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20 décembre 2005 2 20 /12 /décembre /2005 20:08

      Si la justice est le résultat final de l'éthique, le droit en est la mesure de son crédit et l'égalité la premisse de la construction de toute société.

      Aucune classe ne doit être privilégiée par la loi, aucune. Les auteurs de la Déclaration d'indépendance des Etats-Unis ont placé les droits en tête des vérités évidentes sur la base desquelles ils se sont séparés de l'Angleterre et ont fondé leur propre société. Ils déclarent: «Nous tenons pour évidentes par elles-mêmes les vérités suivantes: tous les hommes sont créés égaux; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur."  En affirmant que " toute personne, en tant que membre de la société, a droit à la sécurité sociale (...) et à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé et son bien être», les Nations Unies considèrent le respect des droits comme la caractéristique d'une société civilisée. Les droits de l'homme constituent donc l'exigence et l'espoir de tout être humain.

      Cependant, comme le souligne Oscar Wilde:«la vie n'est jamais juste, et c'est peut-être mieux ainsi pour la pluapart d'entre nous», il y a encore un groupe des privilégiés dans ce monde. En France, par exemple, il n'y a pas officiellement de classes sociales qui interdiraient les ambitions et l'espoir des autres. Mais l'on sait bien qu'un brillant diplômé d'une université lyonnaise n'a pas autant de chances de réussir qu'un diplômé de l'ENA moyennement doué. On sait très bien qu'un "noir" intelligent, travailleur, instruit, n'a d'espoir de surpasser son homologue blanc et bourgeois. Serait-il la validation de l'acception de George Orwell, selon laquelle «tous les animaux sont égaux, mais certains sont plus égaux que d'autres»?

     Que l'égalité de chance existe ou non, ce qui importe pour nous est que la plupart des gens estiment qu'elle devait exister. Cela signifie que le phénomène de discrimination que nous vivons en France serait traité non comme une malchance ou un manque des capacités mais comme une trahison à la République et serait accueilli non pas avec résignation, mais avec dépit et avec violence. En effet, si les programmes contemporains de l'action affirmative (pour ne pas dire discrimination positive) sont critiquables, ils ne sont pas mauvais. Les réalités sociales font bien sentir la différence. Et même, quoi qu'on puisse reprocher à ces programmes de contingentement et de discrimination positive, il faut admettre que le mal, s'il existe, n'est pas du tout de la même nature.

     C'est déplorable qu'il y ait dans cette société, des individus qui considèrent encore que l'égalité de chance n'est pas un trait essentiel ni souhaitable de la justice, qui croient encore à l'hypothèse selon laquelle certains individus seraient "naturellement" supérieurs à d'autres et, par conséquent, mériteraient davantage de pouvoir, de statut et de respect, de richesse et de luxe que le reste de la population. Ce n'est pas notre opinion. Nous croyons en l'égalité, la vraie égalité. Et il importe d'avoir des idées claires sur cette croyance.

     Nous croyons d'abord que tous les individus sont égaux "devant la loi". Cela signifie que la loi n'a pas de préférences, que la loi est abstraite et générale. Bien évidemment, tout le monde sait qu'il est impossible que la limousine du président soit arrêtée pour excès de vitesse mais il n'est pas non plus superflu de croire que les mêmes lois doivent s'appliquer aux paysans comme aux hommes politiques, que la fiscalité doit être la même pour toutes les personnes.

     Nous croyons ensuite que nos particularités non fondées ne devraient pas empêcher une personne de progresser. Il existe beaucoup plus de différences injustifiées que ne le croient la plupart des gens. de ce fait, un individu ne devrait pas se voir refuser un emploi parce qu'il est noir, musulman, athé, juif, chrétien, homosexuel. Une personne ne devrait pas recevoir un salaire inférieur parce que c'est une femme. On ne devrait pas être privé d'une possibilité de promotion sous pretexte qu'on est handicapé. Il est vrai que la pertinence varie parfois avec le contexte: il est normal qu'un juif ne puisse pas être cardinal ou qu'un catholique ne puisse pas être Imam ou qu'un musulman ne puisse pas être rabbin. Mais nous serons indigné d'entendre un philosophe critiquer l'équipe de France de football parcequ'il est  majoritairement constituée par les "blacks."

     Ce qui nous agace dans cette République est que certains individus empêchent les autres d'avancer, de gagner leur vie pour des raisons qui n'ont aucun rapport avec le travail à faire et les compétences exigées. Jusqu'où la couleur de la peau d'un individu continuera-t-elle d'influencer les chances? Existe-t-il des postes pour lesquels les noirs et autres personnes de couleur ne peuvent pas être aussi compétents que les blancs?

     Nous croyons que deux personnes ayant les mêmes qualifications méritent les mêmes chances; que deux personnes faisant le même travail ont droit à la même rémunération et que deux individus ayant commis les mêmes délits ou crimes méritent les mêmes sanctions. Un homme politique qui insulte une femme devrait être traité de la même façon que le pauvre jeune de la cité qui insulte une personne. C'est la signification la plus évidente de l'égalité, et aussi l'aspect qui déclenchera le plus de fureur s'il est bafoué. Croire à l'égalité, c'est traiter les gens égaux sur un même pied d'égalité.

     Bien que ce soit difficile à cerner, nous croyons encore que tous les individus sont égaux en tant qu'«être humains». Quelles que soient nos capacités apparentes, nos qualités et nos avantages, au plus profond de nous-mêmes, nous sommes tous des créatures identiques, des êtres humains métaphysiquement nus devant Dieu. Je pense d'ailleurs que c'est pour cela que nous naissons tous nus quelles que soient nos fortunes.

     Dans toutes ces croyances, au demeurant, notre idéal moral ne réside pas seulement dans le confort matériel que la République doit apporter à ses enfants sans dinstinction de race, mais aussi dans le fait que chacun devrait avoir la possibilité d'accomplir ce qu'il peut. C'est pourquoi nous estimons que, avant sa prise de décision, tout homme politique doit se poser la question suivante qui nous semble fondamentale et mérite une attention particulière : "Cette décision va-t-elle violer les droits de quelqu'un?"

 

C'est à Nicolas Sarkozy et ses "figurants" et/ou ses "pigeons" d'y répondre.

 

 

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