une sorte de paranoïa nationale.

Dans son article "les groupes ethniques et leurs frontières", Fréderic Bath affirme que le courant constructiviste appréhende la nation comme une sorte de transcendance de l'ethnie, articulée sur la mobilisation et la réinvention de la tradition. Fondées sur les faits politico-historiques, les attributions de l'appartenance ethnique ne sont  pas facultatives. Ceci dit, l'identité ethnique n'est pas une donnée fixe, définie une fois pour toute par des critères essentialistes. Elle n'est pas non plus une invention ou une construction de la science, mais au contraire un processus historique en interaction permanente avec les dynamiques sociales, politiques et écnomiques. Depuis l'exportation en Afrique de "l'Etat moderne" occidental, l'identité ethnique ne se forme plus exclusivement à travers les relations avec d'autres groupes ethniques, mais aussi et, surtout, à travers des relations avec l'Etat. C'est ce que nous appelons "ethnicité" dont la problématique ne saurait s'interpréter uniquement en termes culturelles, mais également au regard de la crise de l'Etat autoritaire d'une part et, d'autre part, des problèmes de consolidation démocratique que connaît la majorité des Etats africains.

L'ethnicité est donc le fait que les groupes ethniques s'organisent comme mouvement politique en rapport avec l'Etat. Lorsque ces mouvements s'organisent sur une base d'identité exclusivement ethnique, et si elles tendent de traduire leur identité par des revendications politiques vis-à-vis de l'Etat, sous forme des droits des minorités, d'autonomie politique, ou encore d'une sécession en vue de l'érection d'un Etat ethniquement homogène, ils sont qualifiés d'organisations ethnicistes. cependant, il y a également des cas où l'identité ethnique soit complètement transformée, menant à une scission de l'ethnie en plusieurs sous-groupes voire à l'abandon de l'identité ethnique existante au profit d'une nouvelle identité plus large, "la nation". Cette bifurcation est favorisée par un sentiment de déracinement et/ou de marginalisation qui résulte généralement de l'installation d'un Etat par un pouvoir  qui astreint les différentes identités ethniques existantes au profit de la nation. Ce processu s'accèlere davantage lorsque les membres de l'ethnie en question développent des théories politiques qui, de l'ethnisation, visent l'érection d'un mouvement national.

Au demeurant, l'ethnicité est une stratégie politique parce qu'elle, dans l'organisation de l'espace, une expression géographique forte, non sans incidence politiques. Certes, des résultats ont été acquis et des avancées réalisées au registre de la construction nationale, ou au nmoins de la viabilisation des Etats. Cependant, comme on peut le constater en Afrique, les graves situations d'implosions traduisent la dynamique conflictuelle dans le temps de l'ethnicité en tant que fait social et stratégie politique.

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