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27 janvier 2009 2 27 /01 /janvier /2009 12:06

Man to man is so unjust

You don’t know who to trust

Your worse enemy

Could be your best friend

And your best friend

Your worse enemy.

 Some will eat and drink with you

Then behind them su, su, pon you

Only your friend know your secret

So only he could reveal it

Who the cap fit

Let them wear it.

 (…)

Some will hate you

Pretend they love you

Now, then behind they try to eliminate you

But who Jah bless, no one curse

Thank God, we are pass the worse.

Hypocrites and parasites

Will come up and take a bite

And if your night should turn to day

A lot of people would run away.

 And who stock fit

Let them wear it

Who the cap fit

Let them wear it.

  

(Aston & Carlton Barret, in Bob Marley & the Wailers, Rastaman Vibration, Tuff Gong Studio, April 1976)

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9 janvier 2009 5 09 /01 /janvier /2009 22:06

Tout le monde le sait : le système international est anarchique. Non seulement il est caractérisé par une grande pluralité des Etats, mais aussi n’a pas d’autorité supérieure capable d’imposer efficacement et équitablement le respect des règles du droit international. La situation qui prévaut à Gaza et en Cisjordanie illustre avec éloquence cette acception.

La guerre est l’une des principales activités publiques internationales. Malgré le principe de l’interdiction formelle de la guerre qui se dégage de la Charte de l’ONU, les Etats sont toujours préoccupés par le souci de préparer la guerre. Mais qu’entendons-nous par une guerre ? C’est un duel entre deux ou plusieurs belligérants, la mise en œuvre de l’hostilité collective par l’emploi de la force armée et qui se traduit par le combat. Comme le dit Carl Von Clausewitz, c’est une forme rationnalisée, organisée et disciplinée de la violence ou de la rupture de la paix comme moyen subordonnée à une fin politique.

Raison pour laquelle elle est réglementée quant à ses buts, moyens, méthodes et acteurs. C’est le principal objet du droit de la guerre qui, par le biais du  Jus in Bello et Jus ad Bellum, prescrit les conditions de licéité et de légalité du recours et l’usage de la force armée. Ce droit est plus ancien que la guerre elle-même. Il remonte dans l’histoire. En 2000 avant l’ère chrétienne, Hammourabi n'avait-il pas disposé dans son Code que le fort ne doit pas opprimer le faible? Ne retrouvons pas également le Jus in Bello dans les civilisations indienne (Mâhâbharata), nippone (Bushido), dans l’Islam, le Christianisme, au Moyen-Âge avec la chevalerie et dans les civilisations africaines?
Il faut tout de même souligner que le droit des conflits armés a connu son apogée à partir de 1863 lorsqu’Henri Dunant, dans « Souvenirs de Solferino », préconisa la création des équipes sanitaires neutres et d’une organisation permanente (la Croix-Rouge) et Francis Lieber confectionna le premier manuel qui regroupe tous les moyens et méthodes de la guerre, lequel manuel est à l’origine des Conventions de La Haye (18/10/1907).

Le droit des conflits armés est donc l’ensemble des conventions internationales qui organisent la façon mutuelle dont les Etats utilisent les forces armées, ainsi que la situation des Etats tiers aux conflits armés. Cette initiative a été légitimée dès 1864. Elle invoque les exigences humanitaires qu’elle associe et soumet aux nécessités politico-militaires.

Alors, que stipule le Jus in Bello ? Globalement, il postule que le belligérant ne doit pas infliger à son adversaire des dommages inutiles et excessifs au but de la guerre : vaincre l’ennemi (attention : on souligne bien vaincre l’ennemi et non son extermination), affaiblir sa puissance militaire en épargnant le plus possible les non-belligérants et les non-combattants et en évitant de causer des morts superflues, inutiles aux combattants. De ce point de vue, on peut augurer que le Jus in Bello limite la guerre en intensité et, par conséquent, il permet d’éviter la guerre totale. Ce qui est différent de la situation actuelle à Gaza où l’on assiste à un carnage, déchainement de la violence, une violence brute caractérisée par des bombardements indiscriminés des objectifs et massacre des enfants et des femmes.

Certes, certaines actions armées – comme les représailles – dérogent aux règles applicables au Jus in Bello à la suite de la commission par l’adversaire d’actions illicites. Exclusivement dissuasives,  les actions de représailles doivent remplir les conditions suivantes :

- Primo, la décision doit être prise lorsqu’il n’y a pas d’autres solutions.

- Deuxio, l’exécution doit être précédée d’un avertissement à l’adversaire pour qu’il cesse sa conduite.

- Tertio, et c’est le plus important, elles doivent être proportionnelles à la violation commise par l’adversaire et identique ( ?).

- Quarto, l’arrêt immédiat de représailles lorsque l’adversaire met fin à ses actions illicites.

 

Ces règles et bien d’autres montrent que les belligérants n’ont pas un droit illimité quant aux moyens de nuire l’ennemi (Article 35 du Protocole additionnel aux Conventions de Genève relatif à la protection des victimes des conflits armés internationaux, Protocole I). Les belligérants doivent également obéir le principe de distinction des combattants et des non combattants, des objectifs militaires et non militaires.

Les articles 13, 14, 15, 16, 17 et 18 du Protocole II livrent une liste d’interdictions dans la conduite de la guerre. A cela s’ajoute le principe de précaution qui oblige les belligérants à vérifier si les objectifs visés ont caractère militaire et à prendre toutes les mesures pour éviter et réduire les pertes et dommages civils. Donc, à s’abstenir à lancer des attaques qui causent des dommages civils regrettables.

Aucun de ce principe n’est respecté par l’Etat d’Israël qui viole, impunément le principe de nécessité et le principe de proportionnalité qui imposent la limite d’usage d’armes afin d’éviter les dommages collatéraux excessifs et inutiles par rapport à l’avantage militaire attendu. 

De ce fait, on ne peut pas parler de guerre à Gaza pour des raisons suivantes:
1. Les considérations morales  (humanité et honneur) qui empêchent la guerre à se hisser dans la barbarie sont bafouées par Israël,
2. P
ar ses bombardements indiscriminés, Israël se livre à une destruction « gratuite et punitive » de Gaza au mépris de tous les principes de droit international humanitaire, de droits de l'homme et de droit des conflits armés.
3. Il
inflige aux Palestiniens de Gaza des atrocités excessives et des cruautés. 
Tout bien considéré, ce qui se passe à Gaza c'est un
massacre, un crime de guerre. 
Reste à savoir si ces crimes resteront indéfiniment impunis. D’où la réprobation de l’opinion publique internationale.

 

 

 

 

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7 janvier 2009 3 07 /01 /janvier /2009 15:10

Comme les Tutsi et les Hutu de l’opposition en 1994 au Rwanda, comme les Congolais à l’Est de la RDC actuellement, les Palestiniens sont aujourd’hui entrain d’être tués, massacrés, au su et au vu complices de la Communauté internationale. Les complices de première heure sont les USA qui bloquent toute initiative onusienne d’adoption ne fût ce que d’une déclaration de condamnation du carnage qu’Israël inflige aux Palestiniens de Gaza.

