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16 août 2008 6 16 /08 /août /2008 10:21
     « Si la thèse et l’antithèse libérale ont effectivement dominé l’étude des relations internationales, il y a eu de la place pour des approches dissidentes. C’était vrai avant que ne naissent les relations internationales, c’est vrai depuis que celles-ci se sont constituées en champ universitaire. Pour preuve, le troisième débat inter-paradigmatique, relevé par Banks justement, et opposant, à partir de la fin des années 1960, le réalisme stato-centré aux approches non stato-centrées que sont l’analyse marxiste et la perspective transnationaliste », soutient Dario Battistella. Cette affirmation souligne le profond renouvellement qu’a connu la science des relations internationales au cours de son évolution quant à ses concepts, ses approches et questionnements, ainsi que sa production scientifique.

     En effet, si la poloitique internationale donne lieu à des innovations ou à des inflexions conceptuelles et/ou méthodologiques, l’étude des relations internationales   ne doit plus s’inscrire uniquement en termes militaires et/ou géostratégiques, mais aussi sous l’angle de la sociologie parce que, selon Andrew Moravcsik cité par Dario Battistella, « les relations que les Etats entretiennent avec les contextes sociaux interne et transnational dans lesquels ils sont ancrés déterminent leur comportement international en influençant les objectifs sociaux sous-jacents à leurs références ».  Aussi, faut-il souligner que le contexte postcolonial et d’après guerre-froide de systématisation d’une posture réflexive des relations internationales telle qu’elles sont constituées et cristallisées dès la fin de la première guerre mondiale est propice non seulement à l’innovation paradigmatique, mais aussi à l’introduction d’un nouvel cadre d’analyse.  En  voyant dans les individus et la société civile des acteurs à part entière de la politique mondiale et en soulignant les liens d’interdépendance reliant entre eux l’ensemble des acteurs, étatiques ou non-étatiques, la perspective transnationaliste montre que, outre les Etats, les relations internationales se rapportent également à divers acteurs et, par conséquent, porte sur différents objets dont l’histoire, la sociologie, l’économie, le droit, l'ecologie, etc. Ainsi mis en perspective, il importe d’esquisser les aspects conceptuels et définitionnels pour comprendre l’enchevêtrement des relations internationales africaines, ainsi que l’ensemble d’interactions complexes d’origine diverses à vocation et à destination transfrontalières qui se déroulent entre les unités étatiques ou non étatiques faisant partie du système ou du champ.

Aspects conceptuels et définitionnels des relations internationales africaines.

     C’est depuis les indépendances que l’Afrique est concrètement devenue un acteur international. Non seulement les pays africains ont connu une progression démographique remarquable, mais aussi ils ont su maintenir les frontières constitutives d’Etats-nations en voie d’émergence et réalisé des transformations structurelles considérables. Philippe Hugon affirme : « L’Afrique a une histoire politique très riche ; elle a expérimenté toutes les formes d’organisations sociales et politiques allant des modèles centralisés à des sociétés segmentaires, du contrôle des grands espaces sahéliens à des contrôles d’espaces limités ».

     En évoquant les relations internationales africaines on fait allusion à un certain nombre de questions qui concernent particulièrement l’Afrique, continent à la fois unitaire, transnationale et multiple ; cette Afrique où les relations de société à société sont anciennes et précoloniales et où les solidarités préférentielles structurent le champ des relations internationales, chaque région étant une aire des relations internationales particulières ». C’est également question des problèmes liés à une Afrique politique, constituée par des institutions et des conventions internationales.
 
