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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 18:02

"Moi, je me suis exilé. Mais ceux qui sont restés se sont exilés en eux". 

Contrairement à mes habitudes, aujourd'hui je ne vais pas signer un article comme il est de mon habitude à chaque commémoration du Génocide des Tutsi et massacres des Hutu en 1994. Aujourd'hui il va être question des quelques réflexions.

Primo, je considère que la commémoration du Génocide des Tutsi et massacres des Hutu doit concerner tous les Rwandais, femmes et hommes, jeunes et vieux. Mais tel n'est pas le cas aujourd'hui. Pourquoi?

Tout simplement parce qu'à mon humble avis:

- Tout est mensonge au Rwanda: mon pays se meurt dans le mensonge et la fausse morale. Seule l'enrichissement personnel des hommes au pouvoir est valeur morale.

- Il est difficile de survivre avec la frustration et la honte : le problème qui se pose effectivement est, d'un côté, d'essayer de comprendre pourquoi la communauté ethnique dite "hutu" s'isole ou se sent beaucoup moins concernée par cette commémoration, et de l'autre, de s'interroger sur le contexte, les motivations et les conséquences éventuelles exclusion.

- Mon pays d'origine ne respecte pas la dignité, n'a plus d'hommes et de femmes dignes de ce nom à cause de ce que Jean-François Bayart appelle Politique du ventre. Très souvent, on évoque l'exclusion économique, politique, sociale et politique pour expliquer l'escalade de la violence qui a conduit au Génocide. Mais force est de constater que le mal qui a conduit à ce que des milliers des populations innocentes soient tuées non pas pour le tort qu'ils ont faits (même si je ne suis pas partisan de la peine de mort) est toujours présent dans le pays de mille collines : aujourd'hui comme jadis, les gens sont incriminés pour leurs possessions, leurs opinions politiques, leur identité; ce qu'ils sont, la façon dont ils sont identifiés ou s'identifient eux-mêmes.

Pour finir ma petite réflexion et à l'hommage de tous les personnes innocentes qui sont morts pendant le Génocide et massacres de 1994, je tiens à citer cette prose de Birago Diop:

"Ceux qui sont morts ne sont jamais partis: Ils sont dans l'ombre qui s'éclaire et dans l'ombre qui s'épaissit. Les Morts ne sont pas sous la Terre: ils sont dans l'Arbre qui frémit, Ils sont dans le Bois qui gémit, ils sont dans l'eau qui coule, ils sont dans l'Eau qui dort, ils sont dans la Case, ils sont dans la Foule: Les Morts ne sont pas morts. (...). Ecoute dans le vent, le Buisson en sanglots : C'est le Soufle des Ancêtres morts, Qui ne sont pas partis, Qui ne sont pas sous la Terre, Qui ne sont pas morts."


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