 

Comme à son accoutumée, la France n’a pas traîné les pieds. Malgré les cris d’alarme des dirigeants palestiniens, de l’opinion publique internationale, voire le refus du Parlement européen d’émettre « l’avis conforme » - auquel la décision du Conseil (UE) est soumise – tant qu’Israël n’aura pas donné des signes tangibles de sa volonté de relancer le processus de paix -, la France de Sarkozy a délibérément ignoré les violations graves et massives du Droit International et des Droits de l’Homme qu’Israël commet en Palestine, particulièrement, à Gaza. Elle a soutenu et fait approuver le « principe de rehaussement » des relations entre l’UE et Israël.

 

Victime de la colonisation israélienne depuis plus de 6 décennies, les palestiniens et, exceptionnellement les populations de Gaza vivent sous un blocus total, une sorte  de « punition collective équivalent à un crime contre l’humanité », affirme Richard FALK, Rapporteur Spécial de l’ONU pour les Droits de l’Homme dans les territoires occupés. Rien d’étonnant alors que Bernard KOUCHNER ait exprimé son regret d’avoir proposé la création du secrétariat d’Etat aux droits de l’Homme.

 

Le carnage que sont victimes les Palestiniens de Gaza confirment les propos de Koffi Annan, cité par J.C. Buhrer et C.B. Levenson (2003) : « les Nations Unies ne s’occupent pas de toutes les crises dont les gens à travers le monde estiment qu’elles devraient s’occuper ». Cette situation met également en doute l’importance de l’ONU. Evoquant une institution en péril Pierre-Edouard Deldique interroge : « Faut-il supprimer l’ONU ? » (2003).

 

Les tentatives d’explication du comportement Israélien - « le droit à l’autodéfense » - sont indécentes et ridicules. S’il y a un peuple à qui revient le droit à l’autodéfense c’est bien les Palestiniens qui, depuis 1948, subissent les atrocités de la colonisation. La situation en Palestine montre que si « tous les peuples sont égaux en droit et en dignité » (article premier de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme), il y a ceux qui sont « plus égaux » et « plus dignes » que les autres. Elle pose aussi la question du droit à l’autodétermination proclamé pendant la première guerre mondiale pour légitimer les nouvelles frontières de l’Europe et consacré dans la Charte de San Francisco parmi les buts des Nations Unies, celui de « développer entre les nations des relations amicales fondées sur le principe de l’égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d’eux-mêmes » (article 1, alinéa 2). Contrairement aux justifications banales qui nous sont fournies, le principe stipule que tout peuple lorsqu’il est victime d’un oppresseur, a le droit de se défendre. Ce principe est clairement défini dans le Pacte International des Droits Civils et Politiques (PIDCP) adopté le 16/12/1966 en ces termes : « tous les peuples ont le droit de disposer d’eux-mêmes. En vertu de ce droit, ils déterminent librement leur statut politique et assurent leur développement économique, social et culturel ».  Ainsi dit, notre interrogation porte sur le sens accordé au droit à l’autodéfense lorsqu’on tente de justifier les bombardements israéliens à Gaza. Comme le souligne David CUMIN dans « Actualité de Carl Schmitt » (partie III, Critique d’Universalisme), il s’agit tout simplement d’une manœuvre de « disqualification morale et juridique de l’ennemi [qui] permet de légitimer l’application d’une violence aussi radicale que, pare exemple, les bombardements aériens sur les villes. La transformation de la belligérance en “opération de police”, (…), justifie les méthodes de police bombing contre les gouvernements “coupables”, même si les populations “innocentes”, incitées à se soulever, en subissent les effets » (http://vertusetcombat.unblog.fr/2007).

 

La disproportion des moyens utilisés face aux roquettes du Djihad Islamique sur la ville de Sderot ou face aux tunnels qui permettent d’amener d’Egypte quelques armes mais surtout un peu d’approvisionnement à la population soumise à un blocus implacable d’Israël et de la Communauté internationale confirme clairement la volonté de massacrer les palestiniens de Gaza et, dans la moindre mesure, de Cisjordanie.  L’article 102 du manuel de Saint Remo (1984) stipule que le blocus est interdit s’il vise à affamer la population ou s’il l’empêche d’avoir accès aux biens essentiels à sa survie ou encore si les dommages causés à la population sont excessifs par rapport à l’avantage militaire attendu ou si l’on peut prévoir que les dommages causés seront excessifs. Selon les articles 103 et 104 du même manuel, si la population est insuffisamment approvisionnée en bien de sa survie, l’Etat imposant le blocus doit autoriser le passage des fournitures essentiels pour la survie, sous réserve d’organiser les conditions de passage. Or, tel n’est pas le cas.

 

Quant aux bombardements, ils sont contraires au chapitre IV des règles de La Haye qui interdit le bombardement aérien des populations civiles. Cette interdiction est confirmée par une série d’autres textes et plus particulièrement l’article 8 du Statut de la CPI qui incrimine les attaques lancées contre les populations civiles et les localités non défendues.

Le bombardement, selon les règles de La Haye, n’est accepté que quand il est dirigé vers les objectifs militaires, usines d’armement et fournitures militaires et les lignes de communication à usage militaire. Il est prohibé si ces objectifs (militaires) sont situés de telle manière qu’ils ne pourraient pas être bombardés sans entraîner une attaque indiscriminée des objectifs (militaires et civils). De ce point de vue, le bombardement des zones tel qu’il est fait à Gaza par Israël est donc illicite, parce que le droit des conflits armés interdit toute attaque des objectifs militaires dans les quartiers civils. Or, les images nous montrent le contraire : des écoles bombardées (même celle de l'ONU), les femmes et les enfants qui succombent, etc.

 

Nul ne peut soutenir qu’il y ait des pays et des peuples encore sous sujétion coloniale, même si celle-ci pourrait, selon Nicolas Sarkozy,  avoir « un rôle positif ». Imaginons un peu la France sous l’occupation allemande!
Ceci dit, la résolution 1514 votée par l’Assemblée Générale de l’ONU le 12 décembre 1960 dite « Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux » doit s’appliquer aux Palestiniens sans aucune réserve. Les Palestiniens n’ont pas besoin d’aide humanitaire, mais plutôt de la décolonisation, d’exister dans leur territoire en tant que nation avec un Etat souverain.  Ils ont besoin d’une politique internationale claire et prête à faire respecter le droit international par tous les moyens comme cela fût le cas lors de l’opération « Tempête du désert », quand l’Irak de Saddam Hussein envahit le Koweït.

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27 décembre 2008 6 27 /12 /décembre /2008 22:55

Première atteinte aux droits de l’homme, l’esclavage recouvre diverses pratiques, notamment la vente d’enfants, la prostitution enfantine, la  pornographie impliquant des enfants, l’exploitation de la main-d’œuvre, la servitude pour dettes, la mutilation sexuelle, l’utilisation des enfants dans les conflits armés, le trafic des personnes, la vente des organes humains, l’exploitation de la prostitution, etc.