    En effet, pour éviter toute interprétation contraste et pour un même champ de raisonnement scientifique des relations internationales africaines, il importe de réunir les concepts dans des nouveaux paradigmes et cadres d’analyse en élucidant la dynamique de l’Etat. Certes, la politique internationale a toujours été constituée de multiples processus d’interprétation, d’imbrication, d’interaction sociétale, de connexions et d’interdépendances ». De ce fait, comme l’écrit Luc Sundjoun, cité par Philippe Hugon, « les oppositions réductrices et essentialistes stato ou multicentrées qui dominent la science des relations internationales doivent être relativisées ». Avec les changements dans la politique mondiale, le renouvellement de la théorie des relations internationales à partir des années 1970, et l’apparition des nouveaux questionnements portés par l’apport de disciplines comme la sociologie des mouvements sociaux, ainsi que la réflexion sur l’articulation « interne/externe » et « local/mondial », des menaces autres que militaires sont désormais prises en considération et distinguées des unités de référence autres que l’Etat. Cette conception élargie des relations internationales dénote une remise en cause de l’approche réaliste de l’Etat. C’est, entre autres, Joseph Nye et Robert Keohane qui, dans « Transnational Relations and World politics », ont été parmi les premiers à affirmer la nécessité de construire un nouveau modèle d’analyse. Cette affirmation a été reprise par Karl Kaiser qui dit : « le modèle stato-centré de la politique internationale reflète moins la réalité internationale qu’il n’accentue certaines caractéristiques de celles-ci, celles concernant les relations entre les seuls Etat-nations (inter nationes), il faut compléter l’approche en termes de politique internationale par une approche en termes de société transnationale, définie comme système d’interaction, dans un domaine particulier, entre acteurs sociétaux appartenant à des systèmes nationaux différents, et soulignant les relations nouées entre eux par deux types d’acteurs sociétaux que sont d’un côté des organisations relativement structurées que des unités opérant dans différents Etats (l’Eglise catholique romaine, les firmes multinationales, les organisations internationales non gouvernementales) et de l’autre des entités à peine organisées telles que les mouvements d’étudiants et le tourisme ». C’est dans cette perspective que Bertrand Badie et Marie-Claude Smouts définissent les relations transnationales comme étant « toute relation qui, par la volonté délibérée ou par destination, se construit dans l’espace mondial au-delà du cadre étatique national et qui se réalise en échappant au moins partiellement au contrôle et à l’action médiatrice des Etats ». Cette rupture avec le stato-centrisme dans l’étude des relations internationales met l’accent sur l’impact des acteurs non étatiques et de leurs relations transnationales sur la politique internationale » que Joseph Nye et Robert Keohane préconisent : « si alors on veut accéder à une bonne compréhension du monde contemporain, l’étude des effets réciproques entre relations transnationales et système interétatique est indispensable ».

     Par ailleurs, à cette conception des relations internationales, s’ajoute le fait que l’Etat subit la concurrence accrue d’autres acteurs et, par voie de conséquence, l’analyse réaliste, même formulée dans le « systémisme », ne correspond plus à la réalité observée sur la scène internationale, surtout en Afrique postocoloniale. En effet, non seulement les Etats n’ont plus et n’ont jamais eu un rôle exclusif sur la scène internationale et que, dans un contexte où les échanges s’intensifient, l’on observe aujourd’hui une diversification accrue des acteurs du système international ; mais aussi, se référant au modèle de l’Etat-nation qu’elle représente comme universel alors qu’il correspond seulement aux particularités historiques de l’Etat occidental, la théorie réaliste ignore les réalités sociologiques, institutionnelles et politiques que recouvre les constructions étatiques.  De ce fait,  comme l’atteste Dario Battistella, « le paradigme stato-centré fournit une base inadéquate pour l’étude de la politique mondiale en changement », parce que d’autres acteurs interviennent sur la scène internationale et que les Etats entrent en relation avec des acteurs différents par leur statut, leurs modes et logiques d’action et leur organisation.

      « En relations internationales, on considère comme acteur toute entité dont les actions transfrontalières affectent la distribution des ressources et la définition des valeurs à l’échelle planétaire », écrivent Marie-Claude Smouts, Dario Battistella et Pascal Venesson. De cette définition, il en découle qu’un « acteur » international est une entité (personne physique ou morale, autorité politique, culturelle ou cultuelle, groupes d’individus ou de pression, …) qui intervient dans un espace qui dépasse le territoire d’au moins un Etat. Ceci étant, comme le souligne Robert Keohane et Joseph Nye, il faut passer au « paradigme de la politique mondiale » qui, selon Dario Battistella, « reconnaît comme acteur à la fois les Etats, les acteurs infra-étatiques (c’est-à-dire les sous-unités formant l’appareil gouvernemental et administratif) et les acteurs non étatiques, et qui se propose comme objet d’étude à la fois les relations interétatiques, les relations transgouvernementales, et les relations transnationales », parce que chaque acteur répond à des logiques d’actions qui lui sont spécifiques.