Certaines de ces pratiques sont clandestines. Elles sont difficiles à découvrir et, de ce fait, à être sanctionnées. D’autres, comme l’utilisation des enfants dans les conflits armés, l’exploitation de la main-d’œuvre, sont connues. Mais la situation est tellement compliquée par le fait que les victimes de pratiques esclavagistes sont en général des personnes vulnérables que leur situation ne les encouragent pas à témoigner et/ou porter plainte.

D’aucuns ne contestent que ces pratiques sont largement répandues. Des multiples témoignages, des études et conclusions des rapporteurs spéciaux ont été présentés aux instances de l’ONU habilités, à savoir le Groupe de travail des formes contemporaines d’esclavage.

 

Si le travail des enfants est très demandé par son aspect bon marché, leur enrôlement et leur astreinte au service militaire demeure catastrophique quant aux conséquences. Certes, le travail imposé aux enfants est souvent pénible et dangereux, altère leur santé pour la vie, les prive d’instruction et les empêche de jouir pleinement de leur droit en tant qu’enfant. Mais on retiendra tout de même que beaucoup d’enfants sont morts ou ont été estropiés au cours d’opérations armées en Ouganda, au Rwanda, au Libéria, en Sierra Leone, en Somalie, en RDC, au Burundi…, tandis que d’autres, à l’exemple d’Omar Khadr à Guantanamo, ont été torturés, frappés ou incarcérés comme prisonniers de guerre.

 

Le recrutement, le transport clandestin et l’exploitation des femmes comme prostituées ainsi que la prostitution organisée des enfants dans plusieurs pays sont monnaie courante. Il est même établi des liens entre la prostitution et la pornographie (particulièrement celle qui implique des enfants), la promotion et le développement du tourisme sexuel. Dans son ouvrage, Mon combat contre la prostitution, publié aux éditions Jean-Claude Gawsewitch en 2007 (224 p.), Amely-James Koh Bela dresse, à travers de nombreux exemples observés sur terrain, un constat affreux de la situation de prostitution enfantine, féminine et masculine en France. S’étant rendu compte des profits substantiels en procurant des enfants venus de foyers démunis à des personnes aisées, des intermédiaires sans scrupule mènent d’opérations de commerce d’enfants.

 

La servitude pour dettes ne diffère pas de l’esclavage dans sa forme la plus traditionnelle. Ne pouvant pas payer sa dette, l’emprunteur se trouve dans une situation où il est obligé de travailler sans aucune possibilité de quitter sa besogne tant qu’il ne s’est pas acquitté de son dû. Et le plus souvent, ses enfants héritent de la dette et, ainsi, la servitude.

 

Quoi qu’il en soit, l’esclavage est un état d’esprit. Il a été aboli mais pas complètement éliminé. Le droit international porte un intérêt particulier à l’esclavage. Des traités, conventions et déclarations ont été adoptées au 19ème et 20ème siècle, notamment la Convention relative à l’esclavage (1926), la DUDH (1948), la Convention pour la répression de la traite des êtres humains et de l’exploitation de la prostitution d’autrui (1949), la Convention supplémentaire relative à l’abolition de l’esclavage, de la traite des esclaves et des institutions et pratiques analogues à l’esclavage (1956), le PIDCP (1966), la Convention relative aux droits de l’enfant (adoptée en 1989), etc.

Des comités ont été créés en vertu de chacun des Pactes et de chacune des conventions. Ils surveillent l’application de ces textes par les Etats parties. Le Groupe de travail des formes contemporaines d’esclavage reçoit des informations des Etats sur les mesures prises pour mettre en œuvre les différents instruments internationaux. L’OIT joue un rôle non négligeable en ce qui concerne le travail et l’exploitation des enfants (cf. Convention n° 138 de l’OIT). L’OMS, l’UNESCO, l’UNICEF, l’UNHCR, la justice pénale internationale, l’INTERPOL… ne croisent pas les bras. Mais le combat est encore rude. Mobilisons-nous pour mettre fin à ce fléau qui se répand et cause beaucoup des dégâts humains.

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5 novembre 2008 3 05 /11 /novembre /2008 11:15

"Suffering people will know justice an beauty. A wonderful change is coming from far away and people will realise the great meaning of struggle and hope. (...) each new generation bigins with nothing and with everything. (...). That is how they are as people. They have an infinity of hope and eternity of struggles"
(Ben OKri, The Famished Road, 1991).
 
Ces deux hommes se ressemblent beaucoup. Non seulement ils ont tous les deux des grandes oreilles, sont avocats, éloquents et intelligents; mais aussi tout était dur pour eux: leurs mères sont mortes au moment qu'ils avaient encore besoin d'elles. Ce qui nous intéresse chez ces deux hommes c'est le néant d'où ils sont sorti. Comme Abe,
le "peu" d'études qu'Obama a pu faire, il les avait bien approfondies et assimilées que sa pensée va très loin dans bien des domaines: économie, affaires étrangères, affaires sociales,  le droit, sciences politiques, etc. La campagne qu'il vient d'achever illustre bien l'ampleur de ses talents, capacités et compétences. Non seulement il a étonné tout le monde par ses pensées claires et généreuses, ainsi que son jugement forgé par son multiculturalisme (africain, asiatique, américain) et les bons livres qu'il a pu parcourir les pages.; mais aussi par son amour et respect des mots: les mots forts, les mots charmants qui habillent ou cisèlent ses excellentes idées.

Comme Abe contre l'esclavage, une chose l'emplissait de rage froide et glissait dans son regard et ses yeux toujours pleins de gaieté, un éclair d'acier: la misère des américains (noirs, blancs, latinos, chinois, métis,...), la pauvreté excessive dans les ghuettos. C'est ainsi qu'il étudia le droit. Au bout de ses études, il travailla dans le social dans les quartiers difficiles. Son métier n'a été que du succès. Mais ce qui est passionnant c'est son attitude en tant qu'homme politique vis-à-vis de l'économie socio-économique, de  la guerre d'Irak, de l'écologie, etc. Il ne supporte pas le fait qu'un être humain puisse vivre comme un rat dans un pays riche comme les Etats-Unis d'Amérique, même frappé par la crise financière. Dans son combat, le Sénateur de l'Illinois, était déterminé qu'il a été obligé, contre vents et marrées, de bousculer son irreprochable prudence parce que, il avait vite senti qu'il fallait agir immédiatement, prendre des mesures de sécurité, "fermer la porte de l'écurie avant qu'on ait volé le cheval", comme l'avait dit Abe. Mais il fallait attendre 4 ans d'effervescence et d'agitation avant que soient organisées les élections présidentielles qui viennent de lui porter à la tête de la magistrature suprême des USA. Comme cet étrange, un garçon  né d'un père Luo du fond des bois Kenyan de Nyangoma-Kogelo, se trouve ainsi au point culminant de cette grande nation: that is "the change we need"!

Barack n'est pas un homme de paille que de roués politiciens mèneraient à leur guise. Il s'attaque de tout coeur, de toutes ses énergies aux problèmes de l'heure et, sous le regard de Dieu ("In God We Trust", disent les Américains), prend toutes ses responsabilité. Placé à la tête de la nation, il va choisir ses conseillers au mieux de sa conscience. On l'a constaté avec le choix de Joe Biden comme colistier, que certains ont considéré - à tort d'ailleurs - comme une sorte d'aveu de son "inéxpérience", Obama n'a pas besoin des "hommes-pigeons" (comme dirait Jean-Louis Debré), mais des "vrais conseillers": des hommes et des femmes qu'il sait intègres et de réelle valeur. 

Janvier 2009, Obama va être intronisé. Il va prêter serment, gravir solennellement le perron de la Maison Blanche et devenir ainsi le 44ème président des Etats-Unis d'Amérique dont le combat est la lutte contre les inégalités. Tiendra-t-il ses promesses (sociales)? Quoi qu'il en soit, il lui faut beaucoup de courage et d'opiniâtrie pour mener ce travail destiné à changer les mentalités. En tout cas, tous les peuples  de la terre ont les yeux braqués sur lui. Les "Kivutien(ne)s" de l'Est de la RDC et tous les peuples martyrisés par les seigneurs de la guerre attendent plus de lui. D'autant plus qu'il connait les affres de la vie que subissent les plus fagiles (les minorités, les femmes, les enfants...), imposées par les "hommes forts" (les hommes en armes, les majorités, les dictateurs,...) qui se considèrent comme supérieurs.

Nous n'avons qu'à lui remercier d'avoir changer le regard de certains sur ce peuple longuement méprisé. La Maison Blanche reçoit un "noir" comme locataire, la France ne pouvait qu'attendre un bel exemple des USA. De l'élection d'Obama, comme celui de Lincoln et de Kennedy, il se passe quelque chose de nouveau dans le monde.




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Published by MASHIMANGO - dans Les Hommes
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16 août 2008 6 16 /08 /août /2008 10:21
     « Si la thèse et l’antithèse libérale ont effectivement dominé l’étude des relations internationales, il y a eu de la place pour des approches dissidentes. C’était vrai avant que ne naissent les relations internationales, c’est vrai depuis que celles-ci se sont constituées en champ universitaire. Pour preuve, le troisième débat inter-paradigmatique, relevé par Banks justement, et opposant, à partir de la fin des années 1960, le réalisme stato-centré aux approches non stato-centrées que sont l’analyse marxiste et la perspective transnationaliste », soutient Dario Battistella. Cette affirmation souligne le profond renouvellement qu’a connu la science des relations internationales au cours de son évolution quant à ses concepts, ses approches et questionnements, ainsi que sa production scientifique.

     En effet, si la poloitique internationale donne lieu à des innovations ou à des inflexions conceptuelles et/ou méthodologiques, l’étude des relations internationales   ne doit plus s’inscrire uniquement en termes militaires et/ou géostratégiques, mais aussi sous l’angle de la sociologie parce que, selon Andrew Moravcsik cité par Dario Battistella, « les relations que les Etats entretiennent avec les contextes sociaux interne et transnational dans lesquels ils sont ancrés déterminent leur comportement international en influençant les objectifs sociaux sous-jacents à leurs références ».  Aussi, faut-il souligner que le contexte postcolonial et d’après guerre-froide de systématisation d’une posture réflexive des relations internationales telle qu’elles sont constituées et cristallisées dès la fin de la première guerre mondiale est propice non seulement à l’innovation paradigmatique, mais aussi à l’introduction d’un nouvel cadre d’analyse.  En  voyant dans les individus et la société civile des acteurs à part entière de la politique mondiale et en soulignant les liens d’interdépendance reliant entre eux l’ensemble des acteurs, étatiques ou non-étatiques, la perspective transnationaliste montre que, outre les Etats, les relations internationales se rapportent également à divers acteurs et, par conséquent, porte sur différents objets dont l’histoire, la sociologie, l’économie, le droit, l'ecologie, etc. Ainsi mis en perspective, il importe d’esquisser les aspects conceptuels et définitionnels pour comprendre l’enchevêtrement des relations internationales africaines, ainsi que l’ensemble d’interactions complexes d’origine diverses à vocation et à destination transfrontalières qui se déroulent entre les unités étatiques ou non étatiques faisant partie du système ou du champ.

Aspects conceptuels et définitionnels des relations internationales africaines.

     C’est depuis les indépendances que l’Afrique est concrètement devenue un acteur international. Non seulement les pays africains ont connu une progression démographique remarquable, mais aussi ils ont su maintenir les frontières constitutives d’Etats-nations en voie d’émergence et réalisé des transformations structurelles considérables. Philippe Hugon affirme : « L’Afrique a une histoire politique très riche ; elle a expérimenté toutes les formes d’organisations sociales et politiques allant des modèles centralisés à des sociétés segmentaires, du contrôle des grands espaces sahéliens à des contrôles d’espaces limités ».

     En évoquant les relations internationales africaines on fait allusion à un certain nombre de questions qui concernent particulièrement l’Afrique, continent à la fois unitaire, transnationale et multiple ; cette Afrique où les relations de société à société sont anciennes et précoloniales et où les solidarités préférentielles structurent le champ des relations internationales, chaque région étant une aire des relations internationales particulières ». C’est également question des problèmes liés à une Afrique politique, constituée par des institutions et des conventions internationales.
 
    En effet, pour éviter toute interprétation contraste et pour un même champ de raisonnement scientifique des relations internationales africaines, il importe de réunir les concepts dans des nouveaux paradigmes et cadres d’analyse en élucidant la dynamique de l’Etat. Certes, la politique internationale a toujours été constituée de multiples processus d’interprétation, d’imbrication, d’interaction sociétale, de connexions et d’interdépendances ». De ce fait, comme l’écrit Luc Sundjoun, cité par Philippe Hugon, « les oppositions réductrices et essentialistes stato ou multicentrées qui dominent la science des relations internationales doivent être relativisées ». Avec les changements dans la politique mondiale, le renouvellement de la théorie des relations internationales à partir des années 1970, et l’apparition des nouveaux questionnements portés par l’apport de disciplines comme la sociologie des mouvements sociaux, ainsi que la réflexion sur l’articulation « interne/externe » et « local/mondial », des menaces autres que militaires sont désormais prises en considération et distinguées des unités de référence autres que l’Etat. Cette conception élargie des relations internationales dénote une remise en cause de l’approche réaliste de l’Etat. C’est, entre autres, Joseph Nye et Robert Keohane qui, dans « Transnational Relations and World politics », ont été parmi les premiers à affirmer la nécessité de construire un nouveau modèle d’analyse. Cette affirmation a été reprise par Karl Kaiser qui dit : « le modèle stato-centré de la politique internationale reflète moins la réalité internationale qu’il n’accentue certaines caractéristiques de celles-ci, celles concernant les relations entre les seuls Etat-nations (inter nationes), il faut compléter l’approche en termes de politique internationale par une approche en termes de société transnationale, définie comme système d’interaction, dans un domaine particulier, entre acteurs sociétaux appartenant à des systèmes nationaux différents, et soulignant les relations nouées entre eux par deux types d’acteurs sociétaux que sont d’un côté des organisations relativement structurées que des unités opérant dans différents Etats (l’Eglise catholique romaine, les firmes multinationales, les organisations internationales non gouvernementales) et de l’autre des entités à peine organisées telles que les mouvements d’étudiants et le tourisme ». C’est dans cette perspective que Bertrand Badie et Marie-Claude Smouts définissent les relations transnationales comme étant « toute relation qui, par la volonté délibérée ou par destination, se construit dans l’espace mondial au-delà du cadre étatique national et qui se réalise en échappant au moins partiellement au contrôle et à l’action médiatrice des Etats ». Cette rupture avec le stato-centrisme dans l’étude des relations internationales met l’accent sur l’impact des acteurs non étatiques et de leurs relations transnationales sur la politique internationale » que Joseph Nye et Robert Keohane préconisent : « si alors on veut accéder à une bonne compréhension du monde contemporain, l’étude des effets réciproques entre relations transnationales et système interétatique est indispensable ».