     En effet, si l’Etat répond à la souveraineté nationale, au territoire et à la puissance, il faudra admettre que les organisations internationales répondent à la régulation dans différents domaines, notamment les conflits, les échanges commerciaux, économiques et financiers, coordination technique ; les ONG à des logiques de solidarités; et les mouvements sociaux et politiques à des logiques des contestations et des réseaux (diasporas, lobbies, etc.). La montée en puissance de ces « autres acteurs » a eu pour effet de modifier la place des Etats et, selon Jessica Tuchman Mathews, joue un rôle prépondérant dans la distribution et l’exercice du pouvoir dans les relations internationales. Toutefois, la nouveauté n’est pas dans l’existence de ces acteurs non étatiques, mais dans leur puissance et l’impact de leurs actions dans les relations internationales. Ce qui pose la question de l’émergence de nouvelles formes de régulation, qui associent ces acteurs de statuts et organisations différents, imposent une redéfinition de la perspective d’analyse afin d’élargir le champ d’observation et de prendre en compte les interactions complexes tant celles des Etats avec d’autres acteurs que celles des différentes sphères. D’où la théorie de l’interdépendance complexe (R. Keohane et J. Nye) et l’acheminement vers un nouveau paradigme, le paradigme de rupture (James Rosenau). Ils préconisent la rupture des anciennes solidarités (patriotisme, nationalisme) - qui, autrefois, facilitaient le rassemblement des membres d’une « même communauté » -, et reconnaissent l'apparition de nouveaux groupes d’allégeance qui, depuis la chute du mur de Berlin (1989), l’éclatement de l’URSS (1991) et les attentats terroristes du 11 septembre 2001, font apparaître sur la scène internationale deux types d’acteurs : acteurs souverains (les Etats) et acteurs libres de souveraineté (les entreprises multinationales, les groupes ethniques, les bureaucraties institutionnelles, les partis politiques, les gouvernements régionaux, les organisations confessionnelles, etc.).

     Ainsi dit, les dynamiques de changement dans la politique internationale se situeraient à différents niveaux ou paramètres d’analyse, à savoir : le niveau « macro » ou paramètre structurel, le niveau « micro » ou paramètre individuel et le niveau « micro-macro » ou paramètre rationnel. En effet, la « turbulence » est déclenchée par un processus de réalignement de ces paramètres. Elle est radicale parce que le système Westphalien avait garanti une certaine stabilité en imposant des contraintes profondes qui avaient été sources de régulation dans les relations internationales. Mais comme, depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, la politique internationale a perdu son caractère prévisible, les repères traditionnels d’analyse ont, progressivement, perdu leur pertinence. Il convient alors à la recherche de se défaire de sa « prison conceptuelle » et passer à l’observation de ce qui est « potentiel » dans les relations internationales (a « method of potential observability »).