     Par ailleurs, à cette conception des relations internationales, s’ajoute le fait que l’Etat subit la concurrence accrue d’autres acteurs et, par voie de conséquence, l’analyse réaliste, même formulée dans le « systémisme », ne correspond plus à la réalité observée sur la scène internationale, surtout en Afrique postocoloniale. En effet, non seulement les Etats n’ont plus et n’ont jamais eu un rôle exclusif sur la scène internationale et que, dans un contexte où les échanges s’intensifient, l’on observe aujourd’hui une diversification accrue des acteurs du système international ; mais aussi, se référant au modèle de l’Etat-nation qu’elle représente comme universel alors qu’il correspond seulement aux particularités historiques de l’Etat occidental, la théorie réaliste ignore les réalités sociologiques, institutionnelles et politiques que recouvre les constructions étatiques.  De ce fait,  comme l’atteste Dario Battistella, « le paradigme stato-centré fournit une base inadéquate pour l’étude de la politique mondiale en changement », parce que d’autres acteurs interviennent sur la scène internationale et que les Etats entrent en relation avec des acteurs différents par leur statut, leurs modes et logiques d’action et leur organisation.

      « En relations internationales, on considère comme acteur toute entité dont les actions transfrontalières affectent la distribution des ressources et la définition des valeurs à l’échelle planétaire », écrivent Marie-Claude Smouts, Dario Battistella et Pascal Venesson. De cette définition, il en découle qu’un « acteur » international est une entité (personne physique ou morale, autorité politique, culturelle ou cultuelle, groupes d’individus ou de pression, …) qui intervient dans un espace qui dépasse le territoire d’au moins un Etat. Ceci étant, comme le souligne Robert Keohane et Joseph Nye, il faut passer au « paradigme de la politique mondiale » qui, selon Dario Battistella, « reconnaît comme acteur à la fois les Etats, les acteurs infra-étatiques (c’est-à-dire les sous-unités formant l’appareil gouvernemental et administratif) et les acteurs non étatiques, et qui se propose comme objet d’étude à la fois les relations interétatiques, les relations transgouvernementales, et les relations transnationales », parce que chaque acteur répond à des logiques d’actions qui lui sont spécifiques.

     En effet, si l’Etat répond à la souveraineté nationale, au territoire et à la puissance, il faudra admettre que les organisations internationales répondent à la régulation dans différents domaines, notamment les conflits, les échanges commerciaux, économiques et financiers, coordination technique ; les ONG à des logiques de solidarités; et les mouvements sociaux et politiques à des logiques des contestations et des réseaux (diasporas, lobbies, etc.). La montée en puissance de ces « autres acteurs » a eu pour effet de modifier la place des Etats et, selon Jessica Tuchman Mathews, joue un rôle prépondérant dans la distribution et l’exercice du pouvoir dans les relations internationales. Toutefois, la nouveauté n’est pas dans l’existence de ces acteurs non étatiques, mais dans leur puissance et l’impact de leurs actions dans les relations internationales. Ce qui pose la question de l’émergence de nouvelles formes de régulation, qui associent ces acteurs de statuts et organisations différents, imposent une redéfinition de la perspective d’analyse afin d’élargir le champ d’observation et de prendre en compte les interactions complexes tant celles des Etats avec d’autres acteurs que celles des différentes sphères. D’où la théorie de l’interdépendance complexe (R. Keohane et J. Nye) et l’acheminement vers un nouveau paradigme, le paradigme de rupture (James Rosenau). Ils préconisent la rupture des anciennes solidarités (patriotisme, nationalisme) - qui, autrefois, facilitaient le rassemblement des membres d’une « même communauté » -, et reconnaissent l'apparition de nouveaux groupes d’allégeance qui, depuis la chute du mur de Berlin (1989), l’éclatement de l’URSS (1991) et les attentats terroristes du 11 septembre 2001, font apparaître sur la scène internationale deux types d’acteurs : acteurs souverains (les Etats) et acteurs libres de souveraineté (les entreprises multinationales, les groupes ethniques, les bureaucraties institutionnelles, les partis politiques, les gouvernements régionaux, les organisations confessionnelles, etc.).

     Ainsi dit, les dynamiques de changement dans la politique internationale se situeraient à différents niveaux ou paramètres d’analyse, à savoir : le niveau « macro » ou paramètre structurel, le niveau « micro » ou paramètre individuel et le niveau « micro-macro » ou paramètre rationnel. En effet, la « turbulence » est déclenchée par un processus de réalignement de ces paramètres. Elle est radicale parce que le système Westphalien avait garanti une certaine stabilité en imposant des contraintes profondes qui avaient été sources de régulation dans les relations internationales. Mais comme, depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, la politique internationale a perdu son caractère prévisible, les repères traditionnels d’analyse ont, progressivement, perdu leur pertinence. Il convient alors à la recherche de se défaire de sa « prison conceptuelle » et passer à l’observation de ce qui est « potentiel » dans les relations internationales (a « method of potential observability »).


     La conception sociopolitique des relations internationales africaines permet de détecter l’existence d’une dynamique commune, au-delà des trajectoires historiques spécifiques à chaque cas. L’approche transnationale, en tant que méthode d’analyse, permet d’observer les changements qui se sont opérés au niveau local, sous-régional et régional pour comprendre ceux qui interviennent au niveau mondial. James Gleick ne souligne-t-il pas que « la turbulence est un sacré désordre à toutes les échelles, de petits tourbillons à l’intérieur de grands tourbillons »? Cette « bifurcation » qui se produit au sein des relations transnationales fait qu’il n’y ait plus, dans les relations internationales, un principe d’ordre, mais des principes d’ordre multiples, des temps, rationalités et centres différents ; une sorte de « dédoublement du monde » qu’il paraît tout aussi légitime de faire de l’approche transnationale un courant à part entière des Relations internationales. L’innovation la plus importante est constituée par le fait que l’individu est au cœur de l’observation en tant qu’acteur qui s’inscrit dans la société (micro ou macro) en fonction de ses intérêts et des perceptions qu’il en a. Ce qui répond à l’appel de Bertrand Badie et Marie-Claude Smouts qui, constatant la crise de l’Etat-nation et poursuivant l’objectif de renouvellement des perspectives, proposent un nouveau « fil conducteur », qui relie un grand nombre de phénomènes, lancent des pistes et appellent à une « recomposition du savoir » en relations internationales en cherchant surtout à provoquer une révision méthodologique et épistémologique. Il faudra cependant souligner que cette tentative était déjà en route depuis les années 1980 lorsque l’Ecole de Copenhague, menée par Bary Buzan (actuellement à la tête de l’Ecole anglaise), élucida les dimensions régionales et non étatiques de la sécurité à partir de l’étude de la perspective néo-réaliste modifiée, laquelle met en opposition la situation sécuritaire des superpuissances et des autres Etats. Dario Battistella rapporte : « Bary Buzan postule lui aussi que l’anarchie internationale confronte tout Etat au dilemme de la sécurité. Il estime cependant que les réalistes ont tort d’appréhender les problèmes de sécurité d’un Etat au niveau de l’analyse systémique : autant que cette approche est valable pour les superpuissances dont la sécurité est effectivement en jeu au niveau du système international dans son ensemble, autant elle se révèle inadaptée à l’étude des problèmes de sécurité des autres Etats. En effet, le réseau global d’interdépendance dans la quelle est ancrée leur sécurité est, de façon significative, médiatisé par les effets de la géographie : toutes choses égales par ailleurs, c’est dans ses voisins, avec lesquels il partage une histoire, qu’un Etat voit d’abord une menace – ou non – pour sa sécurité. Désireux de proposer un outil analytique soulignant cette dimension régionale de la sécurité, Buzan forge alors dans People, States and Fear la notion de complexe de sécurité » qu’il faut appliquer dans l’étude des relations internationales africaines.

     En effet, outre la sécurité militaire qui se traduit par les capacités offensives et défensives, on distingue la sécurité politique (stabilité institutionnelle des Etats), la sécurité économique (accès aux ressources et bien-être), la sécurité environnementale (sauvegarde de biosphère) et la sécurité sociétale (identité ethnique, culturelle et cultuelle). Au demeurant, c’est cette dernière notion qui constitue une rupture paradigmatique, en ce qu’elle procède à un changement de référent de la sécurité. Il en va de même que, obéissant au postulat de Durkheim qui définit les sociétés comme des « entités formées par des ensembles d’individus qui, sur la base de croyances et de sentiments communs d’ordre national et/ou religieux, se sentent liés entre eux par une forme de conscience collective distincte de – et supérieur à – la somme des consciences individuelles », l’école de Copenhague, par la voie de Ole Waever, affirme  que « (…) la notion de sécurité sociétale, synonyme de survie identitaire, renvoie au "nous" qui se reproduit en se distinguant des "autres ": tout ce qui constitue une menace existentielle à la survie de ce nous, qu’il s’agisse d’une nation, d’une ethnie, d’une communauté religieuse, est potentiellement une question sécuritaire ».  De cette acception, il en résulte que les menaces à la sécurité sociétale sont plus subjectives qu’objectives. Par voie de conséquence, toute étude doit consister en l’analyse du processus par l’intermédiaire duquel un groupe sent son identité menacée, et à l’étude des comportements concomitants. D’où la pertinence des questionnements de James Gleick formulés en ces termes : « Que se passait-il au commencement de la turbulence ? Existe-t-il des phases intermédiaires précédant l’installation définitive de la turbulence? » Alors, moins d’être une rupture, cette tentative théorique représente un renouvellement véritable des études des relations internationales dans la mesure où les questions de la sécurité internationale ne peuvent plus être abordées uniquement selon les perspectives classiques (le réalisme qui privilégie les conflits d’intérêts des Etats et/ou le libéralisme qui met en avant les interdépendance par le marché et parlent de PVD), surtout lorsqu’il s’agit d’étudier les lignes continues de la question de sécurité en Afrique. Même si les transnationalistes ont pour point de départ la même unité fondamentale d’analyse que les libéraux, à savoir l’individu, agissant seul ou en groupe, ils ont une conception fondamentale différente de cet acteur qu’est l’individu, des relations qu’il entretient avec l’Etat, du rôle qu’il joue sur la scène mondiale.

     Très souvent, on oppose "l’Afrique internationale territorialisée autour d’Etats-nations" à "l’Afrique organisée autour des réseaux transnationaux". Cette confrontation traduit les interactions entre l’inter et le transnational, c’est-à-dire la dimension interne et internationale qui, n’excluant pas le nationalisme territorial, est  utilisée pour montrer que l’artificialité de la frontière ne résiste pas à l'épreuve de force des identités ethniques dites primordiales. La fragilité et l’instabilité conséquentes expliquent l’échec de la construction de l’Etat-nation et les conflits qui minent l'Afrique, surtout à partir des années 1960, sous la bannière du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Jean-Pierre Saez explique cet affaiblissement remarquable des Etats-nations traditionnels en ces termes : « les Etats-nations voient leurs projets d’intégration se désagréger. Cette crise advient sous la poussée de facteurs internes, externes et transversaux : remise en question des grandes institutions nationales, complexification des problématiques de la diversité culturelle et émiettement du corps social ». De ce postulat, « le concept de l’Etat défini comme organisation du politique à l’échelle de la société globale, telle qu’elle est construite par les peuples et les citoyens à un moment historique donné de leur évolution, pour faire face aux enjeux et défis qui pèsent sur leur destin commun, ne peut être réduit à un modèle unique, fut-il celui de l’Etat-nation » (Mwayila Tshiyembe) dont les conséquences restent remarquables, à savoir la marginalisation de certains citoyens, notamment les minorités, les « étrangers » (ces « autres » différents de « nous »). C'est ainsi que, dans certains pays, l’Etat se découple plus gravement encore de la population et devient une entité captive, entre les mains d’une petite fraction de la population : une ethnie, un parti politique ou autres réseaux. Ce qui implique la remise en question de sa légitimité. Aussi, faut-il mentionner que, plus souvent, le gouvernement est confondu avec l’Etat. Et pourtant il s’en distingue. D’autant plus que l’Etat est une continuité alors que les gouvernements tombent lors de chaque échéance électorale ou lors d’un coup d’Etat. Si, dans la théorie, le gouvernement représente la population de l’Etat (les citoyens ou la nation), dans les faits, est-il l’émanation de la population par le biais d’élections libres et démocratiques, ou la chasse gardée d’un acteur (parti politique), d’un peuple (ethnie, clan), d’une confession religieuse ou d’une autre structure ? Beaucoup de conflits africains naissent de ces situations faussées dans lesquelles le gouvernement ne représente pas la population mais une partie de celle-ci. Certains Etats sont accaparés par les peuples ou les groupes (dynastie, castes, tribus, clans, ethnies, religions, etc.) au pouvoir.