     La conception sociopolitique des relations internationales africaines permet de détecter l’existence d’une dynamique commune, au-delà des trajectoires historiques spécifiques à chaque cas. L’approche transnationale, en tant que méthode d’analyse, permet d’observer les changements qui se sont opérés au niveau local, sous-régional et régional pour comprendre ceux qui interviennent au niveau mondial. James Gleick ne souligne-t-il pas que « la turbulence est un sacré désordre à toutes les échelles, de petits tourbillons à l’intérieur de grands tourbillons »? Cette « bifurcation » qui se produit au sein des relations transnationales fait qu’il n’y ait plus, dans les relations internationales, un principe d’ordre, mais des principes d’ordre multiples, des temps, rationalités et centres différents ; une sorte de « dédoublement du monde » qu’il paraît tout aussi légitime de faire de l’approche transnationale un courant à part entière des Relations internationales. L’innovation la plus importante est constituée par le fait que l’individu est au cœur de l’observation en tant qu’acteur qui s’inscrit dans la société (micro ou macro) en fonction de ses intérêts et des perceptions qu’il en a. Ce qui répond à l’appel de Bertrand Badie et Marie-Claude Smouts qui, constatant la crise de l’Etat-nation et poursuivant l’objectif de renouvellement des perspectives, proposent un nouveau « fil conducteur », qui relie un grand nombre de phénomènes, lancent des pistes et appellent à une « recomposition du savoir » en relations internationales en cherchant surtout à provoquer une révision méthodologique et épistémologique. Il faudra cependant souligner que cette tentative était déjà en route depuis les années 1980 lorsque l’Ecole de Copenhague, menée par Bary Buzan (actuellement à la tête de l’Ecole anglaise), élucida les dimensions régionales et non étatiques de la sécurité à partir de l’étude de la perspective néo-réaliste modifiée, laquelle met en opposition la situation sécuritaire des superpuissances et des autres Etats. Dario Battistella rapporte : « Bary Buzan postule lui aussi que l’anarchie internationale confronte tout Etat au dilemme de la sécurité. Il estime cependant que les réalistes ont tort d’appréhender les problèmes de sécurité d’un Etat au niveau de l’analyse systémique : autant que cette approche est valable pour les superpuissances dont la sécurité est effectivement en jeu au niveau du système international dans son ensemble, autant elle se révèle inadaptée à l’étude des problèmes de sécurité des autres Etats. En effet, le réseau global d’interdépendance dans la quelle est ancrée leur sécurité est, de façon significative, médiatisé par les effets de la géographie : toutes choses égales par ailleurs, c’est dans ses voisins, avec lesquels il partage une histoire, qu’un Etat voit d’abord une menace – ou non – pour sa sécurité. Désireux de proposer un outil analytique soulignant cette dimension régionale de la sécurité, Buzan forge alors dans People, States and Fear la notion de complexe de sécurité » qu’il faut appliquer dans l’étude des relations internationales africaines.

     En effet, outre la sécurité militaire qui se traduit par les capacités offensives et défensives, on distingue la sécurité politique (stabilité institutionnelle des Etats), la sécurité économique (accès aux ressources et bien-être), la sécurité environnementale (sauvegarde de biosphère) et la sécurité sociétale (identité ethnique, culturelle et cultuelle). Au demeurant, c’est cette dernière notion qui constitue une rupture paradigmatique, en ce qu’elle procède à un changement de référent de la sécurité. Il en va de même que, obéissant au postulat de Durkheim qui définit les sociétés comme des « entités formées par des ensembles d’individus qui, sur la base de croyances et de sentiments communs d’ordre national et/ou religieux, se sentent liés entre eux par une forme de conscience collective distincte de – et supérieur à – la somme des consciences individuelles », l’école de Copenhague, par la voie de Ole Waever, affirme  que « (…) la notion de sécurité sociétale, synonyme de survie identitaire, renvoie au "nous" qui se reproduit en se distinguant des "autres ": tout ce qui constitue une menace existentielle à la survie de ce nous, qu’il s’agisse d’une nation, d’une ethnie, d’une communauté religieuse, est potentiellement une question sécuritaire ».  De cette acception, il en résulte que les menaces à la sécurité sociétale sont plus subjectives qu’objectives. Par voie de conséquence, toute étude doit consister en l’analyse du processus par l’intermédiaire duquel un groupe sent son identité menacée, et à l’étude des comportements concomitants. D’où la pertinence des questionnements de James Gleick formulés en ces termes : « Que se passait-il au commencement de la turbulence ? Existe-t-il des phases intermédiaires précédant l’installation définitive de la turbulence? » Alors, moins d’être une rupture, cette tentative théorique représente un renouvellement véritable des études des relations internationales dans la mesure où les questions de la sécurité internationale ne peuvent plus être abordées uniquement selon les perspectives classiques (le réalisme qui privilégie les conflits d’intérêts des Etats et/ou le libéralisme qui met en avant les interdépendance par le marché et parlent de PVD), surtout lorsqu’il s’agit d’étudier les lignes continues de la question de sécurité en Afrique. Même si les transnationalistes ont pour point de départ la même unité fondamentale d’analyse que les libéraux, à savoir l’individu, agissant seul ou en groupe, ils ont une conception fondamentale différente de cet acteur qu’est l’individu, des relations qu’il entretient avec l’Etat, du rôle qu’il joue sur la scène mondiale.