    Ainsi démontré et face aux questions que soulèvent les évolutions de la science des relations internationales, il importe de repenser les connaissances produites sur la théorie de l’Etat en Afrique. Il s’agit d’arracher l’Afrique au présent ethnologique pour le soumettre aux exigences d’une analyse dynamique, laquelle analyse suppose l’émergence d’une sociologie politique de l’Afrique qui permettrait de mieux comprendre les similitudes et les différences entre les phénomènes politiques africains et ceux des autres régions du globe. D’autant plus que, comme l’écrit Guillaume Pambou Tchivounda, « l’absence d’homogénéité de la mentalité africaine reflète la diversité ethnosociologique de ce continent, qui est notamment une caractéristique dominante des Etats au sud du Sahara. (…). Chaque Etat est une mosaïque d’ethnies, l’ambition de l’Etat postcolonial étant de les rassembler ». Cependant, force est de constater l’échec de cette démarche unitariste du modèle occidental de l’Etat-nation qui a anéanti toute idée de rassemblement ethnique parce que, paradoxalement, ce modèle préconise la valorisation de l’élément ethnique. Cela étant, la question qui se pose est de savoir quel est le modèle étatique convenable pour l’Afrique. Il convient d’interroger la dynamique de l’Etat en Afrique.

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14 août 2008 4 14 /08 /août /2008 23:49
Ils sont plus de 10 millions ces hommes, ces femmes, ces enfants qui ont quitté leur pays pour venir vivre en France pour des raisons diverses. Gouvernement et patronat ont fait appel à eux dans les années 1960 pour répondre aux nécessités économiques. En 1974, cette immigration a été bloquée. Mais elle s'est renouvelée: nous assistons aujourd'hui à une jeune génération des immigrés qui n'a rien à voir avec celle des années d'antan. Il y a, d'une part, ceux qui sont venus en bas âge et/ou ceux qui sont nés en France et, d'autre part, ceux qui sont venus en France fuyant les terreurs des régimes dictatoriaux et tyranniques. Toutes les deux catégories ont un point commun: ils remplacent leurs prédecesseurs dans les mêmes fonctions économiques, avec la même précarité. L'exploitation dont ils sont victimes, les conditions de vie qui leur sont réservées, la répression policière qu'ils affrontent, les atteintes de leurs libertés fondamentales sont souvent dénoncées. Mais leur situation ne s'améliore pas pour autant. Par contre, le pouvoir actuel laisse entendre que leur expulsion serait une solution à la crise de l'emploi et au déficit budgétaire que connaît le pays. Les refoulements et les conduites à la frontière se multiplient, un climat de xénophobie et de racisme est entretenu impunément. Face à cette situation, la question qui se pose est de savoir quel est le pays de ces immigrés aussi bien ceux qui sont ici depuis une dizaine d'années que pour ceux qui sont nés ici?

Résolument déterminés pour mener un combat pour l'égalité des droits, nous ne pouvons accepter que notre pays s'alimente des cerveaux des pays du sud (immigration choisie) pour les exploiter sur place et les éjecter. C'est pourquoi nous réclamons le droit au séjour et au travail pour ces immigrés et demandons l'abrogation de la procédure administrative d'expulsion. Nous proposons une autre conception de la citoyenneté non seulement fondée sur le fait d'être né dans un pays ou d'avoir opté pour une nationalité, mais également reconnue à ceux qui vivent et travaillent dans ce pays, le droit de vote reconnu pour les élections locales aux immigrés. Par leur travail, les immigrés ne contribuent-ils pas à l'enrichissement national, n'alimentent-ils pas le budget en payant les impôts directs et indirects? Ne participent-ils pas au financement des collectivités locales par leurs impôts locaux? Ne sont-ils pas tributaires des décisions prises par les élu(e)s que ce soit au niveau de leurs droits comme à celui de leurs conditions de vie? Mais ils n'ont aucun droit d'expression politique: ni électeurs ni éligibles, ils n'ont aucun contrôle sur les décisions qui le concernent. Pour les femmes restées au pays vivant séparées de leurs maris avec la charge d'élever seules leurs enfants et dépendantes de la réception du mandat de Western Union, nous demandons le droit au regroupement familial (qui est mis à mal actuellement) sans aucune condition.

Nous sommes formellement résolus à combattre le racisme et sommes pour le droit à la différence, parce que la tendance est aujourd'hui de revenir à la politique assimilationniste de 1974. Contrairement aux pratiques du moment qui, pour rappeler aux immigrés qu'ils ne sont pas d'ici, qu'ils devraient "rentrer chez eux", parle de droit à la différence, pour nous le droit à la différence c'est: - le maintien de la langue d'origine et de façons de vivre propres à une communauté, - la possibilité de s'exprimer et de s'organiser à leur façon au sein des structures associatives, - le droit de vivre et de travailler en France sans aucune contrainte de normes culturelles.

Dans le cas contraire, c'est comme me disait mon voisin, je cite: "les immigrés, on veut bien les supporter, mais sans leur accent, sans leurs odeurs de cuisine, sans leur musique, sans leur exubérance".
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4 août 2008 1 04 /08 /août /2008 11:06

"T'es de quelle origine"? Voici une question très française, une question très naturelle, à laquelle on n'échappe guère en France quand on est noire. C'est d'ailleurs la première réplique après "Bonjour" dans une conversation anodine; une question déconcertante qui rappelle aux noirs (baptisés blacks comme si être noir serait insultant) qu'ils ont "un  autre "chez eux"; une question parfois sérieuse d'un entretien d'embauche et, de ce fait, une question fatale pour un jeune né et grandi en France, qui ne connaît que la France comme pays. Le problème n'est pas d'avoir une origine ou pas. Le problème résulte des conséquences de cette question: elle dénote que la personne à qui l'on demande est avant tout "étranger" avant d'être fançais. De cette situation, il en découle que l'identité des individus est définie par la couleur de la peau. Plus on est blanc, plus on est français. Plus on est bronzé, plus on est étranger.

Que les français soient divers, c'est une évidence. Qu'il y ait encore des personnes qui ont du mal á accepter une France diverse, c'est un problème. De l'esclavage à la colonisaton, l'histoire de la France est riche pour enseigner à ses enfants comment elle est une et diverse. Mais la question qui se pose est de savoir à quand la fin de la stigamtisation: homme ou femme de couleur égal étranger?