     Très souvent, on oppose "l’Afrique internationale territorialisée autour d’Etats-nations" à "l’Afrique organisée autour des réseaux transnationaux". Cette confrontation traduit les interactions entre l’inter et le transnational, c’est-à-dire la dimension interne et internationale qui, n’excluant pas le nationalisme territorial, est  utilisée pour montrer que l’artificialité de la frontière ne résiste pas à l'épreuve de force des identités ethniques dites primordiales. La fragilité et l’instabilité conséquentes expliquent l’échec de la construction de l’Etat-nation et les conflits qui minent l'Afrique, surtout à partir des années 1960, sous la bannière du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Jean-Pierre Saez explique cet affaiblissement remarquable des Etats-nations traditionnels en ces termes : « les Etats-nations voient leurs projets d’intégration se désagréger. Cette crise advient sous la poussée de facteurs internes, externes et transversaux : remise en question des grandes institutions nationales, complexification des problématiques de la diversité culturelle et émiettement du corps social ». De ce postulat, « le concept de l’Etat défini comme organisation du politique à l’échelle de la société globale, telle qu’elle est construite par les peuples et les citoyens à un moment historique donné de leur évolution, pour faire face aux enjeux et défis qui pèsent sur leur destin commun, ne peut être réduit à un modèle unique, fut-il celui de l’Etat-nation » (Mwayila Tshiyembe) dont les conséquences restent remarquables, à savoir la marginalisation de certains citoyens, notamment les minorités, les « étrangers » (ces « autres » différents de « nous »). C'est ainsi que, dans certains pays, l’Etat se découple plus gravement encore de la population et devient une entité captive, entre les mains d’une petite fraction de la population : une ethnie, un parti politique ou autres réseaux. Ce qui implique la remise en question de sa légitimité. Aussi, faut-il mentionner que, plus souvent, le gouvernement est confondu avec l’Etat. Et pourtant il s’en distingue. D’autant plus que l’Etat est une continuité alors que les gouvernements tombent lors de chaque échéance électorale ou lors d’un coup d’Etat. Si, dans la théorie, le gouvernement représente la population de l’Etat (les citoyens ou la nation), dans les faits, est-il l’émanation de la population par le biais d’élections libres et démocratiques, ou la chasse gardée d’un acteur (parti politique), d’un peuple (ethnie, clan), d’une confession religieuse ou d’une autre structure ? Beaucoup de conflits africains naissent de ces situations faussées dans lesquelles le gouvernement ne représente pas la population mais une partie de celle-ci. Certains Etats sont accaparés par les peuples ou les groupes (dynastie, castes, tribus, clans, ethnies, religions, etc.) au pouvoir.

    Ainsi démontré et face aux questions que soulèvent les évolutions de la science des relations internationales, il importe de repenser les connaissances produites sur la théorie de l’Etat en Afrique. Il s’agit d’arracher l’Afrique au présent ethnologique pour le soumettre aux exigences d’une analyse dynamique, laquelle analyse suppose l’émergence d’une sociologie politique de l’Afrique qui permettrait de mieux comprendre les similitudes et les différences entre les phénomènes politiques africains et ceux des autres régions du globe. D’autant plus que, comme l’écrit Guillaume Pambou Tchivounda, « l’absence d’homogénéité de la mentalité africaine reflète la diversité ethnosociologique de ce continent, qui est notamment une caractéristique dominante des Etats au sud du Sahara. (…). Chaque Etat est une mosaïque d’ethnies, l’ambition de l’Etat postcolonial étant de les rassembler ». Cependant, force est de constater l’échec de cette démarche unitariste du modèle occidental de l’Etat-nation qui a anéanti toute idée de rassemblement ethnique parce que, paradoxalement, ce modèle préconise la valorisation de l’élément ethnique. Cela étant, la question qui se pose est de savoir quel est le modèle étatique convenable pour l’Afrique. Il convient d’interroger la dynamique de l’Etat en Afrique.

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