Certes, du SOS racisme au MRAP en passant par la HALDE, les organisations se mobilisent pour lutter contre le fléau dont sont victimes les hommes et les femmes de couleur. Mais cela n'est pas suffisant. Nous pensons qu'il faut aller au bout de la logique et prendre des mesures concrètes pour non seulement rémedier la situation, mais aussi réparer les dégâts commis par les pratiques  discriminatoires dont ont été et sont encore victimes les "minorités visibles" mais inaudibles de la France. Comme la parité (chez les femmes), l'action affirmative, en dépit de ses lacunes, reste l'une des meilleures pistes à envisager. L'Etat ne surpasee-t-il pas la somme de ses éléments? C'est vrai vis-à-vis des lois, mais aussi dans les faits.

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4 août 2008 1 04 /08 /août /2008 10:33

 

Nous nous noyons dans l'information alors que nous avons besoin de connaissance. Quel est le problème? A qui revient le problème? Qui est concerné le problème? Il ne s'agit pas d'un problème personnel. C'est une question d'ethique, le problème de l'individu dans la société, la question de "bonne vie" de nous tous. Mais qu'est-ce que la "bonne vie" dans la France d'aujourd'hui?

Pour répondre à la question, l'on se doit d'éliminer toutes les fausses pistes. On dit souvent qu'il n'y a plus d'argent pour maintenir l'Etat providence, pour la solidarité publique. Cette idée traduit la perversion qui s'est recemment manifestée à travers le règne de "cahucun pour soi" quasi institutionnel qui met en péril les différentes solidarités déjà en place. L'idée, telle qu'elle est traduite, va au-delà de la théorie d'Adam Smith qui, comme le souligne dans Le traité sur les "sentimanets moraux", n'a jamais  admis cette conception politique en vogue. Si l'on réfléchit profondement à la raison invoquée - "sortir de l'immobilisme" - l'on s'aperçoit que l'intérêt des plus modetses est beaucoup mis à mal par la politique actuelle: comment justifier les franchises médicales, la crise hospitalière, transfert de responsabilité aux collectivités locales sans transfert des moyens, la chasse aux "sans papiers" et d'autres regressions sociales actuelles?

La notion de "bien vivre" consiste à cultiver la famille, la dignité et l'amour-propre de ses concitoyens. On pourrait sans blasphémer, les qualifier de valeurs spirituelles parce qu'elles donnent un sens à la vie et sont reconnus par la sagesse populaire depuis fort longtemps. C'est donc avant tout une relation entre les êtres humains, dans laquelle l'argent est peut-être un moyen, mais en aucun cas la seule mesure. Cela étant, la vie des hommes ce n'est pas le marché, mais un travail pour tous, un logement pour tous, une assurance-maladie pour tous, ... bref, une vie décente qui représente non pas de l'excellence, mais de la reconnaissance, de la dignité, de l'admiration et de l'amitié. La Déclaration Universelle des Droits de l'Homme ne dispose-t-elle pas que "toute personne, en tant que membre de la société, a droit à la sécurité sociale ... et à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé et son bien être"?

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1 août 2008 5 01 /08 /août /2008 11:19

Dans "faut-il éduquer aux droits de l'homme", j'affirme que l'éducation aux Droits de l'Homme est une exigence première pour la construction de la vie sociale fondée sur la paix, la justice et la solidarité de tous les peuples.  Mais une question est restée en suspens: celui de savoir pourquoi les Droits de l'Homme.

Cette problématique date de l'histoire de l'humanité. Les Droits de l'Homme et la quête de la liberté ne sont pas étrangère à la civilisation humaine. En disposant que "le fort n'opprime pas le faible", le Code d'Hammourabi (1850 avant Jésus Christ) souligne la volonté de réguler les forces de la société. Le fondateur du taoïsme, Meng-Tseu (372-289), met l'accent sur la philanthropie en ces termes: "L'homme bienveillant aime les autres, l'homme de convenance respecte les autres. Le peuple est le premier en importance, l'Etat est d'une importance moindre, le souverain est d'une importance mineur". 

En effet, pour marquer leur opposition contre l'arbitraire, les anglais ont, en 1215, adopté la grande Charte de liberté, le "Magna Carta Libertatum". Ce texte garantit les droits et les libertés de l'Eglise et des villes, institue le contrôle de l'impôt et met en place des garanties judiciaires. Il y a eu, ensuite, le "Habeas Corpus Act" (1679). Il s'agissait de la reconnaissance et la consécration de l'intégrité physique de l'homme et de la protecion du peuple contre les détentions arbitraires. Afin d'accompagner la réflexion philosophique initiée par l'empiriste anglais John Locke (1632 - 1704), un des fondateurs intellectuels du libéralisme, les anglais ont, par la suite, adopté le "Bill of Rights" (1689) qui a beaucoup inspiré la Déclaration américaine des Droits de l'Homme proclammée au nom du droit à la liberté, à la vie et à la recherche du bonheur (préambule). Mais il fallait attendre la "Petition of Rights" (1728) pour que les droits de la personne deviennent le principe directeur allant à l'encontre du pouvoir quand celui-ci est despotique.

On va peut être me reprocher mon penchant pour les textes anglais. J'assume. Mais je n'ignore pas l'engagement de François Marie Arouet, dit Voltaire (1694 - 1778) contre l'esclavagisme(Candide) et pour la liberté d'expression, la confrontation des idées et de la tolérance. Je n'écarte pas non plus le travail de Charles Louis de Secondat, alias Montesquieu (1654 - 1713), père de l'esprit des lois qui, comme Voltaire, était hostile à l'Islam et à l'Asie. Je ne néglige pas non plus l'engagement du genèvois Jean-Jacques Rousseau (1712 - 17878). Ce qui nous importe c'est la place qu'occupe les Droits de l'Homme dans les pratiques et "Corpus juridiques des Etats" depuis la consécration de leur universlaité dans la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen (1789), texte inspiré par la Déclaration de l'indépendance des Etats-Unis d'Amérique (1776).

Alors, pourquoi les droits de l'homme?
- Parce que depuis l'adoption de la Charte de l'ONU (1945), la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (1948), les deux pactes (PIDCP et PIDESC) adoptés en 1966 et tant d'autres textes spécifiques tant universels que régionaux, les Droits de l'Homme sont devenus
 l'ensemble d'actions qui préparent un avenir de justice équitable et de paix.
- Parce qu'il faut restituer à l'homme tous les droits que le pouvoir et/ou l'autorité tend toujours à usurper. Etant un "animal politique" (Aristote), l'homme a toujours besoin du pouvoir et, en même temps, il est assoiffé de liberté. Le comble est que le pouvoir a toujours tendance d'etouffer, d'écraser, d'opresser la liberté dont l'homme a tant soif et ne peut s'en passer.
- Parce que dans la nature même de l'homme, celui-ci aspire, cherche toujours la liberté.
- Parce que, en fin,  les droits de l'homme sont et demeureront une quête permanente.
 

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  • Docteur en DROIT, spécialité: SECURITE INTERNATIONALE ET DEFENSE Domaines de recherche: - LA POLEMOLOGIE - L'IRENOLOGIE (PEACE RESEARCH) - LA GEOPOLITIQUE - RELATIONS INTERNATIONALES

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